La forteresse de Massada en Israël, une visite aux portes du désert de Judée


Aujourd’hui, je vous emmène visiter la forteresse de Massada en Israël. Bâtie sur un plateau rocheux qui domine la Mer Morte et le désert de Judée, elle a été construite par Hérode le Grand et a connu une histoire mouvementée. Assiégée par les Romains, théâtre d’un drame, Masada est aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’Unesco et accueille chaque année de nombreux visiteurs.

Dans cet article, je vous propose de découvrir une visite des lieux ainsi que des informations pratiques pour y accéder (téléphérique, chemin de randonnée, parkings…). C’est en effet un incontournable de tout voyage en Israël !

L’histoire de la forteresse de Massada en Israël

L’histoire de Massada (que l’on orthographie aussi « Masada ») est assez bien connue grâce aux travaux d’un historien du 1er siècle de notre ère, Flavius Josèphe. Grâce à lui, on sait que cette forteresse a principalement été bâtie par Hérode le Grand, roi de Judée placé sur le trône de Jérusalem par les Romains.

A l’époque (déjà !), la région était en proie à certaines tensions et l’Égypte menaçait de l’envahir, Hérode avait donc pensé cet endroit comme un refuge potentiel si la paix devait être menacée. Il a été construit entre l’an 37 et l’an 15 avant notre ère.

La Mer Morte et le désert de Judée
La Mer Morte et le désert de Judée

Sur le plan historique, Massada est surtout connue pour un épisode tragique. Quelques décennies après la mort d’Hérode, en l’an 66 de notre ère, débute un conflit surnommé « La Grande Révolte » ou première guerre judéo-romaine. Des tensions naissent entre la population juive vivant en Judée (où se trouve Masada) et les Romains.

De leur côté, les rebelles juifs (les Sicaires ou Zélotes) chassent les Romains de Massada et s’y installent. Quant aux Romains – menés par Titus, qui deviendra plus tard Empereur, ils partent à la conquête de Jérusalem, dont ils parviendront à prendre le contrôle en l’an 70 après avoir détruit le temple d’Hérode (second Temple de Jérusalem).

Beaucoup de Juifs fuient alors la ville et vont se réfugier à Massada. Les Romains mettent un moment à les retrouver mais quand ils le font, ils décident en 72 d’assiéger la citadelle.

Vestiges d'un ancien camp bâti par les assaillants
Vestiges d’un ancien camp bâti par les assaillants

8000 Romains, face à 1000 Sicaires et réfugiés perchés sur leur rocher. Dans un premier temps, les Zélotes ne s’inquiètent pas. Ils disposent d’énormément de réserves d’eau grâce à un système d’irrigation très astucieux (que vous découvrez lors de la visite de Massada) et grâce à ça, peuvent aussi cultiver toutes sortes de denrées comestibles (grenades, céréales, raisin, olives, dattes, etc).

Mais la détermination de Rome est forte et pendant plusieurs mois, les assaillants vont construire une rampe d’accès de plus de 100 mètres de hauteur (et souvenez-vous, on parle d’une époque très ancienne, pas de notre époque moderne où l’on a « l’habitude » d’ériger des gratte-ciel) !

L’histoire raconte que lorsqu’ils enfoncent enfin la muraille, ils découvrent un champ de ruines : les rebelles ont mis le feu à l’ensemble des bâtiments et ont commis un suicide collectif, préférant mourir que se résigner à tomber entre les mains de l’ennemi.

Chaque chef de famille aurait tué ses proches… et les chefs auraient tiré au sort le nom du « dernier survivant », celui qui allait tuer tous les autres avant de se donner la mort. On aurait eu vent de leur destin grâce à de rares survivants, qui se seraient cachés dans les citernes et dont Flavius Josèphe aurait ainsi pu recueillir le témoignage.

Aujourd’hui, Massada a donc une place un peu particulière en Israël. C’est un lieu historique mais elle symbolise aussi pour certains la résistance du peuple juif. De ce fait, c’est l’un des endroits où certains membres de l’armée israélienne prêtent serment.

Il faut toutefois nuancer cet aspect : d’abord, les historiens ne sont pas certains de cette histoire de suicide collectif. Ensuite, les Sicaires n’étaient pas forcément représentatifs du peuple juif de l’époque, Flavius Josèphe (qui lui-même était juif) les présente comme des fanatiques ayant un discours assez extrême.

Vue aérienne du complexe de Massada
Vue aérienne du complexe de Massada

Que voit-on lors de la visite de Massada ?

Déjà, il faut savoir que le site de Masada est extrêmement grand, occupant 276 hectares environ. Il y a non seulement la forteresse elle-même mais aussi tous les alentours, avec les vestiges des différents camps romains découverts à ce jour. Le site a été retrouvé en 1842 et la plus grosse campagne de fouilles a eu lieu entre 1963 et 1965.

Globalement, on distingue aujourd’hui 3 « zones ».

L’accès est du site

C’est le plus populaire. C’est là que l’on trouve le Masada Museum, musée local : l’idée était de présenter à la fois les objets retrouvés par les archéologues lors des fouilles (appartenant aux deux « camps », romain et juif) tout en racontant l’histoire du site et de ses figures marquantes, comme Hérode, à l’origine de sa construction.

C’est aussi là que vous pourrez prendre le téléphérique et le Sentier du Serpent si vous préférez monter à pied (le chemin n’est pas toujours accessible, je vous en parle un peu plus bas dans la partie « pratique » de l’article).

Le téléphérique

L’accès ouest du site

Si vous arrivez de l’autre côté, par la ville d’Arad et non par la Mer Morte, vous pourrez aller voir de plus près les citernes qui permettaient à Masada d’être alimentée en eau quelle que soit la saison. C’est ce qui a permis aux assiégés de tenir si longtemps, en toute autonomie.

D’ailleurs, quand les Romains ont fini par accéder à la citadelle, ils ont retrouvé plein de nourriture, preuve que les assiégés étaient loin d’être à court de vivres. C’est aussi ce qui a alimenté la thèse du suicide collectif : ils ne sont pas morts affamés ou assoiffés mais parce qu’ils auraient refusé de tomber en esclavage.

Justement, les citernes étaient au nombre de 12, pouvant stocker 40000 m3 d’eau. Pour vous donner un point de comparaison, si vous buvez 2 litres par jour, vous consommez seulement 0.002 m3 par jour, il vous faudrait 54795 ans pour épuiser toutes les réserves des citernes. Le dispositif était très ingénieux, avec des barrages au niveau de la rivière au pied des montagnes permettant de diriger le flux vers des canaux qui alimentaient les citernes (creusées dans la roche).

D’autres citernes, sur le plateau montagneux, permettaient d’offrir un « relais » plus proche de la forteresse. Il est probable que des animaux aient été utilisés pour transporter le précieux liquide entre les deux systèmes de citernes.

Au niveau de cet accès ouest du parc national, on vous montre aussi le type d’engin de siège utilisé par les Romains. On trouve un amphithéâtre pouvant accueillir des spectacles son & lumières, le camping de Masada (dont je vous reparle plus bas) et surtout, la « voie romaine ».

C’est la rampe d’accès construite par les Romains sur plusieurs mois pour accéder à la forteresse. Ils avaient exploité un éboulement naturel en entassant de la terre par-dessus et en utilisant des poutres en bois pour maintenir le tout. C’est grâce à cette rampe qu’ils ont pu hisser des engins de siège pour enfin briser la muraille de la citadelle et y pénétrer.

Voie romaine
Voie romaine – © Nis

La forteresse elle-même, en altitude

C’est là qu’il y a le plus de vestiges à observer… et qu’il faut réussir à se projeter car Massada, aujourd’hui, c’est un dédale de murets de pierre sèche (d’où l’intérêt de visiter avec un guide ou audioguide, d’ailleurs !).

Les vestiges de Massada

Le palais d’Hérode s’échelonnait sur 3 niveaux, avec un escalier taillé dans la roche qui permettait de passer de l’un à l’autre. Le plus haut abritait les appartements privés du roi de Judée, avec des pièces ornées de mosaïques et de fresques.

On peut encore en voir des traces, avec ce sol en mosaïque noire et blanche :

Mosaïques du palais d'Hérode

Sur les niveaux inférieurs du palais, on trouvait des espaces de réception, une grande salle entourée de colonnes et décorée de fresques.

Parmi les parties les mieux conservées figurent des bains, où les archéologues ont retrouvé des restes humains, ayant pu être ceux de quelques rebelles. On reconnaît les pièces « traditionnelles » de tout bain romain, avec un vestiaire où l’on se déshabillait (l’apodytérium), un caldarium (partie dédiée aux bains chauds, cf photo ci-dessous), un tepidarium pour les bains de vapeur tiède ou encore un frigidarium (bassin froid). Sans oublier une cour pour les exercices physiques.

Le caldarium du bain romain
Le caldarium du bain romain

Le complexe abritait aussi des lieux religieux, notamment une étable transformée en synagogue par les Sicaires (où l’on a retrouvé de nombreux manuscrits) et une église byzantine avec là encore un sol en mosaïque.

L'église byzantine de Masada
L’église byzantine de Masada

Il y avait également des « entrepôts », une salle que l’on a surnommée la « salle du tirage au sort » car on y a retrouvé des morceaux de poterie portant des noms. Il y avait notamment celui de Ben Yair, connu pour avoir été l’un des leaders des rebelles.

Les historiens ont supposé que ces fragments de poterie avaient peut-être été utilisés pour le fameux tirage au sort précédant le suicide collectif mais ce n’est pas certain.

Vous verrez aussi sur place l’ancien colombarium :

Ancien colombarium de Masada
Ancien colombarium de Masada

Ou encore des maquettes en métal expliquant tout le cheminement de l’eau pour approvisionner les lieux à l’époque. C’est assez visuel pour comprendre la logique du système.

Vous observerez dans certains lieux des lignes noires tracées sur les murs et murets : les professionnels ayant travaillé sur le site pour le restaurer et l’ouvrir au public ont fait le choix explicite de montrer ce qui a été restauré par opposition à « l’original » : la partie inférieure à la ligne noire correspond au décor d’origine, la partie au-dessus de la ligne noire a été reconstituée.

Ligne noire symbolisant la partie reconstituée
Ligne noire symbolisant la partie reconstituée

On trouve à chaque point important du parcours des pancartes explicatives en anglais et en hébreu, et un numéro qui vous permet d’écouter le récit correspondant sur votre audioguide.

C’est une visite que j’ai trouvée extrêmement riche. La vue sur la Mer Morte, le désert, l’aridité de la zone, sont à la fois fascinants et montrent l’exploit qu’a été la construction de ce site. En revanche, si vous ramenez des photos de votre voyage, mieux vaut les « légender » juste après la visite :) J’ai pris beaucoup de clichés de Massada mais j’avoue être parfois perplexe en les revoyant pour resituer à quel endroit du palais ils correspondent, tant il y avait de zones à voir !

Comment visiter Massada ?

Trajet pour aller voir la forteresse

Il est possible d’aller à Massada en bus, en prenant le 444 au départ de la gare routière de Jérusalem. Comptez 1h20 minimum aller et descendez à Haifa Technion, vous serez à deux pas du centre d’accueil des visiteurs. Le bus 486 est une bonne alternative, le trajet est un peu plus long (1h35 minimum).

En voiture, vous mettrez 1h30 en empruntant la route 1 puis la route 90. C’est l’accès le plus courant, la route longe la Mer Morte et vous pourrez vous garer dans le parking est de Masada.

Il existe une alternative moins courante : arriver de l’autre côté de la forteresse, par la route 3199 et la ville d’Arad. Il existe là aussi des parkings sur place et un camping. En effet, il faut savoir que la visite de Massada à l’aube est un incontournable. Les courageux choisissent de commencer la montée à pied pour assister au lever du soleil.

3 solutions pour monter à Masada

Une fois sur place, vous avez à disposition 3 options pour accéder à la forteresse, qui dépendent en partie de l’endroit où vous arrivez.

  • La montée en téléphérique – Le téléphérique part du centre d’accueil des visiteurs, facile d’accès depuis la route 90.
  • Le Sentier du Serpent – Ce chemin est accessible depuis la route 90, au niveau du rond-point qui jouxte le parking. Il est balisé en hébreu et en anglais (« Snake Path »). Comptez 1h dans le sens de la montée, 30 à 45 minutes en descente. Le Sentier est accessible une heure avant le lever du soleil.
  • La voie romaine – Elle part de l’autre côté du site, pour ceux qui arrivent par la route 3199 et la ville d’Arad. Il faut compter 20 minutes de montée. Elle ouvre une demi-heure avant le lever du soleil.

Il faut savoir que lorsqu’il fait chaud (c’est-à-dire à peu près tout le temps à la belle saison, nous sommes dans le désert de Judée !), le Sentier du Serpent ferme aux visiteurs pour éviter les malaises et les insolations. Il ferme souvent en tout début de journée, vers 8h (en cas de chaleur extrême) ou 9h (en cas de grosse chaleur), quand les températures sont encore supportables. L’alternative sera de prendre le téléphérique.

Chemin du Serpent

Se rendre à Masada via une excursion

Vous pouvez découvrir une partie de la forteresse via une visite guidée !

Avec un guide en français, vous pouvez regarder ces excursions recevant de très bons avis de la part des voyageurs :

Vous avez aussi la possibilité grâce à cette excursion par l’agence très réputée Abraham Tours de vivre le lever de soleil depuis Massada, en empruntant le Sentier du Serpent pour monter jusqu’au plateau rocheux. Vous pourrez visiter le site et découvrirez ensuite la réserve naturelle d’Ein Gedi à proximité, avec des bassins d’eau douce où vous pourrez vous baigner… avant de terminer le circuit par une baignade dans la Mer Morte.

Le centre d'accueil des visiteurs à Masada
Le centre d’accueil des visiteurs à Masada

Horaires d’ouverture et billets

En règle générale, le site est ouvert de 8h à 16h entre octobre et mars, et de 8h à 17h entre avril et septembre. Il ferme une heure plus tôt pendant shabbat et parfois à 13h à la période des fêtes juives (vous le constaterez en réservant).

Si vous choisissez d’y aller sans guide, vous pouvez réserver votre entrée à l’avance ici. Le prix dépend de la formule choisie, avec plusieurs possibilités :

  • Monter et descendre à pied par la voie romaine ou le Sentier du Serpent ;
  • Faire un trajet « unique » en téléphérique (et l’autre à pied) ;
  • Tout faire en téléphérique.

Les enfants bénéficient d’un tarif réduit.

Vous choisissez une date, un horaire (pour le Sentier du Serpent, ça commence souvent autour de 4h30 ou 5h00 selon la période) et un nombre de voyageurs. Normalement, il n’y a pas besoin de payer en ligne, vous devrez présenter votre confirmation de réservation et payer sur place.

Installations sur place

Il y a tout ce qu’il faut sur place : le centre d’accueil des visiteurs accueille depuis 2017 le Masada Museum, un musée qui vous raconte l’histoire du site. C’est aussi là que l’on prend le téléphérique. Il y a tout ce qu’il faut à disposition pour se restaurer (cafétéria et restaurant), faire du shopping, aller aux toilettes…

Une fois en haut, il y a aussi de quoi s’hydrater, des zones couvertes de voiles d’ombrage pour essayer de s’abriter du soleil. En effet, le site historique est en grande partie à ciel ouvert, à 450 mètres d’altitude… donc par définition, en plein soleil. Je supporte très bien la chaleur et malgré tout, je peux vous dire que les petites pauses à l’ombre font du bien !

Masada en Israël

Loger à Masada

Comme je l’ai mentionné dans l’article, il existe un camping au niveau de l’accès ouest du site. Il est équipé de toilettes, de douches, de frigos, d’éviers, d’une zone barbecue, il y a de l’eau potable, des tables, de quoi recharger ses appareils électriques… C’est ouvert toute l’année sauf le jour de la fête de Yom Kippour.

L’entrée s’effectue entre 15h et 21h (22h à la belle saison) et vous devrez quitter le camping avant 11h (10h les samedis et jours fériés). Vous pouvez retrouver les prix en bas de cette page et consulter les consignes de réservation en cliquant sur « General Information ».

Il existe une auberge de jeunesse au pied de la forteresse, le Massada Hostel avec piscine extérieure et chambres climatisées. Mieux vaut s’y prendre à l’avance car c’est souvent plein à craquer compte tenu de la proximité avec l’entrée du parc.

Une autre option sympa consiste à loger à Ein Bokek, au bord de la Mer Morte, un peu plus au sud. Il y a notamment l’hôtel Ganim (4 étoiles) et l’hôtel Nevo (5 étoiles).

Si vous préférez être dans un cadre un peu plus « végétal », vous pouvez aussi regarder le Kibbutz Hotel à Ein Gedi, avec piscine et jardins botaniques.

Le site de Massada est tellement vaste qu’il faut honnêtement plusieurs visites (ou plusieurs jours) si vous voulez tout explorer. Cependant, en quelques heures, vous pourrez au moins visiter la forteresse et découvrir son histoire passionnante !


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