Visite du jardin musée Albert Kahn à Boulogne : prix, horaires et photos


Le jardin Albert Kahn à Boulogne-Billancourt (au sud-ouest de Paris) a rouvert ses portes au printemps 2022 après plusieurs années de travaux qui ont permis de proposer un musée moderne, adjacent au jardin.

Ce lieu privilégié pour se ressourcer à deux pas de Paris mérite le détour et aujourd’hui, je vous emmène savourer l’atmosphère tranquille du jardin. Vous retrouverez aussi en fin d’article plein d’informations pratiques pour aller le visiter à votre tour : horaires d’ouverture, prix, réservation, événements, visites guidées…

Le musée Albert Kahn

Pousser la porte du musée, c’est quitter le tumulte francilien pour plonger dans l’histoire d’Albert Kahn, né en 1860.

Fils d’un négociant en bétail alsacien, il grandit dans ce qui était à l’époque l’Allemagne (après l’annexion de l’Alsace et de la Moselle à l’Empire allemand)… avant d’émigrer en France. C’est à ce moment qu’il abandonne son prénom de naissance, Abraham, pour un prénom à consonance plus française, « Albert ».

Les jardins Albert Kahn à Boulogne

Il arrive à Paris à l’âge de 16 ans et, assez vite, trouve un emploi dans une banque et noue sur les bancs de l’école une amitié avec le philosophe Henri Bergson. Il fait fortune assez rapidement, à peine âgé de 30 ans, de l’argent qu’il utilise, année après année, pour soutenir de nombreuses causes (bourses universitaires, aide aux victimes de la Première Guerre Mondiale, etc).

C’est dans ce contexte qu’Albert Kahn s’installe à Boulogne en 1892, en location dans un hôtel particulier qu’il achète en 1895. Une histoire qui rappelle un peu celle du peintre Claude Monet, figure de proue du mouvement des impressionnistes, qui avait acheté sa jolie maison de Giverny après quelques années de location.

Albert Kahn fonde sa propre banque à Paris en 1898 et peu à peu, rachète des parcelles pour agrandir la superficie du parc attenant à sa propriété.

Les jardins Albert Kahn

Ce philanthrope, passionné par les voyages, les sciences et curieux de tout, met sur pied en 1909 un ambitieux projet baptisé « Les Archives de la Planète », collection de milliers d’images censées refléter l’humanité dans ce qu’elle a de riche et divers. Pour mener à bien ce projet « d’inventaire de l’activité humaine », Albert Kahn s’entoure de scientifiques, dont le géographe Jean Brunhes qui se voit confier en 1912 la direction scientifique du projet.

Ensemble, ils envoient des gens sur toute la planète pour collecter des portraits, des images du monde, à une époque où la photographie est loin d’être aussi répandue qu’aujourd’hui !

Les chiffres sont impressionnants : on dénombre dans ces archives 72000 autochromes (l’ancêtre de la photographie couleur), 4000 stéréoscopies (photos en relief) et 180 kilomètres de pellicule de cinéma !

Le musée Albert Kahn en présente une partie sous forme d’exposition mais aussi dans un format moderne, avec des bornes interactives tactiles qui permettent d’en apprendre davantage sur le projet et sur l’entourage d’Albert Kahn.

Musée Albert Kahn

Au fil de la visite des jardins à Boulogne, vous retrouverez aussi d’autres bâtiments aménagés pour présenter ces archives, notamment un cabinet de projection. Albert Kahn organisait en effet régulièrement pour ses invités des présentations privées des « Archives de la Planète », en plus des projections publiques qui avaient lieu dans des institutions comme la Sorbonne.

Le jardin Albert Kahn et ses espaces

Les jardins qu’Albert Kahn a créés sur les 4 hectares qui constituent sa propriété s’inscrivent dans le même esprit que les Archives de la Planète. Ce sont des jardins « de scènes » (grande mode du 19ème siècle), parfois qualifiés de « jardins mappemonde », qui composent différentes ambiances que l’on traverse successivement. Difficile, ici, d’imaginer la proximité avec Paris tant on se sent happé dans une petite bulle de nature…

Fleurs du jardin Albert Kahn

Le jardin anglais

Depuis la rénovation du musée, l’accès au parc s’effectue par le jardin anglais. C’est un type de jardin peu géométrique (par opposition avec les jardins à la française), qui semble conçu pour inspirer les peintres.

Un ruisseau qui cascade en quelques petites chutes d’eau, un pont bordé par gros rochers en hauteur qui dominent une étendue d’herbe où poussent des fleurs variées (jonquilles, crocus, primevères ou encore narcisses) et des plantes. Une ambiance naturelle où l’on s’immerge en arpentant le chemin qui fait le tour du jardin.

Jardin anglais d'Albert Kahn
Jardin anglais d'Albert Kahn

Les forêts de la propriété

En s’enfonçant encore un peu plus dans les profondeurs du jardin, celui-ci se fait plus ombragé, la végétation basse laissant place à de grands arbres et des plantes de sous-bois, comme les fougères.

La forêt vosgienne est reproduite sur 3000 m², une inspiration née de l’enfance alsacienne d’Albert Kahn. Elle jouxte une forêt dorée peuplée de bouleaux et d’épicéas et la reproduction d’un marais, avec ses nénuphars et ses roseaux.

Un peu plus loin, on trouve dans le parc une forêt de cèdres de l’Atlas et d’épicéas du Colorado, dont la teinte bleutée donne au lieu le surnom de « forêt bleue ».

Dans la forêt
Dans la forêt

Au sortir de la forêt, on peut aller découvrir la Salle des plaques, avec des rayonnages où sont entreposées des boîtes d’archives. Tous les documents collectés par Albert Kahn et ses « agents » à chaque voyage ont bien sûr été mis en sécurité, protégés et numérisés pour ne rien perdre… mais les boîtes qui contenaient les plaques autochromes sont exposées.

C’est là, sur une grande table au centre de la pièce, que le banquier choisissait les plaques destinées à être montrées à ses invités lors des séances de projection organisées chez lui. Là, aussi, qu’il planifiait ses futures expéditions !

Si certaines boîtes évoquent des lieux existant encore « en l’état » à notre époque, d’autres reflètent un temps passé. Un temps où l’on parlait encore de « l’Indochine », du « Dahomey » et « d’art nègre »…

Boîtes d'archives au musée Albert Kahn

Le jardin à la française

Le jardin français, au printemps, est encore plongé dans un rythme lent, attendant la grande floraison des rosiers à partir de juin. Il semble occuper le centre du parc, avec des allées bien dessinées, des arceaux autour desquels s’enroulent des rosiers grimpants, des poiriers et pommiers soigneusement taillés…

De nombreux bancs permettent aux visiteurs de prendre une pause méritée au cours de la visite, en s’arrêtant au cœur de la roseraie.

Vue sur la roseraie depuis la terrasse de la serre

Dessiné en 1895 par Henri et Achille Duchêne, ce jardin a été restauré à la fin des années 80. Il est dominé par une grande serre blanche, pourvue d’une terrasse sur laquelle on peut monter pour prendre de la hauteur sur le jardin français, admirer les perspectives et la roseraie.

Dans les ailes de la serre, on découvre l’approche qu’avait Albert Kahn de ses jardins (ceux de la propriété de Boulogne mais aussi ceux du domaine qu’il possédait au Cap-Martin), à travers de belles images des lieux.

Intérieur de la serre

Le jardin japonais

Albert Kahn avait eu un coup de cœur pour le Japon lors de son premier voyage au Pays du Soleil Levant en 1896. Il a fait appel à des artistes nippons pour concevoir cette partie du jardin. On y trouve deux maisons traditionnelles – probablement importées du Japon en pièces détachées et remontées en France, à Boulogne.

Des statues et de petits ruisseaux serpentent à travers des décors ciselés mêlant esthétisme et élégance. Le clapotis de l’eau se mêle au bruissement des bambous…

La quiétude du jardin japonais

Un peu plus loin, un jardin japonais plus contemporain, redessiné dans les années 80 par le paysagiste Fumiaki Takano, offre deux ponts de bois surplombant un joli bassin.

On retrouve les principes essentiels de conception des jardins japonais : des bassins ; des statues ; des pierres de gué et autres « pas japonais » guidant la progression dans le jardin ; des groupes de pierres ; des ponts ; un pavillon de thé ; une porte dite « porte du milieu » ; d’étroits sentiers (« shiki-ishi »)…

Les roches servent à la fois de transition entre deux espaces, de guide pour le visiteur lors de ses balades lorsqu’elles forment des pavés sur lesquels on peut monter. Elles symbolisent aussi les esprits (par exemple, le Bouddha et ses disciples).

L’eau des bassins – peuplés de carpes koï – et petits ruisseaux renvoie à la vie, le « yang », signe de purification et d’harmonie. Même chose pour les formes coniques (en pierre ou sous forme de terre-plein planté de fleurs multicolores).

Les formes coniques du jardin japonais

Le ruisseau d’un côté du jardin symbolise le début de la vie d’Albert Kahn…

Symbole de vie dans le parc du musée Albert Kahn

Tandis que la sphère noire, à l’autre bout du jardin japonais, symbolise la mort.

La sphère noire, symbole de mort

L’idée était de représenter des scènes de la vie d’Albert Kahn, les plus heureuses comme les plus difficiles, à l’instar de sa réussite (une abondance évoquée par la partie la plus large du bassin) ou de sa faillite symbolisée par un (tortueux) mur de pierres roses.

Le mur de pierres roses et la faillite

Comme souvent dans les jardins japonais, on a l’impression que l’espace est très vaste alors qu’il occupe en réalité une superficie limitée. Un effet lié au « shakkei », une manière d’agencer les végétaux et les constructions du jardin pour brouiller les limites des jardins.

Le pont rouge du jardin japonais

Le musée Albert Kahn fait régulièrement venir un maître de l’Urasenke, grande école spécialisée dans la cérémonie du thé à Kyoto, pour organiser une cérémonie du thé traditionnelle dans le pavillon de thé des jardins. En général, cela a lieu au printemps et/ou à la rentrée, le musée communique dessus dans sa rubrique Evénements, dans l’agenda ou sur les réseaux sociaux. Un conseil : précipitez-vous sur les inscriptions, c’est une manifestation très populaire dont les places partent vite !

Une nouvelle mise en lumière

La rénovation du jardin Albert Kahn a duré plusieurs années. Au-delà du réaménagement complet des bâtiments, elle a également permis de revoir totalement les éclairages, avec 450 projecteurs installés dans les jardins et pas loin de 2000 ampoules basse consommation.

Je suis allée visiter les lieux en journée donc je n’ai pas pu profiter de cette « mise en lumière ». Par ailleurs, au printemps et en été, le jardin ferme « trop tôt » par rapport à l’heure du coucher de soleil pour en profiter au quotidien.

L’occasion de signaler qu’il existe souvent une nocturne par mois, lors de laquelle le musée ferme à 22h, si vous voulez aller le découvrir de nuit ! Consultez la rubrique Événements pour en savoir plus.

Un avis sur le musée Albert Kahn

J’avais déjà visité ce jardin avant sa rénovation et il figure parmi mes espaces de nature préférés autour de Paris, avec le sublime Parc de Bagatelle à Neuilly-sur-Seine ou encore le Parc de l’Amitié (à Rueil-Malmaison), petit havre de paix de 1.5 hectare non loin du Parc des Impressionnistes, avec un jardin japonais et un jardin zen.

A l’heure où il a rouvert ses portes, on ne peut que constater que le jardin a gardé son esprit, ses couleurs et ses parfums. L’odeur de la terre ou des sous-bois et celle, légère et apaisante, des fleurs… Il a gardé, aussi, cette harmonie qui lui est propre, semblant mélanger les influences sans que cela paraisse discordant ou insolite. J’ai eu beaucoup de plaisir à y faire mon retour.

La serre, comme l’entretien du jardin, ont reçu un bon « coup de frais » dont ils avaient vraiment besoin.

Le jardin japonais

Le musée avait grand besoin d’être repensé et l’architecte japonais Kengo Kuma a su créer des espaces agréables et modernes, bien loin du côté poussiéreux qu’avait l’ancien espace.

Si j’ai beaucoup aimé découvrir les multiples images des Archives de la Planète, la beauté des portraits et des lieux capturés, j’ai trouvé qu’il manquait un peu de « storytelling » pour vraiment immerger le visiteur dans l’histoire d’Albert Kahn.

L’homme est, pour beaucoup, un illustre inconnu. On a envie de savoir comment lui est venue l’idée de ce jardin, comment il l’a créé au fil du temps, comment l’homme a peu à peu bâti en parallèle un empire financier (qui s’est hélas effondré lors du krach boursier de 1929, 11 ans avant la mort d’Albert Kahn) tout en développant un rôle de philanthrope et en collectant des traces de la culture humaine sur la planète.

On obtient des réponses par bribes, parfois un peu trop brèves ou arides à mon goût.

Informations pratiques sur le musée et son parc

Déjà, voici pour info un plan du parc :

Plan du parc et du musée Albert Kahn près de Paris
Plan du parc et du musée Albert Kahn près de Paris

Comment aller sur place ?

Le jardin Albert Kahn se situe au 2 Rue du Port à Boulogne-Billancourt, juste à côté du métro « Boulogne Pont de Saint-Cloud » (ligne 10). L’accès est donc très facile depuis Paris. Il est également accessible depuis le tramway T2, station Pont de Saint-Cloud, en traversant le pont à pied.

Il est desservi par plusieurs lignes de bus (17, 52, 72, 126, 160, 175, 260, 460, 467).

Si vous venez en voiture, il y a un parking Zenpark au 12 allée Marcellin Berthelot.

Horaires d’ouverture du jardin Albert Kahn

Le musée est ouvert du mardi au dimanche :

  • Entre octobre et mars, de 11h à 18h.
  • Entre avril et septembre, de 11h à 19h.

Il est fermé le 1er mai, le 25 décembre ainsi que la première quinzaine du mois de janvier.

Tarif et réservation des billets

La visite du jardin est payante, le billet donne droit à l’accès au musée et au parc. Vous pouvez soit acheter un billet ponctuel (8€ pour les adultes, 5€ en tarif réduit pour les familles nombreuses), soit prendre un abonnement à l’année pour y aller en illimité pour 25€.

Comme dans la plupart des musées de Paris et sa région, les moins de 26 ans, enseignants, demandeurs d’emploi, personnes handicapées, journalistes ou encore guides-conférenciers bénéficient d’un accès gratuit.

Je vous conseille fortement de réserver en ligne avant votre visite, en particulier le week-end et pendant les vacances scolaires, pour être sûr de pouvoir entrer.

Fleurs du jardin Albert Kahn

Visites guidées et autres infos pratiques

Vous trouverez sur place une boutique, des toilettes mais pas d’endroit pour se restaurer. A ce propos, le jardin est un lieu de promenade et de repos, il n’est pas permis d’y organiser des pique-nique. De même, vous ne pouvez pas y circuler en vélo ou en trottinette.

En revanche, il y a tout ce qu’il faut dans le quartier ! Le bistrot « Le Garde-Manger » (de l’autre côté du Pont de Saint-Cloud) est une bonne adresse, il y a aussi pas mal de brasseries si vous voulez prendre un verre ou manger dans le coin.

Il y a beaucoup d’événements organisés sur place, pour les petits comme pour les adultes : cours de yoga dans les jardins, contes pour enfants, ateliers créatifs, expositions, visites sensibles (destinées aux publics malvoyants mais ouvertes à tous, elles permettent de visiter les jardins en mobilisant d’autres sens que la vue), visites en LSF.

Vous pouvez retrouver les visites directement sur la billetterie en ligne ou, pour certaines, dans l’agenda.

Pont du jardin Albert Kahn

Si vous venez avec des enfants en bas âge à une période de forte fréquentation, comme le week-end par exemple, il est possible que l’on vous demande de laisser la poussette au vestiaire du musée. Pensez à venir avec un porte-bébé pour plus de confort !

Enfin, même si ma description peut laisser entendre qu’il y a des heures de balades à faire dans le parc, les jardins se visitent en réalité assez rapidement, en 1h30 à 2h00 !

J’espère que toutes ces informations vous permettront d’aller découvrir ou redécouvrir le musée Albert Kahn après sa réouverture ! C’est un espace propice à de reposantes balades, un lieu proche de Paris qu’ont arpenté bien des visiteurs de prestige : Colette, Rodin, Tagore et Anatole France sont quelques-uns de ceux qui en ont aimé les allées. A vous, peut-être, de les rejoindre ?


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