La Tour de Belem à Lisbonne : une visite qui vaut le coup ?



La Tour de Belem à Lisbonne fait partie des monuments emblématiques de la ville. Construite sur le Tage, près de l’embouchure du fleuve, elle a une histoire intéressante et fait partie des lieux d’intérêt que tout le monde veut voir. Mais vaut-elle vraiment le temps d’attente pour y entrer ?

Dans cet article, je vous propose une visite de la Tour de Belem, ainsi que plein d’informations pratiques. Billets coupe-file, prix, possibilités de combiner la visite avec le monastère des Hiéronymites voisin, accès pour aller à la Tour de Belem en métro, sans oublier une question cruciale : qu’y a-t-il à l’intérieur de la Tour de Belem ?

La Tour de Belem à Lisbonne
La Tour de Belem à Lisbonne

Visiter la Tour de Belem : de l’importance d’anticiper !

La Tour de Belem est l’un des monuments les plus célèbres de Lisbonne et un lieu d’intérêt incontournable de la ville. De ce fait, elle est littéralement prise d’assaut.

Or, la fréquentation à l’intérieur est régulée car la tour n’est pas très grande. Elle n’accueille que 120 personnes maximum en même temps. Résultat des courses : une file d’attente se forme très vite à l’extérieur, exposée aux éléments (soleil, vent, pluie selon le programme du jour !).

Par conséquent, chacun y va de sa petite astuce pour essayer d’entrer sans trop attendre ! Déjà, je vous conseille d’acheter votre billet à l’avance :

  • Soit en visitant le monastère des Hiéronymites voisin, en prenant un billet combiné (qui inclut aussi la tour de Belem et le musée d’archéologie).
  • Soit dans les « préfabriqués » portant la mention « Tickets », il y en a un sur la pelouse devant la Tour de Belem.
  • Soit sur Internet à l’avance mais vous devrez quoi qu’il arrive pouvoir l’imprimer en amont, afin de l’échanger sur place contre un billet « physique » à l’entrée de la tour. Ça vous coûtera par ailleurs un peu plus cher que de l’acheter sur place.

L’autre option est de prendre la Lisboa Card (qui dure entre 24 et 72h selon l’option choisie et donne accès gratuitement à une foule de monuments, dont la tour de Belem, en plus d’inclure les transports en commun).

Billetterie pour la Tour de Belem
Billetterie pour la Tour de Belem

Ensuite, effectuez si possible la visite de la tour de Belem dès l’ouverture. Deux files d’attente se forment très vite : à gauche, la file des gens qui n’ont pas encore de billet et doivent en acheter un ; à droite, celle des gens qui ont acheté leur billet à l’avance.

Même avec un billet dit « coupe-file », vous pouvez avoir un temps d’attente conséquent à la tour de Belem.

L’autre aspect que j’ai trouvé déroutant lors de ma visite est qu’il n’y avait littéralement personne pour aiguiller les touristes à leur arrivée : dans quelle file se mettre, à quelle fréquence ils font rentrer un « nouveau groupe » (réponse : c’est souvent toutes les demi-heures environ).

Mais vous connaissez le principe : une fois qu’on a commencé à attendre, on se dit « je ne vais pas renoncer maintenant »… et on attend jusqu’au bout ;) Mais que se passe-t-il donc à l’intérieur de la tour de Belem ?


A l’intérieur de la Tour de Belem

Je vous conseille de vous renseigner en amont sur l’histoire de la Tour de Belem car à l’intérieur, vous trouverez relativement peu d’explications et peu de personnel (voire pas du tout) à qui poser vos questions.

Le bastion de la Tour de Belem
Le bastion de la Tour de Belem

En réalité, l’histoire de la tour de Belem est assez simple. Elle commence au 15e siècle. A l’époque, la situation n’est pas totalement calme autour de Lisbonne et l’on cherche à protéger l’embouchure du Tage, voie d’accès ouverte sur l’océan.

Un but : protéger le Tage
Un but : protéger le Tage

On construit donc des forteresses, notamment dans la jolie station balnéaire de Cascais… mais pour mieux protéger la zone, le Roi du Portugal de l’époque (Manuel I) ressuscite une vieille idée : bâtir une fortification militaire sur la rive nord du Tage. Il confie la mission à l’architecte militaire Francisco de Arruda.

A l’époque où la tour de Belem est construite, elle n’est pas directement sur la rive du fleuve, contrairement à aujourd’hui où l’on y accède par un très court ponton. Elle est bâtie sur un rocher qui se situe sur le fleuve même, et que l’on renforce en important plusieurs centaines de rochers.

Si la tour est aujourd’hui plus proche de la rive qu’à l’époque, c’est avant tout parce que les activités humaines ont gagné du terrain sur le fleuve.

La Tour de Belem, une vue sur le Tage
La Tour de Belem, une vue sur le Tage

La construction de la Tour de Belem prend environ 3 ans et s’achève en 1519. On la baptise « Tour de Saint Vincent » ou « Château de Saint-Vincent », en référence au saint-patron de la ville de Lisbonne.

La Tour n’est pas bien équipée, est peu entretenue et en 1580, elle est conquise – assez facilement – par les Espagnols. Elle change alors d’usage au fil des décennies : elle est successivement une prison (1589), un poste-frontière pour les douanes (1655), une station de télégraphe (1810) et même un phare (1865). Pendant cette longue période où la tour cherche sa place, on lui ajoute des étages et des tourelles qu’elle a conservés à ce jour.

Sa tour principale mesure aujourd’hui environ 30 mètres de hauteur et quand on pénètre à l’intérieur de la Tour de Belem, on nous oriente vers les étages : un premier niveau ressemble à une vaste terrasse ouverte sur le Tage…

On y trouve de petites tourelles, que l’on appelle des « échauguettes » et qui pouvaient abriter des guetteurs.

La terrasse au premier étage de la Tour de Belem
La terrasse au premier étage de la Tour de Belem

La visite de la tour de Belem nous permet ensuite d’emprunter un escalier pour accéder à une plateforme d’observation. En théorie, il y a un système de feu rouge/feu vert pour savoir quand on doit monter/descendre car on ne peut pas se croiser dans l’escalier… mais lors de ma visite, personne ne respectait la signalisation si bien que c’était un joyeux bazar pour arriver sur la plateforme ou pour la quitter.

Partie supérieure de la Tour de Belem
Partie supérieure de la Tour de Belem

La Tour de Belem est assez excentrée par rapport au cœur de Lisbonne (quartiers de l’Alfama, de Baixa, de Bairro Alto, etc). De ce fait, la vue n’est pas exceptionnelle. D’un côté, le Tage scintille avec, sur l’autre rive, la silhouette de l’entreprise OZ Energia qui stocke du carburant et celle de Silopor, qui offre aux bateaux de grands silos pour le stockage des céréales.

Le Tage est en effet très profond à cet endroit, ce qui permet à de très grands bateaux d’accoster. On peut contempler le pont du 25 avril.

Vue sur le pont du 25 avril à Lisbonne
Vue sur le pont du 25 avril à Lisbonne

De l’autre côté, la vue s’étend jusqu’au palais national d’Ajuda situé sur les hauteurs, un endroit que je vous recommande d’ailleurs vivement de visiter !

Vue sur le palais national d'Ajuda depuis la Tour de Belem
Vue sur le palais national d’Ajuda depuis la Tour de Belem

Pour monter jusqu’au sommet de la tour, on croise une multitude de salles plus ou moins vides, personne ne s’y arrête d’ailleurs. Seule anecdote digne d’intérêt : en se penchant par une fenêtre, on peut apercevoir un bas-relief en forme de rhinocéros.

L’anecdote a le mérite d’être originale : en 1515, période à laquelle l’histoire de la Tour de Belem commence à s’écrire, on importe en Europe le premier rhinocéros des « temps modernes », un cadeau de l’Inde au Portugal qui vient de subir 120 jours de mer et qui, miraculeusement, y a survécu.

On sort donc le rhinocéros du bateau, on l’installe au palais du roi Manuel I et on l’expose… jusqu’au moment où le roi cherche à se débarrasser de ce cadeau encombrant, en le refilant au pape Léon X à qui il avait déjà offert un éléphant blanc l’année passée. Aussi efficace que de revendre ses cadeaux moches sur eBay… mais un tout petit peu plus compliqué en termes de logistique !

Hélas, le bateau sur lequel se trouvait le rhinocéros coule avant d’arriver à Rome, emportant dans les fonds marins le pauvre animal.

Son sort tragique inspire alors Albrecht Dürer, le peintre originaire de Nuremberg, qui en fait une gravure sur bois.

Le rhinocéros d'Albrecht Dürer
Le rhinocéros d’Albrecht Dürer

Elle inspire à son tour de nombreux artistes… et il se trouve justement que les concepteurs de la Tour de Belem ont pioché dans toutes ces grandes « découvertes » que l’on faisait à l’époque, l’âge des grandes expéditions, des voyages de Vasco de Gama…

C’est ainsi qu’une représentation du fameux rhinocéros ayant fait grand bruit à l’époque s’est retrouvée sur une petite tourelle (opposée au « pont » par lequel on entre dans la tour de Belem).

Le rhinocéros de la Tour de Belem
Le rhinocéros de la Tour de Belem

Ce style architectural, dit « manuélin » en référence au nom du Roi, puise des influences dans de nombreux pays et dans les symboles de la mer et de la marine, signe de l’inspiration suscitée par les grands voyages d’exploration de l’époque. Les ancres marines se mêlent aux Croix du Christ (symbole fétiche du Roi), les représentations de cordages côtoient les coquillages…

Après avoir visité les extérieurs, on descend au rez-de-chaussée où des canons montrent comment la tour de Belem était armée.

La salle des canons à l'intérieur de la Tour de Belem
La salle des canons à l’intérieur de la Tour de Belem

On peut également visiter ce qui servait de cachots, une zone où la lumière naturelle pénètre par un puits de lumière mais où l’air sent très fort l’humidité, les pièces étant situées sous le niveau du fleuve.

Les cachots de la Tour de Belem
Les cachots de la Tour de Belem

La Tour de Belem a longtemps été un monument « mal-aimé » : on l’a qualifiée d’inutile, on a envisagé de la renforcer pour l’intégrer à un « vrai » fort militaire, elle a fait l’objet de maints projets qui ont été abandonnés.

J’avoue qu’en la visitant, j’ai ressenti ce même sentiment de « flottement ». On n’y raconte pas grand-chose, l’architecture est intéressante sans être exceptionnelle, la vue correcte sans être mémorable…

J’ai griffonné dans mon carnet de voyage que « la visite de la Tour de Belem vaut le coup si le temps d’attente est faible mais attendre une heure pour y entrer n’en vaut pas la peine ».

Ce n’est qu’au 20e siècle que l’on a vraiment commencé à prendre conscience de la valeur historique de la Tour de Belem : elle est passée sous contrôle du ministère des finances en 1940, puis a été rénovée et convertie en lieu ouvert au public – notamment pour des expositions – jusqu’à son classement à l’UNESCO en 1983.

Comment aller à la Tour de Belem en métro, en train ou en tramway ?

Pour visiter la Tour de Belem sans trop marcher, vous pouvez emprunter le tramway 15E jusqu’à la station Largo da Princesa (à 5 minutes à pied).

Si vous logez sur la côte, à Cascais ou Estoril par exemple, vous pouvez arriver en train à la gare de Belem puis marcher sur les bords du Tage en direction du monument Padrão dos Descobrimentos, comptez 20 minutes à pied entre la gare et la Tour de Belem.

Quant au métro, il est réservé à ceux qui aiment marcher car la station la plus « proche » de la tour de Belem est Cais do Sodré, terminus de la ligne verte du métro… à 6.5 kilomètres de la Tour de Belem ! Cependant, à Cais do Sodré, vous pouvez aisément récupérer le tramway 15E qui marque un arrêt.

Combiner sa visite de la Tour de Belem avec d’autres lieux d’intérêt

Le quartier de Belem abrite plusieurs activités intéressantes quand on visite Lisbonne. On peut notamment citer :

  • Le monastère des Hiéronymites – Accessible à pied en 15 minutes depuis la Tour de Belem, il s’inscrit lui aussi dans un style architectural manuélin, avec son superbe cloître.
  • Le musée national d’archéologie (Museu Nacional de Arqueologia) – Situé à côté du monastère des Hiéronymites, il s’agit d’un petit musée qui n’est pas exclusivement centré sur le Portugal mais évoque aussi l’archéologie égyptienne et romaine.
  • La marina Doca do Bom Sucesso – C’est un point de départ de choix pour faire une croisière sur le Tage, une expérience dont je vous ai parlé sur le blog.
  • Le Padrão dos Descobrimentos – Ce monument situé sur la rive du Tage a été conçu en hommage à l’âge des Grandes Découvertes
  • Le musée d’art populaire (Museu de Arte Popular) – Un musée qui date des années 1940, son intérêt dépend assez largement du thème de l’exposition temporaire en cours !
  • Le musée de la marine (Museu de Marinha) – Un musée qui vaut le détour ! Les Portugais sont connus pour leur aptitude à la navigation qui a fait d’eux une nation de grands explorateurs… et le musée de la Marine revient sur cette histoire très riche à travers des peintures, des instruments de navigation, des reproductions à l’échelle de bateaux depuis le 15e siècle, etc.
  • Le musée d’art moderne et contemporain (Museu Coleção Berardo) – Plus de 1000 œuvres sont exposées, de l’expressionnisme au cubisme en passant par le pop art et le surréalisme. Le musée est très réputé !

Sur une note plus gourmande, c’est aussi dans le quartier de Belem que se trouve la pâtisserie/café Pastéis de Belém, la plus célèbre pour ses pastéis de nata, petite pâtisserie typique du Portugal. Elle aurait été fondée au monastère des Hiéronymites justement !

Les pastéis de nata chez Pastéis de Belem
Les pastéis de nata chez Pastéis de Belem

Vous pouvez acheter sur place des billets combinant le monastère des Hiéronymites, la tour de Belem et le musée national d’archéologie.

Horaires d’ouverture de la tour de Belem à Lisbonne

Vous pouvez visiter la tour de Belem de 10h à 15h30 en basse saison (entre octobre et mai) et de 10h à 18h30 en haute saison (de juin à septembre), sachant que la dernière entrée se fait à 17h.

La tour de Belem est fermée tous les lundis, ainsi que le 1er janvier, le dimanche de Pâques, le 1er mai, le 13 juin et le 25 décembre.

Vous l’aurez compris, ce monument n’a pas été pour moi un coup de cœur mais on m’en avait tant parlé que je suis contente d’avoir pu le visiter malgré tout !


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2 commentaires sur “La Tour de Belem à Lisbonne : une visite qui vaut le coup ?

  • Christian Poujardieu

    En tant que résident fiscal portugais : super article !!
    Vous travaillez toujours complètement vos sujets, bravo.
    Moi je suis obligé de travailler mon itinéraire , à Melbourne, en train de terminer un tour du monde assez rapide, avec des zig zags non prévus à cause du virus !
    Bien cordialement.

    Répondre à Christian
    • Marlène

      Hello Christian, merci pour le message. Dure période pour être en tour du monde ! J’espère que ça ne va pas trop durer car au-delà des mesures de confinement elles-mêmes, ne rien pouvoir prévoir est tout aussi difficile !

      Répondre à Marlène


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