Visites insolites à Paris : 8 lieux hors des sentiers battus à explorer avec ou sans guide


Les visites insolites, ça me connaît ! Un hôpital souterrain à Budapest, une ancienne carrière de pierre dans les sous-sol de l’hôpital Cochin, un cimetière victorien près de Londres, les coulisses de l’aéroport d’Orly et même une ancienne maison close parisienne, j’aime tout particulièrement ce genre de lieu qui sort des sentiers battus et vous pousse à regarder une ville sous un jour nouveau.

Si ces sorties insolites n’empêchent évidemment pas de visiter aussi les « incontournables » touristiques qui forgent la célébrité d’une ville, elles ont l’avantage de vous pousser à découvrir d’autres quartiers, d’autres pans d’histoire qui peuvent être tout aussi intéressants !

Aujourd’hui, je vais vous donner 8 pistes pour des visites insolites à Paris. Vous pouvez explorer ces endroits en toute autonomie mais aussi en découvrir certains via une visite guidée de Paris à l’instar de celles proposées par Cariboo : elles sont animées par des habitants passionnés par leur quartier et leur ville, qui vous la font découvrir à pied.

De quoi visiter Paris autrement si vous connaissez déjà la capitale… ou donner un supplément d’âme à votre séjour ! Il y a des quartiers où l’on passe souvent, même en tant que Parisien, sans soupçonner qu’ils cachent des secrets, des anecdotes et une histoire passionnante – comme je l’ai découvert dans le quartier du Marais.

Impasse Poule près de la rue des Vignoles à Paris
Impasse Poule près de la rue des Vignoles à Paris

1. Se faufiler dans les passages parisiens

Au début du 19e siècle, Paris occupait encore une toute petite surface par rapport à aujourd’hui ! En effet, la capitale a connu un véritable agrandissement en 1860, quand elle a « absorbé » de nombreuses communes voisines. Leur nom, vous les connaissez peut-être car ce sont aujourd’hui des quartiers très connus de Paris, comme Montmartre, les Batignolles, La Villette ou encore Belleville…

Paris était donc une petite ville, une ville où les constructions allaient bon train pour « pousser les murs »… et où se pressaient les gens aisés, en particulier sur la rive droite de la Seine. Pas question pour eux de se mouiller en cas de pluie, on a donc élaboré des passages couverts leur permettant de faire leurs emplettes sans être à l’air libre.

La pratique s’est ensuite étendue à d’autres villes, comme Niort (Passage du Commerce), Bordeaux (Galerie Bordelaise) ou Nantes (Passage Pommeraye).

Les passages couverts ont périclité suite à la restructuration de Paris par Haussmann : il est devenu plus facile de circuler dans les quartiers grâce aux larges avenues créées, les passages ont donc perdu de leur intérêt pour les Parisiens. Beaucoup ont disparu mais ceux qui restent offrent une petite parenthèse hors des sentiers battus à Paris, par exemple :

  • Près du métro Strasbourg Saint-Denis (lignes 4, 8 et 9) – Passage Brady, Passage du Prado, Passage du Caire ;
  • Près du métro Etienne Marcel (ligne 4) – Passage du Grand-Cerf, Passage du Bourg-l’Abbé ;
  • Près du métro Grands-Boulevards (lignes 8 et 8) – Passage Jouffroy, Passage Verdeau, Passage des Panoramas ;
  • Près du métro Bourse (ligne 3) – Galerie Vivienne, Galerie Colbert ;
  • Près du métro Quatre-Septembre (ligne 3) – Passage Sainte-Anne, Passage Choiseul ;
  • Près du métro Saint-Lazare (lignes 3, 12, 13 et 14) – Passage du Havre ;
  • Près du métro Palais Royal-Musée du Louvre (ligne 1) – Galerie Véro-Dodat ;
  • Près du métro Madeleine (lignes 8, 12, 14) – Cité Berryer ;
  • Près du métro Odéon (lignes 4 et 10) – Cour du Commerce-Saint-André ;
  • Près du métro République (lignes 3, 5, 8, 9, 11) – Passage Vendôme.
Galerie Véro-Dodat à Paris
Galerie Véro-Dodat à Paris – Photo © Method Cosmo (Flickr)

2. Découvrir la butte Bergeyre

Imaginez un tout petit quartier, dans le 19e arrondissement de Paris, situé à environ 100 mètres d’altitude. Une seule rue permet d’y accéder en voiture, la rue Georges-Lardennois… A pied, on a le choix entre un chemin au bout de la rue des Chaufourniers ou deux escaliers, au niveau de l’avenue Simon Bolivar et de la rue Manin.

Là-haut, le temps semble s’arrêter, on croise des jardins partagés et même un vignoble, le « clos des Chaufourniers » (pinot noir). On aperçoit Montmartre, les quelques rues sont occupées par de jolies maisons… et l’on oublie, l’espace d’un instant, que l’on se trouve à Paris…

Pour accéder à la Butte Bergeyre, vous pouvez descendre à la station Colonel Fabien (métro ligne 2).

Montmartre depuis la Butte Bergeyre
Montmartre depuis la Butte Bergeyre

3. Le village de Charonne, un visage surprenant de Paris

Je vous l’expliquais en début d’article, de nombreuses communes voisines de Paris ont été intégrées à la capitale en 1860, comme Montmartre et les Batignolles. Charonne fait également partie de ces villages qui ont « perdu leur autonomie » pour devenir des quartiers de Paris.

Le centre du village était surnommé « Le Grand Charonne » et correspond aujourd’hui au carrefour entre la rue de Bagnolet et la rue Saint-Blaise, avec l’église Saint-Germain qui animait les lieux comme dans n’importe quel petit bourg, et son tout petit cimetière adjacent.

C’est une visite insolite à Paris car le lieu sort des sentiers battus, des quartiers touristiques où l’on se presse habituellement pour sortir. Le village de Charonne garde cependant un charme fou, on croise beaucoup de jolies devantures anciennes et, à proximité, vous pouvez aussi aller voir la rue des Vignoles, coupée par une quinzaine de jolies impasses. La plupart d’entre elles ont été créées à la fin du 19e siècle afin de construire des logements ouvriers dans le quartier, de petites maisons individuelles qui s’arrachent aujourd’hui dès qu’elles se retrouvent sur le marché.

Pour aller découvrir le village de Charonne, vous pouvez emprunter la rue de Bagnolet depuis la station Alexandre Dumas (métro ligne 2).

La Rue Saint-Blaise et, au bout, l'église Saint-Germain
La Rue Saint-Blaise et, au bout, l’église Saint-Germain

4. Le charme du musée des Arts Forains

C’est un musée que beaucoup de Parisiens eux-mêmes ne connaissent pas ou n’ont jamais visité ! Il est né d’une collection privée, celle de Jean-Paul Favand, passionné par l’art forain et les objets anciens. Depuis 1972, il collectait des objets, d’abord exposés « à petite échelle » avant de bénéficier d’un vrai musée, à partir de 1996.

Le musée des Arts Forains reconstitue les fêtes foraines françaises de 1850 à 1950, à travers une quinzaine de manèges, ainsi qu’une quinzaine de boutiques foraines typiques… et évidemment de nombreux objets. La particularité du musée est de permettre à ses visiteurs d’utiliser certains manèges, qui sont encore en parfait état de fonctionnement.

Ainsi, on peut monter à bord d’un manège de vélocipèdes : les adultes, juchés sur leur roue, sont ceux qui font tourner le manège en pédalant… tandis que les enfants en profitent, assis sur leur siège.

C’est un lieu assez exceptionnel et une très bonne idée de visite insolite à Paris quand on veut partager un moment fort avec ses enfants ! Comme il s’agit d’un musée privée, l’accès s’effectue exclusivement sur réservation.

Vous pouvez visiter ce musée en descendant à la station Cour Saint-Emilion (métro ligne 14). Profitez-en pour arpenter Bercy Village avec sa jolie architecture ! Le musée des Arts Forains se situe au 53, avenue des Terroirs de France.

Détail d'un manège ancien au musée des Arts Forains
Détail d’un manège ancien au musée des Arts Forains

5. Explorer… les égouts de Paris

Difficile de trouver une visite plus insolite à Paris que celle des égouts ! Ce n’est pas vraiment ce que l’on a en tête en pensant à un lieu touristique… avis aux amateurs de découvertes hors des sentiers battus !

Sous le sol de Paris, plus de 2500 kilomètres d’égouts. Ils ont longtemps été associés à une image de puanteur et de saleté, reliquat de l’époque où les eaux sales s’évacuaient par des rigoles dans les rues. A l’initiative d’Haussmann, pourtant, on a remis à plat tout le réseau d’égouts de Paris autour de 1854…

En 1894, une loi a confirmé l’obligation pour les immeubles de déverser les eaux usées et les eaux de pluie dans ces égouts (le fameux « tout-à-l’égout » qui interdit donc les rejets d’eaux sales dans la Seine)… et en 1930, on a créé les premières usines d’épuration pour retraiter ces eaux.

Les eaux sont entraînées par gravité hors de Paris, où elles sont traitées dans différentes usines (Achères, plus grande usine d’épuration d’Europe ; Noisy-le-Grand ou encore Le Blanc-Mesnil).

Il existe au niveau du Pont de l’Alma un « musée des égouts ». Le Pont de l’Alma est justement le lieu où les égouts de la rive gauche de Paris se rejoignent pour passer sous la Seine par un siphon.

Le musée des égouts accueille seulement 95000 visiteurs par an (par comparaison, un musée comme le Musée d’Orsay accueille 3 à 3.5 millions de visiteurs par an !). Une visite insolite à Paris, qui permet de raconter l’histoire des égouts mais aussi de voir à quoi ils ressemblent. La visite est très courte mais originale !

Attention : le musée est en cours de rénovation jusqu’au premier semestre 2020.

Il se situe au 93 Quai d’Orsay. Vous pouvez y accéder en RER (station Pont de l’Alma, RER C) ou en métro (station Alma-Marceau, ligne 9).

Les égouts de Paris
Les égouts de Paris

6. Traquer le street art à Paris

Paris regorge d’œuvres de rue… et c’est une trame intéressante pour explorer certains quartiers de la ville !

Par exemple, le quartier de la Butte-aux-Cailles cache souvent de nombreuses œuvres. Cette colline dominait autrefois la Bièvre, une rivière qui venait se jeter dans la Seine. On trouvait donc sur place beaucoup d’industries utilisant l’eau (teinturiers, tanneurs, mégissiers, blanchisseurs), dégageant des odeurs fortes qui donnaient à la Butte-aux-Cailles une réputation d’insalubrité.

Paris a fait couvrir la Bièvre entre 1828 et 1910… et aujourd’hui, la Butte-aux-Cailles regorge de jolies ruelles et de petits pavillons pleins de charme, notamment au niveau de « La Petite Alsace », rue Daviel. Vous pouvez découvrir la Butte-aux-Cailles en descendant à la station Corvisart (métro ligne 6).

On trouve aussi beaucoup de street art dans le quartier du Sentier, sans oublier la rue Dénoyez à Belleville… ou l’étonnant terrain de basket coloré situé au 22, rue Duperré près de Pigalle.

Street Art à Paris dans le Sentier
Street Art à Paris dans le Sentier

7. Le quartier de la Mouzaïa

Le nom du quartier fait référence à l’Algérie, et plus exactement à la « bataille du col de Mouzaïa », pendant la conquête de l’Algérie par la France au 19e siècle. Mais nous sommes bien à Paris, dans le 19e arrondissement.

Le quartier a une histoire étonnante : au 19e siècle, on y exploitait encore une grande carrière de gypse de 25 hectares, dont les matériaux servaient à la construction des immeubles parisiens. En 1875, le propriétaire du terrain décide d’abandonner cette activité et d’ouvrir à la place un marché aux chevaux. La mairie accepte de céder quelques terrains supplémentaires, à condition que des travaux soient réalisés pour viabiliser les terrains.

La société fait faillite 4 ans plus tard, les terrains sont récupérés par les créanciers et en 1889, la Ville de Paris autorise leur conversion en zones d’habitation… à une condition : que les constructions soient basses, car le sous-sol est très instable en raison de son passé de carrière de pierre, et ne pourrait pas porter de lourdes constructions.

De ce fait, on se met d’accord sur des « modèles de maisons » prédéfinis, entre 4 et 7 mètres de largeur. C’est ce qui donne aujourd’hui un charme incroyable à ce quartier. Vous pouvez le découvrir à partir des stations de métro du Pré-Saint-Gervais, Botzaris ou Danube (ligne 7B).

Quartier de la Mouzaïa à Paris
Quartier de la Mouzaïa à Paris

8. Longer la Petite Ceinture à Paris

Autrefois, à Paris, la SNCF n’existait pas et les voies ferrées étaient donc gérées par des Compagnies indépendantes. Chacune avait créé ses gares à l’emplacement qui l’arrangeait, sans réelle concertation… et sans mettre de bonne volonté à créer des liens entre les gares.

D’autre part, entre 1841 et 1844, on a construit des fortifications autour de la ville, l’enceinte de Thiers. Il fallait pouvoir faire circuler facilement les marchandises à l’intérieur de ces fortifications pour approvisionner toute la ville rapidement depuis l’extérieur. Le gouvernement a alors émis l’idée de construire une ligne de chemin de fer à deux voies « ceinturant » toute la capitale.

32 kilomètres, qui ont d’abord servi au transport des marchandises puis à celui des hommes, car la « Petite Ceinture » permettait avantageusement de connecter les principales gares. Le chantier a aussi donné du travail à de nombreux chômeurs.

On s’aperçoit vite que la Petite Ceinture ne suffit pas à absorber tous les besoins d’une capitale en expansion constante, on construit donc une « Grande Ceinture ». Un rapport finit par établir que la Petite Ceinture n’est pas une ligne rentable car elle ne transporte que 1% des Parisiens en 1930. Le couperet tombe : fermeture de la ligne en 1934.

Aujourd’hui, un décret interdit aux piétons d’accéder à la Petite Ceinture mais certains s’y faufilent pour de l’exploration urbaine, des séances photo et du street art. Plus légale, l’association de Sauvegarde de la Petite Ceinture organise régulièrement des visites guidées commentées de ce lieu de Paris hors des sentiers battus. Renseignez-vous !

La Petite Ceinture au niveau du Parc Montsouris
La Petite Ceinture au niveau du Parc Montsouris

Ce sont quelques-unes des visites insolites à faire à Paris, il en existe bien d’autres car la longue histoire de la capitale promet son lot de découvertes surprenantes : on retrouve par exemple de nombreuses références à l’Egypte dans la capitale, des anecdotes glaçantes pour les fans de thrillers, un patrimoine gastronomique qui a laissé des traces dans certains quartiers…

De quoi donner des idées à tous les visiteurs, Parisiens d’un jour ou de toujours, pour découvrir Paris autrement !


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2 commentaires sur “Visites insolites à Paris : 8 lieux hors des sentiers battus à explorer avec ou sans guide

  • Céline - La Marinière en Voyage

    J’ai mis du temps à comprendre que tu étais la même Marlène que sur NoTuxedo ;)
    En tout cas, je suis 100% d’accord avec ton article, ces lieux insolites font tout le charme de Paris et compte parmi mes préférés dans notre belle capitale !

    Répondre à Céline
    • Marlène

      Mais oui, c’est bien moi ! #elleestpartout ;)

      Je crois que ce qui est étonnant dans certains de ces lieux, c’est leur décalage avec la normalité dans la capitale : trouver de petites maisons, des rues noyées dans la verdure là où on s’attend à une capitale plantée d’immeubles et bétonnée !

      Répondre à Marlène
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