L’Hôtel des Invalides et ses secrets : visite en images



Que faire à Paris quand il pleut et qu’il fait froid ? Saisir l’occasion pour aller découvrir sous un jour nouveau de célèbres musées ou monuments, pardi ! Et justement, je suis allée récemment explorer les secrets de l’hôtel des Invalides à Paris, grâce à une visite guidée organisée par Cultival.

Je vous ai déjà parlé de cette agence, qui propose toujours des visites intéressantes, en groupe restreint, ce qui est bien plus agréable que le contexte bondé des Journées du Patrimoine. Cette fois-ci, nous prenons la direction du très chic 7e arrondissement de Paris

Visite des Invalides à Paris - La cour d'honneur
Visite des Invalides à Paris – La cour d’honneur

L’Hôtel des Invalides, un lieu tentaculaire

L’hôtel des Invalides, vous en connaissez souvent des images même si vous n’avez jamais mis les pieds à Paris. En effet, c’est dans sa cour d’honneur que sont rendus des hommages aux militaires tués en opération ou à des personnalités publiques ayant particulièrement marqué l’histoire de la France.

On peut par exemple citer le commandant Cousteau, la grande Simone Veil, Charles Aznavour ou, plus récemment, Jacques Chirac.

Mais l’hôtel des Invalides, ce sont aussi bien d’autres choses : l’église Saint-Louis-des-Invalides côtoie trois musées (dont le Musée de l’Armée), un hôpital, une maison de retraite, une nécropole militaire, l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, les bureaux du gouverneur des Invalides et du gouverneur militaire de Paris, pour ne citer que quelques exemples…

L’hôpital est encore fonctionnel, il accueille notamment les blessés de guerre mais aussi les victimes d’attentat. Il est à la pointe de disciplines comme la chirurgie reconstructrice, la pose de prothèses, et propose un suivi psychologique à des patients souvent en proie à de violents traumatismes.

Au total, l’hôtel des Invalides couvre une superficie de près de 13 hectares qu’il est donc littéralement impossible d’explorer en une seule fois ! Heureusement, notre guide, Melissa, nous entraîne dans les méandres de ce lieu tentaculaire et de son histoire…

Visite guidée des Invalides
Visite guidée des Invalides
Visite guidée des Invalides
Visite guidée des Invalides

L’histoire de l’hôtel des Invalides

C’est dans une galerie surplombant la superbe cour d’honneur des Invalides que nous commençons à découvrir l’histoire du lieu.

Une idée originale de Louis XIV

L’hôtel des Invalides a été créé sur ordre de Louis XIV en 1670.

A l’époque, les blessés de guerre se retrouvaient souvent dans une situation périlleuse, estropiés, traumatisés, incapables de reprendre un travail… donc réduits à la mendicité. C’était – évidemment – du plus mauvais effet dans les rues de Paris : pour l’image du Roi, d’une part, mais aussi pour la motivation des jeunes qui devaient partir à la guerre et n’étaient guère en confiance en voyant le sort des soldats blessés à leur retour.

Le Roi décide donc qu’il faut bâtir un hôpital pour ces blessés… mais n’exagérons rien, il ne faut pas qu’il soit au sein même des murs de la capitale non plus ! On construit donc l’hôtel des Invalides sur des terres qui, à l’époque, ne font pas partie de Paris, où il n’y a absolument rien hormis des forêts.

C’est la « plaine de Grenelle », dans un quartier que l’on appelle le « Gros Caillou ». Difficile d’imaginer ça aujourd’hui en voyant les rues et les immeubles de la capitale qui s’étalent sous les fenêtres des Invalides !

L’architecture est classique, avec des pierres de taille issues d’Île-de-France. C’est Libéral Bruant, architecte du Roi, qui initie le premier chantier entre 1671 et 1674. Il a déjà construit la Salpêtrière et, à 36 ans, imagine les plans de l’hôtel des Invalides, avec sa cour d’honneur et les corps de logis qui l’encadrent.

Le Roi se déplace en personne en 1674 pour l’inauguration des premiers bâtiments, qui permettent déjà d’accueillir quelques pensionnaires, des militaires blessés ou âgés, devenus inaptes au service.

Détail d'une façade de l'hôtel des Invalides
Détail d’une façade de l’hôtel des Invalides

Un changement d’architecte

L’église viendra plus tard… et avec elle, un changement d’architecte ! Les historiens avancent à cela plusieurs raisons. Notre guide, Melissa, nous explique qu’il fallait construire une église à deux entrées : l’une pour les militaires, l’autre pour le Roi. Un défi car l’autel devait être vu par les deux parties… sans pour autant que le prêtre ne « tourne le dos à Dieu ». Libéral Bruant aurait eu beaucoup de mal à proposer une solution architecturale cohérente.

L’autre explication avancée est celle de la rivalité entre Louvois (secrétaire d’Etat français de la guerre, qui supervise le projet des Invalides) et Colbert (contrôleur général des finances). Libéral Bruant était perçu comme LE petit protégé de Colbert… et Louvois aurait voulu l’écarter en partie pour cette raison. Il nomme donc un nouvel architecte, dont le nom est entré dans l’histoire : Jules Hardouin-Mansart, formé par Bruant lui-même. A 30 ans, il prend les rênes du projet, avec pour mission de bâtir l’église, des infirmeries et des pavillons d’entrée.

Il faudra 30 ans pour venir à bout de la construction de l’église et c’est en 1706, à l’aube des 68 ans de Louis XIV, qu’on lui remet enfin les clés du lieu. Colbert, qui tenait un peu trop serrés les cordons de la bourse, y est pour beaucoup dans ce long délai et sa mort en 1683 a permis de donner un coup d’accélérateur au projet.

L’hôtel des Invalides a été le « bébé » de Louvois tout au long de sa vie. Il avait 29 ans quand la construction a été décidée et il est mort à 50 ans après avoir dédié 21 années de sa vie à suivre le chantier, allant beaucoup sur le terrain. Il avait demandé à être inhumé aux Invalides après sa mort, preuve de son attachement au lieu.

Il a aussi laissé un petit clin d’œil architectural à son implication dans le projet. Non, il n’a pas tagué le mur en écrivant « Louvois was here » (« Louvois était ici », pour les non-anglophones). Ce fut plus subtil : Louvois a créé une lucarne ornée d’un loup qui pose ses yeux grand ouverts sur la cour d’honneur. Le « loup voit ».

La lucarne de Louvois, au centre
La lucarne de Louvois, au centre

Nous profitons de cette visite guidée pour admirer les détails de la cour d’honneur : ses canons, ses cadrans solaires sur les façades… Le lieu a subi deux années de rénovation récemment donc les pierres sont en excellent état.

Seule déception pour notre guide : durant la rénovation, un « graffiti » du 17e siècle a été presque entièrement effacé. Il se trouve dans la galerie du premier étage des Invalides, du côté opposé au dôme des Invalides, et représente un soulier d’époque gravé dans la pierre.

Probablement un souvenir d’une activité pratiquée par un invalide de l’époque pour tromper l’ennui…

Graffiti de soulier à l'hôtel des Invalides
Graffiti de soulier à l’hôtel des Invalides

Les Invalides sous Napoléon

Quand Napoléon Bonaparte devient Premier Consul de France à l’aube du 19e siècle, il fait face – comme Louis XIV avant lui – au besoin de gagner le cœur des soldats. Les Invalides sont un symbole et c’est donc là qu’il choisit, juste après avoir été couronné Empereur, d’organiser la première remise de médailles de la Légion d’Honneur de l’histoire.

Cette très grande et somptueuse cérémonie a récompensé, entre autres, le fondateur de Polytechnique, mais aussi bien d’autres professions (artistes, chirurgiens, apothicaires, botanistes, astronomes…). Elle a marqué aussi pour l’hôtel des Invalides le début d’une nouvelle ère, avec la réparation de tous les dégâts causés par la Révolution française.

Visite des Invalides : comment vivait-on sur place ?

Lors de la création de l’hôtel des Invalides, 300 personnes y sont accueillies. Ce nombre grimpera jusqu’à plusieurs milliers de personnes hébergées sous Louis XV. L’hôtel des Invalides n’est pas ouvert à tout le monde. Il faut avoir servi au moins 10 ans dans l’armée et, au début, comme l’établissement est placé sous la responsabilité de religieux, être protestant est une cause de refus d’admission. Il faut monter un dossier, soigneusement étudié par le gouverneur des Invalides.

Mais comment vit-on sur place, comment occupe-t-on ses journées à l’hôtel des Invalides ?

Cour d'honneur - Visite des Invalides
Cour d’honneur – Visite des Invalides

Un lieu de vie avec une discipline… militaire !

En rez-de-jardin, on trouve notamment les réfectoires, séparés en plusieurs salles en fonction du grade des militaires. Ce sont de longues tablées et, au centre de la pièce, il y a une table un peu particulière : la table des punis, que l’on surnomme aussi la « table des buveurs d’eau » (quelle punition !).

En effet, l’hôtel des Invalides est régi par des règles de vie strictes. Il est interdit de fumer en-dehors des temps de pause, interdit de manquer la messe, interdit de rater les exercices physiques obligatoires exécutés dans la cour, interdit de consommer du vin en-dehors des repas, de recevoir des filles… Les soldats mariés peuvent bénéficier d’une dérogation pour découcher deux nuits par semaine mais pour les autres, les seules femmes présentes aux Invalides sont les sœurs infirmières (et on ne drague pas les religieuses !).

En cas d’infraction au règlement, des punitions existent et la privation de vin en est une. Les châtiments corporels disparaissent peu à peu au fil de l’histoire, laissant place à des humiliations : par exemple, on assoit la personne ayant enfreint les règles sur un cheval de bois au milieu de la cour, et les autres pensionnaires lui lancent de la nourriture ou des brimades.

Les invalides dorment dans des chambrées de 2 ou 3 lits s’ils sont officiers, des dortoirs de 6 s’ils sont simples soldats. A l’époque de Louis XIV, l’hôtel des Invalides peut s’enorgueillir d’offrir une meilleure hygiène qu’au château de Versailles : la literie est changée régulièrement, il y a des chaises percées et des baquets d’eau à disposition.

Que font les invalides hébergés sur place ?

Une partie de la journée est dédiée à la prière, avec deux offices religieux par jour (auxquels s’ajoutent les vêpres le dimanche).

Les invalides sont considérés comme étant encore attachés à l’Etat. Par conséquent, ils doivent travailler et les missions dépendent de leur état de santé : monter la garde, travailler dans l’un des ateliers présents sur place comme le prestigieux atelier de calligraphie et d’enluminure, ou encore dans une manufacture. L’hôtel des Invalides fabrique en effet des tapisseries, des uniformes, des bas et des souliers (une explication au « graffiti » de soulier gravé sur un mur ?).

Les salons des Invalides

Le monument abrite de superbes salons. Lors de notre visite des Invalides, nous avons pu entrer dans l’ancienne salle du conseil, qu’il est possible de louer pour des événements variés (cocktail, concert…). Au fil de l’histoire, l’endroit a servi de chapelle, de bibliothèque et a été ravagé par un violent incendie qui a exigé une rénovation de grande ampleur.

Salon aux Invalides à Paris
Salon aux Invalides à Paris

On le découvre donc aujourd’hui dans des conditions idéales. Le bois, recouvert d’un apprêt doré, attire le regard. Il y a des tentures en velours rouge, 6 lustres volumineux, de splendides moulures avec des lions et des soleils qui rappellent Louis XIV, le fondateur du lieu, et symbolisent la force.

Les salons ornés des Invalides
Les salons ornés des Invalides

La pièce est ornée de tableaux monumentaux, notamment un superbe portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud que vous avez peut-être déjà aperçu dans vos livres d’histoire. Le Roi, âgé de 63 ans quand il a été peint (un âge canonique pour l’époque !), est représenté avec réalisme. Il porte l’hermine et son manteau de sacre, adopte une pose de maître de ballet fidèle à son amour pour la danse et est vêtu de bas de soie. Il tient un sceptre à pommeau fleur de lys, qu’il porte à l’envers pour asseoir son pouvoir.

Ses souliers ont la semelle rouge, une mode récupérée par Versailles qui vous fera sans doute penser aux chaussures actuelles de Louboutin.

Cette peinture mythique a été dupliquée comme s’il s’agissait d’une photo, c’est ainsi qu’on la retrouve dans plusieurs musées (notamment le Louvre).

Portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud
Portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud

Sur les multiples peintures présentes dans la salle, on découvre aussi le célèbre Portrait équestre de Napoléon III par Alfred De Dreux, des pièces d’armures et, par les fenêtres, une vue dégagée sur le pont Alexandre III et la silhouette du Grand Palais.

Vue depuis l'hôtel des Invalides
Vue depuis l’hôtel des Invalides

Les musées des Invalides

Il faudrait que je dédie un article à chacun d’entre eux mais très tôt, l’hôtel des Invalides a aussi accueilli des musées.

Le musée des plans-reliefs, par exemple : les plans-reliefs, ce sont des maquettes à l’échelle de certains lieux et notamment des villes fortifiées. C’est Louvois (encore lui !) qui a fait créer les premiers plans-reliefs et depuis 1777, ces maquettes sont stockées aux Invalides.

En 1871, le musée de l’Artillerie s’installe à son tour sur place (vous pouvez voir de nombreuses pièces d’artillerie en vous promenant dans l’hôtel des Invalides), qui est absorbé en 1905 par le projet de « musée de l’Armée ». Après la Seconde Guerre Mondiale (pendant laquelle une branche de la Résistance était établie aux Invalides), un musée de l’Ordre de la Libération et un musée d’histoire contemporaine voient le jour.

Plus récemment, en 2008, tout un espace a été construit sur le Général de Gaulle.

C’est donc un lieu qui vit. En été, des mappings lumineux de toute beauté sont organisés sur les façades intérieures des Invalides pour raconter l’histoire du lieu.

L’église/cathédrale Saint-Louis-des-Invalides

Notre guide, Melissa, nous conduit ensuite vers l’église Saint-Louis-des-Invalides, la fameuse église qui a donné tant de fil à retordre aux architectes !

Elle offre une architecture finalement assez sobre, avec des arcades qui rappellent celles de la cour d’honneur. C’est en fait la combinaison de deux bâtiments :

  • Une église, construite pour les soldats, avec une nef épurée.
  • Une chapelle, construite pour le Roi et sa famille, sous le dôme orné de dorures.

L’église Saint-Louis des Invalides

Nous entrons d’abord dans l’église : elle présente la particularité d’accueillir des drapeaux français et, si vous levez les yeux, des drapeaux pris à l’ennemi. Une vraie singularité à l’heure de la séparation entre Eglise et Etat !

Intérieur de l'église Saint-Louis des Invalides
Intérieur de l’église Saint-Louis des Invalides

Sur le terrain, les étendards représentent pour les soldats un symbole très fort, un signe de ralliement mais aussi un moyen de communication. Voler à l’ennemi son étendard équivalait à le priver de sa communication. C’était aussi particulièrement humiliant… au point qu’il était parfois préférable de détruire soi-même le drapeau convoité au fait de laisser l’ennemi s’en emparer.

Lors de la campagne de France en 1814, le maréchal Sérurier a ainsi choisi d’entasser les 1500 drapeaux stockés aux Invalides dans la cour, sachant Paris menacée par des canons… et d’y mettre le feu. L’ennemi étant proche, on ne disposait même pas d’un temps suffisant pour détruire les hampes en métal des drapeaux, on a donc ramassé toutes les cendres avant de les jeter dans la Seine. Les hampes ont par la suite été repêchées et confiées au musée de l’Armée.

Seuls quelques drapeaux antérieurs à cette époque ont donc – par miracle – survécu car ils étaient stockés ailleurs. Vous verrez par exemple des drapeaux autrichiens, avec un aigle bicéphale, datant de la bataille d’Austerlitz en 1805, un drapeau napolitain de 1806.

Les étendards sont tantôt ottomans, tantôt tunisiens, marocains, tonkinois, mexicains, chinois ou encore argentins. C’est une vraie particularité du lieu, tout comme les nombreux hommages militaires qu’il abrite et qui prennent le dessus sur les traditionnels symboles christiques que l’on retrouve dans une église.

L’orgue vaut lui aussi le détour, avec ses 6000 tuyaux qui en font l’un des plus grands orgues de France (le Grand Orgue de Notre Dame compte 7952 tuyaux).

L'orgue de l'église des Invalides
L’orgue de l’église des Invalides

Grâce à la visite guidée de Cultival, nous avons la chance de passer derrière l’autel de la cathédrale, au pied de l’immense verrière qui sépare l’église Saint-Louis des Invalides du dôme des Invalides. Une verrière qui a été posée en 1873.

Au pied de la verrière qui sépare les deux parties de l'église
Au pied de la verrière qui sépare les deux parties de l’église

Avant, un autel unique séparait les deux parties de l’église, donnant lieu à une terrible gymnastique pour le prêtre qui devait célébrer une même messe en présence des soldats ET en présence de la famille royale, ayant accédé au bâtiment par deux entrées diamétralement opposées. Fort heureusement, les Rois venaient rarement ici à la messe. Louis XIV est venu trois fois seulement.

L'autel baroque de la chapelle royale
L’autel baroque de la chapelle royale

Aujourd’hui, il y a un autel très richement orné du côté de l’ancienne chapelle royale et du dôme des Invalides, avec des torsades en marbre (photo ci-dessus)… et un autel bien plus sobre du côté de l’église des soldats (église Saint-Louis).

Vue de l'autel et de l'église des soldats aux Invalides
Vue de l’autel et de l’église des soldats aux Invalides

Derrière cet autel – sobre – nous découvrons une porte qui mène à un lieu souterrain, le Caveau des Gouverneurs. C’est là que reposent de célèbres gouverneurs de l’hôtel des Invalides : le maréchal Sérurrier, le marquis de la Tour-Maubourg, le maréchal Molitor et bien d’autres.

Accès au caveau des gouverneurs des Invalides
Accès au caveau des gouverneurs des Invalides

Rouget de Lisle, officier du génie militaire plus connu pour être l’auteur de l’hymne national français, repose aussi dans ce caveau alors qu’il n’a pas été gouverneur. Ses cendres ont été transportées là afin, dit-on, que les Invalides lui servent de « salle d’attente » dans l’hypothèse d’une future entrée au Panthéon… Y sera-t-il un jour déplacé ? Rien n’est moins sûr…

Tous les gouverneurs ne sont pas inhumés ici car pour l’être, il faut mourir dans l’exercice de ses fonctions ce qui n’est pas si fréquent !

Intérieur du caveau des gouverneurs
Intérieur du caveau des gouverneurs

Le dôme des Invalides

En ressortant du caveau des Gouverneurs, nous entrons cette fois-ci dans la partie de l’église qui était autrefois dédiée à la famille royale. Elle sert aujourd’hui d’écrin au tombeau de Napoléon.

En débutant notre visite des Invalides, nous avons croisé à l’extérieur sa pierre tombale rapportée de Sainte-Hélène, une pierre qui ne marque aucune tombe puisque Napoléon repose dans un tombeau impressionnant, sous la coupole des Invalides.

La pierre tombale de Napoléon sous les arbres, aux Invalides
La pierre tombale de Napoléon sous les arbres, aux Invalides

Deux bas-reliefs représentent l’épisode du « Retour des cendres », ce moment où le corps de l’empereur a été ramené en France.

Je ne vais pas vous réécrire l’histoire de Napoléon mais souvenez-vous, après la lourde défaite des Français à la bataille de Waterloo contre les Prussiens, la France était en piteux état : ruinée, des millions de morts à déplorer, des dégâts matériels considérables… Napoléon Ier a décidé d’abdiquer et de nommer son fils Napoléon II comme successeur. Il a tenté de fuir à l’étranger, sans succès, avant d’être déporté par les Britanniques sur l’île de Sainte-Hélène.

C’est là qu’il est décédé, émettant le désir d’être inhumé en France, sur les bords de Seine, auprès du peuple auquel il était si attaché. Plusieurs demandes sont formulées par les Français au gouvernement britannique pour récupérer sa dépouille, sans succès. Jusqu’en 1840, près de 20 ans après la mort de Napoléon, où le ministre Charles de Rémusat annonce enfin la nouvelle :

« La frégate chargée des restes mortels de Napoléon se présentera au retour à l’embouchure de la Seine, un autre bâtiment les rapportera jusqu’à Paris. Ils seront déposés aux Invalides. Une cérémonie solennelle, une grande pompe religieuse et militaire inaugurera le tombeau qui doit le garder à jamais. […]

Il fut Empereur et Roi, il fut le souverain légitime de notre pays. À ce titre, il pourrait être inhumé à Saint-Denis, mais il ne faut pas à Napoléon la sépulture ordinaire des Rois. Il faut qu’il règne et commande encore dans l’enceinte où vont reposer les soldats de la patrie, et où iront toujours s’inspirer ceux qui sont appelés à la défendre ».

C’est ainsi, grâce aux efforts conjoints d’Adolphe Thiers et du roi Louis-Philippe, qu’une grande expédition est organisée pour ce « retour des cendres »… et c’est ainsi que Napoléon repose aujourd’hui sous le dôme des Invalides.

Accès au tombeau de Napoléon
Accès au tombeau de Napoléon

Le tombeau est grand et Napoléon y est inhumé dans plusieurs cercueils superposés : 1 cercueil en fer blanc, 2 cercueils en plomb, 2 cercueils en bois (ébène et acajou), le tout placé dans une enveloppe de quartzite de Finlande.

Le tombeau de Napoléon aux Invalides
Le tombeau de Napoléon aux Invalides

L’endroit est aussi solennel que magnifique. Sculptures, jeux de lumière, le tout dans la rondeur de cette architecture aux lignes élégantes, sous le splendide dôme des Invalides. Le sarcophage de Napoléon se situe en effet dans une crypte à « ciel ouvert » qui permet d’admirer le dôme.

Grinçante anecdote historique : c’est Adolf Hitler qui a fait en sorte que le fils de Napoléon, Napoléon II, repose auprès de son père. Mort à 21 ans, il a passé une bonne partie de sa courte vie en Autriche – pays natal d’Hitler – et c’est de Vienne que ses cendres ont été rapatriées.

Notre visite des Invalides nous conduit finalement à explorer l’église du dôme elle-même, où reposent de célèbres militaires comme Foch et Lyautey.

La tombe du maréchal Lyautey
La tombe du maréchal Lyautey

L’occasion d’admirer de plus près le dôme, sur lequel on aperçoit les douze apôtres, les évangélistes, les rois depuis Louis XIV, des feuilles d’acanthe…

Le dôme a été conçu de telle sorte qu’une lumière naturelle éclaire le plafond. Il a été entièrement redoré en 1989, ce qui a nécessité 12 kg d’or. Quand on voit sa superficie, on se dit que c’est finalement assez peu, la couche est infiniment petite et la précision du travail de restauration extrême.

La beauté du dôme des Invalides
La beauté du dôme des Invalides

Il est déjà 17h et l’église du dôme s’apprête à fermer ses portes. Cette visite des Invalides fait prendre conscience de la richesse de ce monument et de sa place inédite dans l’histoire militaire de la France. C’est l’occasion de replonger dans des épisodes que – pour être honnête – j’avais parfaitement oubliés depuis les années de collège et lycée ! Et si vous aimez l’architecture, c’est un monument qui vaut le détour à n’en pas douter.

Comment visiter les Invalides à Paris ?

Si vous souhaitez effectuer cette visite des Invalides guidée et commentée, vous pouvez réserver en amont sur le site de Cultival (il s’agit de la visite « Invalides Secrets », Cultival propose aussi d’autres formules de visite). Les places sont limitées donc n’hésitez pas à anticiper !

Le billet inclut près de 2 heures de visite guidée et vous permet également de visiter le musée de l’Armée.

Si vous souhaitez revenir un autre jour et visiter sans guide, je vous recommande l’achat d’un billet coupe-file en amont.

Pour rejoindre l’hôtel des Invalides, il existe plusieurs accès. La visite des Invalides proposée par Cultival a pour point de rendez-vous l’accès sud, situé place Vauban (métros les plus proches : Saint-François Xavier sur la ligne 13 ou Ecole Militaire sur la ligne 8).

Si vous arrivez par l’accès nord, les stations les plus proches sont Varenne (ligne 13) ou La Tour Maubourg (ligne 8). La station « Invalides » est quant à elle un peu plus éloignée du monument lui-même mais peut vous permettre de réaliser une jolie photo d’ensemble de l’entrée nord.

Retrouvez les horaires et tarifs à jour sur le site du Musée de l’Armée… et bonne visite sur place !


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2 commentaires sur “L’Hôtel des Invalides et ses secrets : visite en images

  • CéciliAcidulée

    Merci Marlène pour cet article si intéressant. Je connaissais l’origine de la création de l’hôtel des Invalides mais j’ignorais presque tout du reste. Personnellement et même si l’histoire n’a rien de romantique, je trouve que l’hôtel des Invalides by night est le plus beau des monuments parisiens.

    Répondre à CéciliAcidulée
    • Marlène

      C’est assez majestueux… et tellement immense qu’il faudrait plusieurs visites pour vraiment l’explorer de manière approfondie !

      Répondre à Marlène


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