Le Moulin Rouge à Paris, un cabaret à forte personnalité !


Il y a quelques jours, j’ai eu la chance d’aller au Moulin Rouge à Paris en-dehors des heures d’ouverture au public, l’occasion d’en savoir plus sur ce cabaret mythique de la scène parisienne. Un cabaret qui assume pleinement sa personnalité « loin de l’Américanisation », loin de la quête d’une « troupe de clones » affichant des corps semblables.

Le Moulin Rouge, c’est la belle histoire d’une réussite à la française et un engagement au quotidien pour préserver un patrimoine en voie de disparition.

Dans cet article, vous allez bien entendu découvrir le Moulin Rouge. Je vous donnerai également plein d’informations pratiques si vous rêvez d’assister à une soirée au Moulin Rouge ou de vous offrir un dîner-spectacle au cabaret : tarifs, réservations, horaires, restaurant, dress code…

J’ai envie de commencer par vous raconter l’histoire du lieu, car elle explique une bonne partie de ce que vous voyez sur scène aujourd’hui. Si ça ne vous intéresse pas, n’hésitez pas à aller lire directement la partie sur la soirée au Moulin Rouge !

La célèbre façade du Moulin Rouge à Paris
La célèbre façade du Moulin Rouge à Paris

Le Moulin Rouge, l’histoire du Paris qui s’encanaille

C’est l’œil pétillant que Jean-Luc Pehau-Sorensen, Directeur Communication & Marketing du Moulin Rouge, raconte la naissance du Moulin Rouge en 1889.

Le cabaret de la Butte Montmartre

L’idée de deux hommes qui sont loin d’être novices en affaires ! Charles Zidler et Joseph Oller ont déjà fondé un cirque et un café-concert à succès, le Jardin de Paris… et quelques années plus tard, ils créeront l’Olympia, mythique salle de concert parisienne.

En 1889, ils décident de profiter de la fermeture annuelle du Jardin de Paris pour lancer un nouvel établissement, le Moulin Rouge, en espérant que les habitués du premier lieu deviendront ainsi les premiers clients du second.

La naissance du Moulin Rouge
La naissance du Moulin Rouge

L’emplacement choisi est hautement stratégique : à l’époque, la butte Montmartre est encore un peu à l’écart du cœur de la capitale. Elle n’a été rattachée à Paris qu’en 1860 et bénéficie d’une taxe sur l’alcool réduite, qui attire les fêtards. Il y règne une certaine liberté, des gens de tous milieux viennent s’y encanailler.

Les loyers y sont moins élevés qu’au cœur de Paris, la lumière plus présente du fait de la position surélevée des lieux, si bien que beaucoup d’artistes y établissent leurs ateliers.

Alors la première clientèle du Moulin Rouge est à l’image de cette diversité : les artistes côtoient les professions plus traditionnelles, les locaux côtoient les gens de passage.

C’est une spécificité que ce cabaret conserve aujourd’hui : il accueille aussi bien les couples que les familles, les enfants y sont admis à partir de 6 ans, la clientèle y est à parts égales française et étrangère… et c’est une ouverture que le Moulin Rouge tient à préserver. Ici, on vous le dit clairement, on ne raisonne pas en termes de « cible ».

Mais revenons au tournant du 20e siècle : on installe dans le jardin du Moulin Rouge un énorme éléphant et l’on construit sur le toit un moulin – initialement en fer – peint en rouge. Une référence aux nombreux moulins à vent que compte Montmartre (le « Moulin de la Galette » est la seul moulin « fonctionnel » qui ait survécu).

L'éléphant du Moulin Rouge
L’éléphant du Moulin Rouge

On le voit de loin, jusqu’aux Grands Boulevards… et il devient aussi le premier bâtiment électrifié de Paris, véritable fanal dans l’obscurité quand la nuit tombe. Le lieu se fait vite une place à Paris, son côté insolite attire… et le cabaret du Moulin Rouge a plus d’un atout dans sa manche : le champagne y coule à flots, le spectacle est sans cesse renouvelé grâce à l’enthousiasme de passionnés qui, souvent, viennent se produire sur scène après avoir mené une journée de travail tout à fait ordinaire !

C’est le cas, par exemple, de « Valentin Le Désossé », surnommé ainsi pour son extrême souplesse, qui rejoignait le cabaret du Moulin Rouge la nuit et aurait toujours, selon la légende, refusé d’être payé.

Et, bien sûr, il y a la délicieuse audace du French Cancan. Le Cancan, au 19e siècle, est une danse follement subversive : une femme ne montre jamais ses jambes et ses jupons… alors imaginez le frisson de transgression qui remplit les spectateurs à l’idée d’aller voir danser des femmes qui soulèvent leur jupe !

Le Moulin Rouge est étroitement scruté par la police des mœurs, d’ailleurs, qui vient mesurer la longueur de la jupe des danseuses avant le spectacle pour s’assurer qu’elle respecte la bienséance !

Le jardin du Moulin Rouge autour de 1900
Le jardin du Moulin Rouge autour de 1900

Les stars du Moulin Rouge

A mesure que le cabaret du Moulin Rouge se professionnalise, quelques-unes de ses danseuses entrent dans l’histoire… comme La Goulue, véritable star de son temps. Goûtant les plaisirs de la vie à pleines dents, grossière, décomplexée, elle en tirera son surnom et deviendra une célébrité parisienne.

Elle s’y brûlera les ailes : décidant de quitter le Moulin Rouge, elle tentera une reconversion en dompteuse, avant de sombrer dans l’alcoolisme et de mourir pauvre et esseulée.

Sa gouaille et sa personnalité haute en couleur inspireront le peintre Henri de Toulouse-Lautrec, ardent habitué du Moulin Rouge et des théâtres montmartrois, où il croquait des scènes du quotidien. C’est Toulouse-Lautrec qui a d’ailleurs réalisé l’une des affiches les plus célèbres du Moulin Rouge, exposée à l’entrée du cabaret parisien.

Affiches du Moulin Rouge
Affiches du Moulin Rouge

D’autres femmes marquent l’histoire du Moulin Rouge : Yvette Guilbert, Grille d’Égout (surnommée ainsi à cause de ses dents écartées) ou encore la Môme Fromage et Nini Pattes en l’Air.

L’une de ces danseuses célèbres, Jane Avril, a une histoire très touchante : son père n’a pas voulu la reconnaître à la naissance et elle a commencé par être élevée par ses grands-parents, avant d’être confiée à sa mère démente qui la maltraitait. Elle a ensuite erré de foyers en hôpitaux psychiatriques, décidé de se suicider et été sauvée par des prostituées.

Elle trouve alors une forme de « rédemption » en découvrant la danse dans les cabarets, et reçoit le surnom de « Mélinite », un explosif, à cause de son instabilité psychologique.

Le Moulin Rouge d’aujourd’hui lui doit une tradition : le fait que la soliste de revue porte une tenue rouge. En effet, le rouge était la couleur préférée de Jane Avril et elle avait imposé d’être la seule à le porter ! Elle a également apporté un French Cancan plus élégant, sans la vulgarité qui caractérisait la Goulue.

La Goulue et la Môme Fromage
La Goulue et la Môme Fromage
Jane Avril
Jane Avril

Le Moulin Rouge vit avec son temps : il abandonne peu à peu les spectacles suivis d’un bal au profit des « dîners-spectacles » et des opérettes, très populaires au début du 20e siècle.

Puis ce sont les premières vraies « revues » de cabaret et là encore, une femme va imposer son empreinte sur le cabaret : Mistinguett. Elle fait ses débuts sur scène en 1907 et connaît un succès rapide.

La Première Guerre Mondiale interrompt temporairement son ascension… non pas à cause des combats mais parce qu’un incendie accidentel, sans aucun lien avec la guerre, détruit le Moulin Rouge en 1915.

Il aurait pu disparaître, ne pas réussir à se relever… mais il y parvient, pourtant, reconstruit en 1921 avec, sur le toit, un moulin cette fois-ci en béton, à l’épreuve des années. Son nouveau directeur, Francis Salabert, n’est pas un artiste dans l’âme, c’est plutôt un entrepreneur et il le sait : il choisit donc de se faire épauler par Jacques-Charles, le spécialiste de la revue à l’époque.

Mistinguett revient et prend sous son aile de jeunes artistes parmi lesquels figure Jean Gabin lui-même !

Sa retraite, en 1929, signe la fin d’une ère pour le Moulin Rouge. On transforme son théâtre en cinéma géant de 1500 places, sa salle de bal devient quelques années plus tard un night-club.

Le Panthéon - Aux petites femmes le Moulin Rouge reconnaissant
Le Panthéon – Aux petites femmes le Moulin Rouge reconnaissant

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’endroit se maintient à flot car il tire profit de sa solide réputation. En temps de troubles, le public se replie sur des « valeurs sûres », qui permettent au Moulin Rouge de continuer à exister. Il reçoit là encore sur sa scène des stars dont l’oeuvre a traversé le temps : Edith Piaf, en 1944, et Yves Montand.

En 1951, le cabaret change à nouveau de propriétaire (et est depuis entre les mains de la même famille) : le nouvel acquéreur décide d’un relooking complet du lieu et lui offre le décor qu’il a encore aujourd’hui. Le Moulin Rouge accueille une nouvelle génération de stars : Line Renaud, Charles Aznavour, Charles Trenet s’y produisent.

Chose étonnante, c’est un cabaret où chaque nouveau propriétaire, chaque nouvel(le) artiste, a su apporter sa pierre à l’édifice sans jamais compromettre l’héritage du Moulin Rouge. La génération suivante a fait naître une autre tradition : le fait que le nom des revues commence toujours par un F. La revue « Frou-Frou » avait connu un tel succès dans les années 1960 que par superstition, on s’en tient désormais à des noms en F.

Féérie, la revue actuelle, est en place depuis plus de 20 ans et a réussi l’exploit de survivre aux années. Lors de ma visite du Moulin Rouge, Jean-Luc Pehau-Sorensen a laissé entendre qu’une nouvelle revue était envisagée, pas avant plusieurs années toutefois : les créateurs de Féérie (Doris Haug et Ruggero Angeletti) ont laissé une « feuille de route » complète pour la revue suivante avant de se retirer.

C’est après, dans un futur encore lointain, que le Moulin Rouge devra à nouveau se réinventer.

Le French Cancan dans la revue Féerie
Le French Cancan dans la revue Féerie – Photo © Moulin Rouge

Le Moulin Rouge : valoriser des savoir-faire

Aujourd’hui, le cabaret parisien mène une autre mission : contribuer à assurer la pérennité de métiers en voie d’extinction.

L’entreprise investit ainsi dans des ateliers de métiers d’art, des métiers anciens qui possèdent un savoir-faire unique qu’il est primordial de préserver.

On peut par exemple citer la Maison Février, plumassier (métier qui consiste à préparer et entretenir les plumes qui habillent les costumes des danseurs), la Maison Clairvoy, bottier (qui crée des chaussures sur mesure pour les artistes) ou encore la Maison Valentin (spécialiste de la broderie).

Les ateliers restent libres de travailler avec l’extérieur en plus de leur collaboration avec le Moulin Rouge, afin que l’investissement réalisé par le cabaret ne les prive pas pour autant de leur liberté.

Une démarche que je trouve très intéressante, car c’est un moyen pour des métiers peu connus de profiter d’une certaine sécurité financière tout en disposant d’une vitrine magnifique pour mettre en scène leur savoir-faire.

Les splendides coiffes à plumes de la revue du Moulin Rouge
Les splendides coiffes à plumes de la revue du Moulin Rouge – Photo © Moulin Rouge

Aller au Moulin Rouge, une expérience ouverte à tous

La revue Féérie du Moulin Rouge est jouée tout au long de l’année et mobilise plusieurs dizaines d’artistes sur scène. Des femmes, bien sûr, les « Doriss Girls » (du nom de Doris Haug qui a marqué la direction artistique des dernières revues)… mais aussi des hommes. Et contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas QUE des séquences topless ;)

L’expérience Moulin Rouge commence non pas sur scène… mais dans l’assiette !

Dîner au Moulin Rouge

Le cabaret a fait le choix d’investir dans une restauration à base de produits frais : un moyen, aussi, de légitimer le prix d’une soirée au cabaret. Certes, ce n’est pas à la portée de toutes les bourses… mais si l’on dîne bien et que, de surcroît, on profite d’un spectacle de qualité, le tarif du Moulin Rouge reste finalement très raisonnable par rapport au coût d’un restaurant parisien et d’un spectacle dans une grande salle !

La soirée débute donc par un repas préparé en coulisses par une brigade de plusieurs dizaines de professionnels. Si vous décidez d’aller au Moulin Rouge le temps d’un dîner-spectacle, vous vous présentez généralement entre 18h45 et 19h30. Vous êtes accueilli et placé par le Maître d’Hôtel, puis profitez d’un dîner en musique, avec un orchestre. Des temps sont ménagés pour que les convives puissent danser s’ils le souhaitent.

La revue ne débute qu’après le dîner, afin que les convives/spectateurs puissent accorder toute leur attention aux artistes, par respect pour leur travail… et pour qu’ils puissent eux-mêmes en profiter sans être distraits par leur assiette !

Visite du Moulin Rouge - La salle encore vide
Visite du Moulin Rouge – La salle encore vide

Cinq menus sont proposés, afin de séduire tous les palais et toutes les bourses : Mistinguett, Toulouse-Lautrec ou Belle-Epoque, les formules tirent leur nom de l’histoire du cabaret. Elles sont complétées par un menu végétarien et un menu végétalien.

Il existe aussi un menu enfant (de 6 à 11 ans) et l’on peut commander un gâteau d’anniversaire pour célébrer comme il se doit cette occasion spéciale.

Le champagne est bien sûr au rendez-vous… et le Moulin Rouge en ouvre 240 000 bouteilles par an !

Le restaurant est placé sous la direction du chef David Le Quellec, formé notamment chez Ledoyen, Taillevent et Le Cinq (au George V). Il a voulu rompre avec la mauvaise image qu’a souvent la cuisine des cabarets (on entend souvent dire « on y va pour le spectacle, pas pour bien manger »)… et aujourd’hui, la cuisine du Moulin Rouge obtient deux toques et un honnête 14/20 de la part de l’exigeant Gault & Millau !

Le guide félicite d’ailleurs « une qualité d’assiette qui tire vers le haut, malgré les 500 couverts renouvelés, malgré le niveau d’exigence d’une clientèle forcément mondiale, malgré les difficultés techniques ». En effet, le service doit être millimétré pour que le spectacle commence à l’heure !

Une salle entière à servir !
Une salle entière à servir !

Concrètement, ce n’est pas une cuisine « guide Michelin » non plus… donc à vous de décider ce qui vous convient le mieux, entre dîner à l’extérieur et assister seulement au spectacle, ou profiter d’une soirée complète au Moulin Rouge.

La salle, en tout cas, m’a beaucoup plu. Au fond, on dîne sous les lampions comme si l’on se trouvait en plein air.

Salle du Moulin Rouge
Salle du Moulin Rouge

Soyez attentifs à la décoration car il y a des choses à observer dans tous les recoins de la salle ! Des affiches de cabaret à l’ancienne, par exemple…

Affiches de cabaret
Affiches de cabaret

Des informations qui font glousser les visiteurs ;)

5 centimes la pipe
5 centimes la pipe

Ou encore des promesses de numéros inattendus

Détail d'un mur dans la salle du Moulin Rouge
Détail d’un mur dans la salle du Moulin Rouge

Le spectacle du Moulin Rouge

Le premier show de la soirée débute à 21h00… et j’ai aimé ce que nous a glissé Jean-Luc Pehau-Sorensen alors que nous visitions les coulisses du Moulin Rouge : « Ici, il n’y a qu’un seul mot d’ordre, c’est le divertissement ». En d’autres termes, pas de message politique, pas de « sens caché » à rechercher derrière les tableaux qui s’enchaînent sur scène.

Seulement le plaisir de voir les spectateurs repartir en fredonnant les chansons de Féerie, des étoiles plein les yeux. Le plaisir de savoir que chacun, le temps d’une soirée, peut oublier ses soucis, ses inquiétudes, ne penser à rien d’autre qu’à se distraire.

Puis les danseurs et danseuses entrent en scène. J’ai pu voir certains costumes de près lors de ma visite du Moulin Rouge, un travail de précision mais aussi de technologie, pour que les costumes restent confortables à porter, pas trop lourds.

Costumes lumineux lors de la revue Féerie
Costumes lumineux lors de la revue Féerie – Photo © Moulin Rouge

Les castings pour recruter les danseurs sont organisés dans le monde entier, afin de dénicher les « meilleurs profils ». Certains cabarets ont des critères physiques très stricts (à l’instar du Crazy Horse, dont le spectacle s’appuie énormément sur la symétrie et la ressemblance morphologique entre les danseuses).

Le Moulin Rouge ayant une direction artistique différente, il mène aussi ses castings de manière différente. Les critères sont peu nombreux : il faut avoir suivi une formation de danse classique, avoir une taille minimum (1m75 pour les femmes et 1m85 pour les hommes) et ce pour une raison très simple : les coiffes de cabaret sont très volumineuses et donc mieux mises en valeur sur de « grands corps ». Il faut également avoir une personnalité scénique marquée : autrement dit, du charisme !

La taille de la poitrine et la couleur de cheveux importent peu. Il faut simplement essayer de maintenir son poids (plus ou moins 2 kg, histoire de rentrer dans son costume) et prévenir à l’avance en cas de changement de couleur de cheveux, pour que la couleur des postiches puisse être adaptée en conséquence.

Sur scène, cinq tableaux successifs s’enchaînent : la première partie est, par tradition, toujours dédiée à l’histoire du Moulin Rouge. Vient ensuite la séquence des « pirates » qui offre un voyage en Indonésie et met en scène un énorme aquarium, puis celle du cirque… avant le célèbre, l’incontournable French Cancan qui a trouvé ici ses lettres de noblesse ! Puis l’on voyage dans le temps, à la rencontre du Moulin Rouge du début du 20e siècle et de ses évolutions.

Tableau très exotique pendant la revue Féerie
Tableau très exotique pendant la revue Féerie – Photo © Moulin Rouge

Les tableaux des revues sont entrecoupés de numéros (jonglerie, acrobates, etc). C’est aussi une spécificité du Moulin Rouge, et un clin d’œil à son histoire car l’endroit a toujours offert une scène à des artistes d’horizons variés, même les plus insolites (un « Pétomane » a fait fureur au Moulin Rouge il y a quelques décennies !).

La revue elle-même dure environ 1h30. Ensuite, vous quittez tranquillement la salle… et les spectateurs ayant réservé pour la deuxième représentation, à 23h, sans dîner, viennent à leur tour s’installer.

Il faut savoir que toutes les représentations sont filmées… afin de pouvoir briefer les danseurs et danseuses à la fin de chaque show s’il y a des ajustements à faire sur le suivant !

Informations pratiques pour aller au Moulin Rouge

Je vais essayer de répondre ici à quelques-unes des questions fréquentes que l’on se pose avant de réserver une soirée au Moulin Rouge.

Les tarifs du Moulin Rouge

Le cabaret propose plusieurs formules tarifaires afin de s’adapter à un maximum de bourses. Le cabaret reste « cher » dans l’absolu… mais ce prix a au moins deux bonnes raisons :

  • D’abord, c’est un lieu privé qui ne reçoit donc aucune subvention de l’Etat même s’il fait en quelque sorte partie du patrimoine français. Il n’y a pas non plus de mécénat, le Moulin Rouge doit donc entièrement s’auto-financer grâce à ses entrées et aux ventes de merchandising (DVD/CD du spectacle, accessoires et souvenirs…).
  • Ensuite, le spectacle mobilise BEAUCOUP de professionnels, que ce soit sur scène, au restaurant ou dans les coulisses (habilleurs, artisans d’art qui entretiennent et fabriquent les costumes, personnel technique, personnel d’entretien, etc). Il faut les payer et, si vous ne le savez pas, en France, les taxes sont très élevées (un salarié coûte à son employeur environ deux fois le montant de son salaire).

J’aime bien le rappeler, parfois, car on a souvent tendance à regarder les prix « bruts » sans se rappeler tout ce qu’il y a derrière.

L'entrée intérieure du Moulin Rouge
L’entrée intérieure du Moulin Rouge

Au Moulin Rouge, vous pouvez d’abord réserver le spectacle seul, sans dîner… mais avec une coupe de champagne tout de même ! Vous pouvez trouver des tarifs à partir de 87€ (pour la représentation de 23h, sachant qu’il faut arriver 30 minutes avant le début du spectacle), 119€ pour la représentation de 21h.

Je vous conseille très fortement de réserver à l’avance ici. Le taux de remplissage avoisine souvent les 100% et il est difficile de trouver des places à la dernière minute.

Si vous souhaitez dîner sur place, vous pouvez choisir entre trois formules + 2 formules « spéciales » adaptées, respectivement, aux végétariens et aux végétaliens ;) Les menus d’automne-hiver et les menus de printemps-été sont consultables en ligne.

La formule Mistinguett est, à l’heure où j’écris cet article, à 185€ (dîner + spectacle). La formule Toulouse-Lautrec, tout comme les formules végétarienne et végétalienne, sont à 199€. Et la formule Belle Epoque est à 230€.

Vous pouvez réserver ici, en choisissant d’abord la date puis le menu désiré.

Comment s’habiller pour une soirée au Moulin Rouge

Le dress code se veut « élégant ». Autrement dit, ni short, ni tongs, ni tenue de sport, ni baskets. Même si les chemises et les cravates ne sont pas obligatoires pour les messieurs, tout comme les robes de soirée chez les dames, beaucoup de gens profitent néanmoins de l’occasion pour s’apprêter.

Vous ne détonnerez pas en y allant avec une robe soignée et un costume… mais n’en faites pas trop pour autant !

Il y a un vestiaire (payant) sur place si vous souhaitez laisser vos manteaux avant de rejoindre la salle.

Le splendide lustre au plafond de l'entrée du Moulin Rouge
Le splendide lustre au plafond de l’entrée du Moulin Rouge

Où sont les meilleures places dans la salle ?

Le Moulin Rouge a une particularité : on ne choisit pas sa place. La salle abrite 850 places environ et il faut reconnaître que lorsque c’est plein, les spectateurs sont bien serrés.

Le plan de salle est déterminé chaque jour en fonction des réservations. Il y a donc une part d’aléatoire, pas toujours bien vécue et pas toujours heureuse.

C’est aussi pour ça qu’il est préférable d’arriver tôt. Vous attendrez à l’intérieur et pourrez ainsi tenter d’obtenir une « bonne table ». Depuis les attentats de Paris, toutes les salles qui en avaient la possibilité ont été invitées par les autorités à ne plus faire attendre les spectateurs à l’extérieur, dans la rue. Le Moulin Rouge a donc utilisé les espaces dont il disposait pour éviter les attroupements devant l’entrée.

Les photos au Moulin Rouge

Notez que prendre des photos du show est strictement interdit pendant une soirée au Moulin Rouge et de petits dépliants sur les tables vous le rappelleront.

Un photographe officiel circule entre les tables avant le début du spectacle et propose ses services (payants) si vous voulez un beau portrait entre amis, en famille ou en couple.

Faut-il aller au Moulin Rouge ?

Beaucoup de gens se demandent si tel ou tel cabaret « vaut le coup ». Que choisir entre le Moulin Rouge, le Lido, le Crazy Horse, les Folies Bergères, le Paradis Latin, qui sont tous des cabarets parisiens emblématiques ? Quel est le meilleur cabaret de Paris ?

Je vous dirais avant tout que chacun a sa personnalité… et en fonction de vos goûts, de vos aspirations, du contexte de la soirée, un cabaret peut vous plaire plus qu’un autre ou vous convenir mieux qu’un autre.

A titre d’exemple, le Crazy Horse est pour moi une ode à la féminité qui exprime beaucoup d’élégance et de précision (dans les lumières, les chorégraphies millimétrées, le corps des danseuses calqué sur un même modèle). Je trouve cela magique, je trouve que cela met en valeur le corps de la femme…

A l’inverse, d’autres personnes détestent que toutes les danseuses aient plus ou moins le même physique, pestent contre le manque de diversité et le manque d’hommes (même s’il y a des artistes masculins invités sur scène, les danseuses sont exclusivement des femmes).

Le Moulin Rouge plaît à certains par son ouverture, son côté familial (les enfants à partir de 6 ans sont les bienvenus), convivial (on peut être amené à partager une table avec des inconnus), moins « guindé » que d’autres cabarets, il plaît aussi par son spectacle qui ouvre les horizons puisqu’il y a de la danse mais aussi des acrobaties, des numéros de cirque, des animaux sur scène (qui vivent loin de Paris au quotidien et sont amenés le soir pour les représentations).

Et d’autres personnes n’apprécieront pas cette ambiance, trouveront le cabaret traditionnel un peu kitsch ou préféreront un cadre plus intimiste et un spectacle plus centré sur la danse seule.

Le Lido est plutôt le « show à l’Américaine », très moderne (la revue actuelle a d’ailleurs été créée par Franco Dragone, qui se cache derrière le succès du Cirque du Soleil). C’est plus éloigné du cabaret traditionnel.

Je prends ces 3 exemples pour vous montrer qu’en matière de cabaret, c’est comme dans n’importe quel domaine artistique : il y a des « courants », des styles… et vos goûts feront le reste ! Je vous conseille donc de vous renseigner avant de réserver, afin de passer la meilleure des soirées !

Le Moulin Rouge reste un « monument parisien », et il a connu un énorme regain d’intérêt à l’international grâce au film de Baz Luhrmann en 2001 et dans le regard des étrangers, ce type de cabaret reste l’incarnation du « je-ne-sais-quoi » dont la France a le secret !

J’ai réalisé cette visite du Moulin Rouge dans le cadre de l’opération Paris Face Cachée. Organisée une fois par an en hiver, elle donne accès à des lieux habituellement fermés au public ou permet de vivre des expériences inédites dans des lieux connus.

Avez-vous déjà vécu une soirée au Moulin Rouge ? Quel souvenir en gardez-vous ? Si ce n’est pas le cas, est-ce le genre d’endroit où vous aimeriez aller ? Avez-vous déjà vécu une soirée cabaret ?

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