Cathédrale de Chartres : visite et histoire d’un monument remarquable


Aujourd’hui, direction la cathédrale de Chartres pour une visite riche en histoire et en découvertes ! Emblème de la ville, la cathédrale de Chartres est instantanément reconnaissable à son toit vert, sa situation sur les hauteurs, son parvis bordé de restaurants qui donnent une atmosphère conviviale au lieu…

Nous allons découvrir ensemble ses secrets : son labyrinthe, ses vitraux, sa charpente métallique et son architecture. Une visite du sol aux hauteurs ! Je vous donnerai également quelques informations pratiques pour préparer votre propre visite : horaires d’ouverture, visites guidées, illuminations, etc.

La cathédrale de Chartres, une longue histoire de ténacité

Impossible de passer à côté de quelques bribes d’histoire sur la cathédrale de Chartres mais vous le savez si vous lisez ce blog régulièrement, je n’aime pas les listes de dates ennuyeuses… alors nous allons explorer le passé à travers quelques anecdotes marquantes !

L'une des façades de la cathédrale de Chartres
L’une des façades de la cathédrale de Chartres

Il faut savoir que la cathédrale actuelle est loin d’être la première cathédrale de Chartres ! La ville aurait possédé une cathédrale dès le milieu du 4e siècle mais la date de construction des premières cathédrales est souvent nimbée d’un certain mystère. En effet, par la suite, chaque ville a cherché à affirmer qu’elle avait été LA première à se convertir au christianisme. On a donc vogué de surenchère en surenchère quant à l’identité de celui qui avait « la cathédrale la plus ancienne »… et Chartres se disputait l’honneur avec la Cathédrale Saint-Étienne de Sens.

Toujours est-il qu’il y a eu une première cathédrale, détruite par les Wisigoths ; puis une deuxième, détruite par les Vikings ; une troisième, incendiée pendant une guerre entre le comte de Chartres et le duc de Normandie ; une quatrième, détruite par un incendie après avoir été frappée par la foudre.

A ce stade, on commence à se dire que les bâtisseurs possédaient une bonne dose de ténacité pour reconstruire à chaque fois un édifice malgré son destin si précaire.

Vous vous en doutez, s’il existe une cathédrale de Chartres aujourd’hui, c’est qu’il y a eu d’autres constructions, à commencer par une cinquième cathédrale, celle de l’évêque Fulbert, au 11e siècle. C’était une cathédrale de style roman, avec une crypte qui existe encore de nos jours. Comme ses ancêtres, cette cinquième cathédrale a connu un destin complexe.

Détail intérieur de la cathédrale de Chartres
Détail intérieur de la cathédrale de Chartres
Détail intérieur de la cathédrale de Chartres
Détail intérieur de la cathédrale de Chartres

En 1134, un incendie majeur ravage la ville de Chartres, rasant des terrains entiers… mais la cathédrale de Fulbert tient debout. On décide donc de « profiter de l’occasion » (si ironique soit-elle) pour agrandir la cathédrale sur les terrains libérés par l’incendie et construire le portail royal (par lequel vous entrez aujourd’hui pour visiter la cathédrale de Chartres).

J’aurais aimé vous proposer un rebondissement original mais l’histoire se répète parfois de manière déroutante et 60 ans plus tard, un nouvel incendie survient. La cathédrale de Fulbert est cette fois-ci lourdement endommagée, même si la crypte, les deux tours et la façade ouest (avec le portail royal) survivent.

On commence aussitôt à reconstruire une sixième version de la cathédrale (ou une septième, si l’on prend en compte les ajouts effectués lors de l’incendie de 1134). Les historiens ont très vite remarqué que la reconstruction avait débuté anormalement vite après l’incendie, ce qui n’était pas habituel pour l’époque (on ne disposait pas de tous les outils de modélisation que l’on possède aujourd’hui).

Ils ont donc conclu que soit la cathédrale de Chartres était déjà en chantier au moment de l’incendie et que l’incendie est la conséquence malheureuse d’un accident de chantier, soit que c’était un incendie volontaire dans un contexte de discorde interne.

Toujours est-il que cet épisode a permis de lancer une reconstruction, placée sous le signe du gothique. Elle a été rapide pour l’époque : en moins de 30 ans, la cathédrale de Chartres était de nouveau opérationnelle… et en 66 ans, elle a été entièrement rebâtie, vitraux inclus.

Nous sommes en 1260, il reste donc de longs siècles à retracer avant d’arriver à notre époque mais la suite, je vais vous la raconter au fil de la visite de la cathédrale de Chartres car c’est dans les mêmes murs que nous marchons aujourd’hui !

Intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Chartres
Intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Chartres

Sur les hauteurs de la cathédrale de Chartres

La cathédrale de Chartres propose une visite guidée passionnante des grands combles, qui vous emmène sur les hauteurs de la cathédrale. Elle offre une perspective unique sur la manière dont les vitraux sont posés et restaurés, sur les éléments architecturaux qui permettent à la cathédrale de soutenir son propre poids. On découvre aussi les secrets des tours et bien sûr, la fascinante charpente métallique de la cathédrale.

Cette manière inhabituelle de démarrer la visite permet d’appréhender de manière originale ce qui fait les spécificités de la cathédrale de Chartres et de regarder ensuite d’un œil neuf l’intérieur de l’édifice !

La visite guidée débute par le transept nord. On gravit avec un plaisir non dissimulé l’étroit escalier en colimaçon dissimulé par les murs de pierre jusqu’à un premier arrêt. Nous nous trouvons derrière des vitraux de la cathédrale de Chartres, un angle sous lequel on n’a pas l’habitude de les découvrir.

Derrière les vitraux de la cathédrale de Chartres
Derrière les vitraux de la cathédrale de Chartres

Les vitraux de la cathédrale de Chartres

La cathédrale compte 2600 m² de vitraux, datant pour la plupart des 12e et 13e siècles. Il est rare qu’une telle surface de vitraux du Moyen-Âge parvienne jusqu’à notre époque dans un tel état de conservation.

Les 3 lancettes de la façade ouest, par laquelle vous entrez, figurent parmi les vitraux les plus anciens encore présents, ils datent du milieu du 12e siècle. Ils ont été installés après l’incendie de Chartres en 1134.

La rose qui les surplombe, représentant le Jugement dernier, a été ajoutée en 1215. En effet, suite à l’incendie ayant endommagé la cathédrale de Fulbert en 1194, on en a profité pour rehausser la nef. On disposait donc d’un espace supplémentaire en façade, où cette rose a été ajoutée.

La rose du Jugement dernier de la cathédrale
La rose du Jugement dernier de la cathédrale
Vitraux du transept nord de la cathédrale de Chartres
Vitraux du transept nord de la cathédrale de Chartres

Quand on contemple les vitraux de Chartres « de dos » comme nous le faisons lors de cette visite guidée de la cathédrale de Chartres, on constate qu’ils sont constitués de plusieurs panneaux permettant une pose « morceau par morceau » de chacune des baies.

Les vitraux ont été une innovation architecturale en leur temps. Au départ, à l’époque des cathédrales romanes, on ne savait pas du tout apporter de la lumière dans les églises sans déséquilibrer la structure des édifices, on privilégiait donc les fresques pour décorer les lieux. L’époque gothique a cherché à apporter de la luminosité. Mais comment faire de grandes ouvertures dans les murs sans fragiliser le bâtiment entier ?

On a commencé à créer des arcs brisés à la place des arcs en plein cintre… et des croisées d’ogives à la place des voûtes. Si vous n’y connaissez rien à l’architecture, l’arc en plein cintre avait une forme circulaire alors que l’arc brisé est « en pointe ». De même, les voûtes romanes étaient de simples « arrondis » du plafond reposant sur de gros piliers… alors que les voûtes gothiques entrecroisent différents arcs.

Voûte romane vs. croisée d'ogives gothique
Voûte romane vs. croisée d’ogives gothique – © Académie de Toulouse

Cela permet de répartir le poids différemment. On a alors plus de latitude pour ouvrir les murs sans que l’ensemble de l’édifice ne risque de s’écrouler. C’est ainsi que les vitraux ont pu se développer.

Vous allez découvrir exactement comment ils sont fixés, comment ils ont été réparés au fil du temps avec du plomb et comment ils se dégradent avec le temps, notamment à cause de l’oxydation liée aux matériaux utilisés.

Vous allez aussi repérer une numérotation sur les vitraux (cercle gris sur la photo ci-dessous). Il faut savoir que pendant la Première Guerre Mondiale, la cathédrale de Reims a été ravagée par un bombardement allemand, qui a beaucoup marqué les esprits. Cela a poussé Chartres à réfléchir à un véritable plan de sauvegarde de ses propres vitraux. Pendant l’entre-deux-guerres, ils ont ainsi fait des tests de dépose des vitraux, fait construire des caisses de protection.

Détail extérieur des vitraux de Chartres
Détail extérieur des vitraux de Chartres

Lorsque la situation a commencé à se dégrader en France au début de la Seconde Guerre Mondiale, la ville a décidé de ne prendre aucun risque : les vitraux de la cathédrale de Chartres ont connu un démontage express en seulement 12 jours durant l’été 1939.

J’ai trouvé cette durée fascinante quand on voit la taille du monument et le nombre impressionnant de vitraux qu’il contient (172 baies, dont vous pouvez avoir un panorama assez détaillé sur Wikipédia).

Les vitraux ont été soigneusement protégés, il a fallu pas moins de 900 caisses pour les conserver. Au départ, on a stocké ces caisses dans la crypte (la fameuse crypte qui avait résisté à plusieurs siècles de bouleversements !). Les troupes allemandes se rapprochant, on a ensuite décidé de déplacer les caisses dans le Sud de la France. Il y en avait tellement que la ville n’a pas eu le temps de tout évacuer… mais un peu moins de 600 caisses sont tout de même parties en train vers le Périgord.

Elles ont été cachées dans les carrières souterraines du château de Fongrenon pendant toute la durée de la guerre. Les ouvertures de la cathédrale avaient, pendant ce temps, été bouchées avec du vitrex. Même si la protection n’a pas été optimale (il a ainsi neigé dans la cathédrale durant les hivers 1943 et 1944 !), cela a tout de même permis de sauver des vitraux d’une valeur historique inestimable, qui auraient sans nul doute explosé à cause du souffle des bombes.

Une fois le conflit terminé, on a remonté les vitraux… ce qui a cette fois-ci exigé quelques années de travail !

Les vitraux anciens font l’objet depuis 2012 d’une grande campagne de restauration, c’est donc une chance d’avoir pu voir des vitraux non restaurés car on comprend mieux les dégâts que produit l’âge : le noircissement de certaines zones, les éclats de verre brisés avec des traces de réparations (flèche sur la photo ci-dessus) qui affectent la lisibilité globale du vitrail…

Aujourd’hui, on protège l’extérieur des vitraux des intempéries en les « doublant » (un peu sur le même principe que le double vitrage, avec une lame d’air d’environ 5 cm entre le vitrail d’origine et sa protection extérieure) : ainsi, on préserve la luminosité du vitrail tout en le mettant à l’abri des assauts du vent, du soleil et de la pluie.

Les tours de la cathédrale de Chartres

On accède ensuite à une partie du toit de la cathédrale qui permet de prendre de la hauteur et d’admirer les deux tours asymétriques de la cathédrale de Chartres.

Tours de la cathédrale de Chartres
Tours de la cathédrale de Chartres
Parvis de la cathédrale de Chartres
Parvis de la cathédrale de Chartres

Si elles ne se ressemblent pas, c’est tout simplement parce qu’elles n’ont pas la même histoire. La tour la plus basse est la tour sud, que l’on appelle le « clocher vieux ». Elle mesure environ 105 mètres et a été construite entre 1142 et 1170, à l’époque où l’on a retravaillé la façade ouest suite au grand incendie de Chartres de 1134.

La tour la plus haute est « hybride » : en effet, sa partie basse (premier et deuxième étages) a été construite après l’incendie de Chartres ; le troisième étage a été ajouté lors du rehaussement de la nef après l’incendie « suspect » de 1194 ; et le clocher, initialement en bois, a été détruit par un énième incendie en 1506 et remplacé par un clocher de style gothique flamboyant imaginé par le célèbre Jehan de Beauce. La tour nord – le « clocher neuf » – arrive donc aujourd’hui à une hauteur de 115 mètres.

Chose passionnante, on observe çà-et-là des éléments architecturaux qui laissent deviner qu’il y a eu, à une époque, d’autres projets architecturaux… comme ici où l’on distingue des pierres d’attente à côté de la tourelle, des pierres saillantes qui semblent attendre une future construction.

Le toit vert de la cathédrale de Chartres avec des pierres d'attente au fond
Le toit vert de la cathédrale de Chartres avec des pierres d’attente au fond

Depuis la galerie qui borde le toit de la cathédrale de Chartres, on jouit d’une perspective idéale pour observer les arcs-boutants, certains étant très peu visibles depuis le sol.

Les toits de la cathédrale de Chartres
Les toits de la cathédrale de Chartres

On profite aussi du panorama sur la ville, notamment la jolie silhouette de l’hôtel des Postes de Chartres ou encore le Centre international du vitrail à Chartres, que vous pouvez visiter ensuite pour parfaire votre compréhension de cet art riche et ancien.

Centre international du vitrail à Chartres
Centre international du vitrail à Chartres

Nous rejoignons ensuite la tour nord par un nouvel escalier, la tour qui a connu la plus forte « hybridation architecturale » entre époques. On y distingue les anciennes ouvertures de ce qui était autrefois le sommet de la tour.

Escalier vers les tours de la cathédrale Notre-Dame
Escalier vers les tours de la cathédrale Notre-Dame
Ouverture de la tour nord
Ouverture de la tour nord

La charpente métallique de la cathédrale de Chartres

C’est par l’une de ces ouvertures que nous passons pour accéder à un lieu magnifique : la charpente métallique de la cathédrale de Chartres. Autrefois, comme Notre-Dame de Paris, comme tant d’autres cathédrales, celle de Chartres a possédé sa « forêt », une charpente en bois de châtaignier.

Hélas, en 1836, le sort frappe à nouveau. Deux plombiers sont en train d’intervenir dans les combles, ils ont des travaux de soudure à effectuer et ont allumé de petits réchauds. Faisant preuve de négligence, ils les laissent sans surveillance un moment. Malheureusement, il y a du vent… et une bourrasque s’engouffrant dans les combles fait voltiger des braises.

La charpente en bois, très sèche, s’embrase aussitôt. L’incendie est spectaculaire : le plomb qui compose le toit se met à fondre, les cloches chutent presque toutes sauf une résistante, le timbre (la seule cloche « laïque » de la cathédrale puisqu’elle servait juste à sonner les heures depuis 1520).

Lorsque les derniers débris fumants s’éteignent, la « forêt » a disparu ainsi que les cloches anciennes de la cathédrale. Les dégâts (et la perte historique) sont colossaux. L’architecte Edouard Baron va alors décider de rebâtir non pas une charpente en bois, mais une charpente métallique.

Une décision motivée en partie par la rapidité avec laquelle on souhaitait reconstruire le toit, pour éviter que l’intérieur de la cathédrale ne soit endommagé. C’est un lieu d’une beauté singulière.

Charpente métallique de la cathédrale de Chartres
Charpente métallique de la cathédrale de Chartres – Grands combles

Bien sûr, on ne peut pas le comparer avec une forêt et ce qui manque le plus, c’est cette odeur de vieux bois sec que l’on ressent en allant explorer les charpentes des cathédrales anciennes (j’en garde un souvenir très fort lors de ma visite de la cathédrale de Winchester par exemple).

Mais à sa manière, la charpente métallique de la Cathédrale de Chartres est d’une grande beauté architecturale. On a l’impression qu’elle ressemble à une coque de bateau inversée. Elle allie deux matériaux, la fonte et le fer, possédant chacun des propriétés différentes (une résistance plus ou moins forte à la torsion notamment).

On recouvre le tout de cuivre, en lieu et place du plomb disparu. Pas moins de 11000 plaques de cuivre sont utilisées. Beaucoup de touristes à Chartres s’interrogent sur le toit vert de la cathédrale de Chartres, c’est tout simplement le fruit de l’oxydation du cuivre. Confronté à l’humidité, le cuivre développe une couche vert bleu que l’on appelle le « vert-de-gris ».

D’ailleurs, si vous prêtez attention aux différentes toitures, vous verrez qu’elles ne sont pas toutes exposées au vert-de-gris avec la même intensité, certaines ont gardé une couleur beaucoup plus proche de la couleur d’origine car elles sont moins exposées aux intempéries, comme on l’aperçoit ici :

Les toits et arcs-boutants de la cathédrale de Chartres
Les toits et arcs-boutants de la cathédrale de Chartres

Quant aux cloches détruites par l’incendie, elles ont été remplacées. Les deux plus grosses, créées en 1840 par les frères Cavillier d’Amiens, se prénomment Marie et Joseph. Elles sont aidées dans leurs missions par quatre cloches de 1845 issues de la fonderie Petitfour frères : Anne, Élisabeth, Fulbert et Pia.

Les pierres de la cathédrale de Chartres

Nous quittons les hauteurs de la cathédrale de Chartres pour revenir au sol… mais l’escalier permet d’observer une autre curiosité : des « marques de tâcheron ».

Aujourd’hui, le terme « tâcheron » a pris une connotation péjorative mais autrefois, il désignait simplement des ouvriers spécialisés payés à la tâche. Ce sont des compagnons payés sur ce modèle qui ont posé bon nombre de pierres de la cathédrale de Chartres et pour « signer » leur travail (donc être rémunérés), ils gravaient des formes dans la pierre, comme celles que vous pouvez voir ci-dessous.

Marque de tâcheron, cathédrale de Chartres
Marque de tâcheron, cathédrale de Chartres
Marque de tâcheron, cathédrale de Chartres
Marque de tâcheron, cathédrale de Chartres

La pierre est principalement issue des carrières de Berchères-les-Pierres, commune située à seulement 5 km de Chartres. C’est une pierre très résistante, avec une très bonne étanchéité… mais, de fait, plus dure à sculpter que les autres. Pour cette raison, dans d’autres édifices elle a surtout été utilisée pour des fondations ou du « gros-œuvre » voué à durer dans le temps, alors qu’on utilisait un calcaire plus malléable pour les sculptures et ornements.

A Chartres, la pierre de Berchères constitue pourtant l’essentiel de la pierre utilisée même si l’on a aussi repéré d’autres types de matériaux :

  • Du calcaire lutécien issu des anciennes carrières de Paris pour sculpter les portails, on le reconnaît à sa teinte un peu plus jaunâtre que la pierre de Berchères ;
  • De la pierre de Vernon, fine et tendre, pour sculpter la clôture du chœur.

L’intérieur de la cathédrale de Chartres

La cathédrale de Chartres possède de belles dimensions : longue de 130 mètres, avec une nef de 44 mètres, large de plus de 63 mètres au niveau du transept, avec une hauteur sous voûte de plus de 37 mètres. On perçoit dès l’entrée cette impression d’espace.

Par comparaison, Notre-Dame de Paris affiche une longueur de 127 mètres, une largeur de 48 mètres et une hauteur sous voûte de 33 mètres au niveau de la nef et du chœur.

Architecture d'un transept de la cathédrale de Chartres
Architecture d’un transept de la cathédrale de Chartres

Evidemment, le regard est aussitôt attiré par les vitraux et ce qui a fait leur célébrité : le « bleu de Chartres », une couleur assez incroyable, profonde, riche, inventée lors du chantier de la basilique Saint-Denis près de Paris en 1140.

Impossible de vous raconter tous ces vitraux, il faudrait un roman !

Retenez cependant quelques points marquants :

  • Les trois grandes roses : je vous ai parlé de la rose du Jugement dernier ornant la façade ouest, il y a aussi la rose de la Vierge à l’Enfant (au nord) et la rose du Christ triomphant (au sud).
  • Les vitraux racontent une histoire qui tient compte de leur localisation : ainsi, les vitraux les plus à l’est (zone où se lève le soleil) tendent à évoquer la Genèse tandis qu’en allant vers l’ouest et le crépuscule, les thématiques se tournent vers le Jugement dernier ; de même, le bas des vitraux tend à dépeindre des scènes de vie tandis que le haut, plus « grandiose », sert à asseoir la grandeur de l’église.
  • Ces histoires permettaient autrefois de « donner vie » aux récits des religieux à une époque où la plupart des gens du peuple ne savaient pas lire. Cela permettait de leur raconter sous une forme imagée tous les épisodes clés de la Bible, un bon moyen de marquer les esprits.
  • Quand vous regardez la façade ouest (par laquelle vous êtes entré), vous observez la rose du Jugement dernier et, dessous, trois lancettes. Celle de droite montre l’arbre de Jessé, une sorte de représentation de l’arbre généalogique de Jésus. C’est la plus ancienne représentation qui en existe, ce vitrail date de 1145.
  • Dans le déambulatoire (la partie au fond de l’église qui fait le tour du chœur), vous pouvez admirer Notre-Dame de la Belle-Verrière, splendide illustration de l’usage du bleu de Chartres.

Jeu amusant aussi pour occuper les enfants et les grands : rechercher des représentations de métiers sur les vitraux. En effet, pour financer la cathédrale de Chartres actuelle, on a mobilisé de nombreux donateurs. Certains étaient tout simplement des nobles fortunés, d’autres étaient des corporations ou des confréries professionnelles.

Pour rendre hommage à ces donateurs, on les a représentés sur certains vitraux, c’est ainsi que vous retrouvez bon nombre de métiers du 13e siècle, notamment des boulangers, des maçons, des charpentiers, des laboureurs, des vignerons, des tailleurs de pierre ou encore des menuisiers.

La cathédrale de Chartres et son labyrinthe

Si vous visitez la cathédrale du samedi au jeudi, vous ne prêterez pas forcément attention au sol recouvert de chaises. Mais le vendredi, on repousse les chaises pour dévoiler un labyrinthe de pierre dessiné dans le sol même de la cathédrale.

Ici, la pierre de Berchères dont je vous ai déjà parlé a été mélangée avec un marbre noir des Ardennes pour esquisser un parcours de 12,89 mètres de diamètre.

Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres
Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres

Il a pour les Catholiques une symbolique particulière : il représente une marche et une méditation vers Dieu, tout en étant le symbole de l’existence humaine qui, en dépit de sa complexité et de ses circonvolutions, mène à l’apaisement grâce à la présence divine.

Il paraît aussi qu’en projetant la rose du Jugement Dernier au sol, elle se superpose directement avec le labyrinthe, ajoutant à la symbolique de l’ensemble : marcher jusqu’au centre du labyrinthe de la cathédrale de Chartres serait ainsi une forme de « traversée des enfers » jusqu’au Jugement Dernier, qui ouvre la voie à la résurrection.

Les visiteurs qui souhaitent prendre un temps de recueillement sont invités à arpenter ce labyrinthe. La marche se fait à son rythme, dans le respect des autres et de leur démarche intérieure.

Le chœur et le déambulatoire

Le chœur lui-même abrite un maître-autel du 18e siècle représentant l’Assomption de Marie. La vie de la Vierge est racontée sous forme de bas-relief en marbre.

Maître-autel de la cathédrale de Chartres
Maître-autel de la cathédrale de Chartres

Le chœur est entouré par une clôture somptueuse de 6 mètres de hauteur. Quand on parle de clôture dans une église, il s’agit d’un mur permettant de bien délimiter les espaces : le chœur, au milieu ; le déambulatoire, autour. Ce dernier permet à la fois d’organiser des processions et de guider le trajet des pèlerins tout autour du chœur.

Dans la cathédrale de Chartres, le tour du chœur est orné d’innombrables sculptures. On doit leur naissance à Jehan de Beauce. Elles racontent la vie de Jésus et Marie. La partie nord est la plus ancienne.

Tour du choeur de la cathédrale de Chartres
Tour du choeur de la cathédrale de Chartres

Le motif se lit sur différents niveaux :

  • Un soubassement très sobre ;
  • Une claire-voie avec des pilastres à arabesques ;
  • Des niches, avec une quarantaine de scènes, depuis l’annonce de la naissance de Marie jusqu’à son assomption et son couronnement.
  • Le couronnement, justement, est le quatrième niveau de la clôture de chœur, au-dessus des niches : il comporte des baldaquins formant comme une dentelle.

Vous observerez aussi, au sud, une très belle horloge astronomique de 1528 (son mécanisme d’origine a été remplacé en 2009 par un mécanisme électrique).

Horloge astronomique de Notre-Dame de Chartres
Horloge astronomique de Notre-Dame de Chartres

Vous croiserez de nombreuses chapelles lors de votre visite de la cathédrale de Chartres. Voici par exemple la Chapelle Notre-Dame du Pilier. La Vierge, en bois de poirier, daterait du début du 16e siècle. Au fil du temps, son visage – tout comme celui de l’Enfant Jésus – a perdu sa couleur d’origine, reprenant la teinte du bois. C’est pourquoi l’on parle souvent de « Vierge noire » pour la désigner.

Chapelle Notre-Dame du Pilier à Chartres
Chapelle Notre-Dame du Pilier à Chartres

Ci-dessous à gauche, c’est la chapelle axiale des Apôtres. Une originalité de la cathédrale de Chartres par rapport à toutes les cathédrales dont la chapelle axiale est habituellement dédiée à la Vierge.

Et à droite, il s’agit de la Chapelle des confesseurs.

Chapelle axiale des Apôtres à Chartres
Chapelle axiale des Apôtres à Chartres
Chapelle des confesseurs à Chartres
Chapelle des confesseurs à Chartres

La relique la plus célèbre abritée par la cathédrale de Chartres est le « voile de la Vierge », offerte à Charlemagne par l’empereur d’Orient. Ce voile serait celui qui aurait été portée par la Vierge Marie lors de l’Annonciation, il a donc une immense valeur symbolique pour les chrétiens. Il est exposé dans le déambulatoire, au niveau de la chapelle des Martyrs.

Avant de sortir de la cathédrale, prenez le temps d’observer les espaces de recueillement propices à l’apaisement (y compris quand on n’est pas catholique ou que l’on est athée !).

Vous regarderez sans doute aussi le grand orgue de la cathédrale ; il date de 1971, il a dû être reconstruit car malheureusement, l’ancien instrument s’était énormément dégradé.

L’extérieur de la cathédrale de Chartres

En complément de la visite guidée des grands combles de la cathédrale de Chartres qui permet de repérer une foule de détails architecturaux extérieurs, prenez le temps de faire le tour de la cathédrale à pied. Il y a en effet beaucoup de choses à observer sur les façades elles-mêmes.

Il existe énormément de sculptures et de détails, avec des scènes bibliques célèbres, des colonnettes sculptées, des représentations des signes du zodiaque ou des arts (on repère par exemple Aristote, Pythagore, Euclide, Cicéron ou encore Ptolémée).

Ici par exemple, le portail sud avec une représentation du Jugement Dernier :

Le portail du Jugement dernier à Chartres
Le portail du Jugement dernier à Chartres

Ici, une partie de la façade ouest montrant une scène de l’Apocalypse, avec le Christ entouré du tétramorphe (animaux ailés symbolisant les quatre évangélistes).

Christ et tetramorphe, Chartres
Christ et tetramorphe, Chartres

Ici, la façade nord avec le pavillon de l’horloge, qui abrite un très beau cadran d’horloge construit par Jehan de Beauce en 1520.

Pavillon de l'Horloge - Cathédrale Notre-Dame de Chartres
Pavillon de l’Horloge – Cathédrale Notre-Dame de Chartres

La cathédrale de Chartres est construite en hauteur, on la voit donc très bien depuis le reste de la ville. Vous pouvez la photographier avec le nom de la ville de Chartres depuis la place Châtelet.

Vous avez aussi une jolie vue sur la cathédrale depuis les bords de l’Eure, par exemple au niveau de la rue du Pont Saint-Hilaire ou de la rue de la Porte-Guillaume.

La cathédrale de Chartres est inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco et il faut saluer une belle initiative, qui vise à protéger les plus beaux points de vue sur l’édifice : une directive paysagère, qui a pour but de réguler les constructions dans un périmètre de 25 kilomètres autour de la cathédrale, pour que l’on puisse encore l’admirer sans être gêné par des constructions anarchiques.

Il y a par exemple de jolies photos à faire (avec un bon téléobjectif !) depuis la départementale 906 en descendant vers Chartres, on a l’impression que la cathédrale émerge des champs de blé. C’est un motif de carte postale très populaire, d’ailleurs !

Plus proche de Chartres, vous pouvez contourner la cathédrale en direction du musée des Beaux-Arts, vous verrez en contrebas le labyrinthe des Jardins de l’Évêché.

La cathédrale de Chartres vue depuis la place du Châtelet
La cathédrale de Chartres vue depuis la place du Châtelet

Visite de la cathédrale de Chartres : horaires d’ouverture et infos pratiques

La cathédrale de Chartres est facile d’accès car située en plein cœur de la ville. Pour vous donner une idée, il faut compter moins de 10 minutes à pied pour la rejoindre depuis la gare de Chartres. L’adresse exacte de la cathédrale est la suivante : 16, Cloître Notre-Dame.

Sur le parvis de la cathédrale et autour, vous trouverez plein de petits cafés et restaurants. Je vous recommande le Café Bleu (côté sud de la cathédrale), Esprit Gourmand ainsi que Le Pichet 3 (côté nord).

La cathédrale possède une boutique bien garnie, où vous trouverez de quoi acheter des souvenirs (religieux ou non).

Ambiance autour de la cathédrale de Chartres
Ambiance autour de la cathédrale de Chartres

Horaires d’ouverture de la cathédrale de Chartres

La cathédrale est ouverte tous les jours de 8h30 à 19h30 en règle générale, avec des nocturnes en été (chaque mardi, vendredi et dimanche, la fermeture s’effectue à 22h).

Si vous souhaitez assister à une messe à la cathédrale de Chartres, vous pouvez retrouver les horaires ici.

Pendant les messes, la visite reste autorisée mais il est interdit de prendre des photos.

Les visites guidées de la cathédrale de Chartres

On peut entrer librement et gratuitement dans la cathédrale de Chartres pour la visiter par soi-même.

En revanche, si vous souhaitez effectuer une visite guidée ou profiter d’un audioguide pour apprendre davantage de choses sur les lieux, il faudra prévoir un petit budget (que je trouve somme toute très raisonnable au vu de la qualité de ce qui est proposé).

Sans surprise, le Covid est quelque peu venu perturber le programme (par exemple, les visites guidées de la crypte sont suspendues en 2021) mais on trouve malgré tout son bonheur.

Il existe habituellement :

On peut également louer un audioguide au niveau de la boutique de la cathédrale pour quelques euros.

J’ai trouvé la visite d’une grande qualité, à la fois intéressante, riche en anecdotes et très ouverte aux questions des visiteurs.

Les illuminations de la cathédrale de Chartres

Il faut savoir que chaque année depuis 2003, la ville de Chartres organise Chartres en Lumières, une manifestation qui permet de mettre en lumière et en musique les monuments de la ville. Il y a un véritable parcours à effectuer en ville à partir de la tombée de la nuit, à travers les rues, les ponts et les monuments clés de Chartres (collégiale Saint-André, musée des Beaux-Arts, églises Saint-Pierre et Sainte-Foy, théâtre municipal, halle du marché aux légumes, etc). La cathédrale Notre-Dame de Chartres est bien entendu au cœur de l’événement, avec des illuminations magnifiques de la façade.

Vous pouvez retrouver le programme et les dates sur le site dédié.

Chartres en Lumières n’est pas le seul moment de l’année où la ville s’éclaire. Les illuminations de Noël de la cathédrale de Chartres sont aussi à signaler. La ville propose en effet un « mapping de Noël » à admirer depuis le parvis de la cathédrale de Chartres dès la tombée de la nuit.

Impossible d’aller à Chartres sans placer la visite de la cathédrale au cœur de votre programme ! J’espère que cet article vous donnera envie d’y passer le week-end. Je vous donne plein de conseils pour préparer votre séjour à Chartres sur le blog.

Vous avez des questions sur la visite de la cathédrale de Chartres ? N’hésitez pas à les poser dans les commentaires !

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