La basilique Sainte-Marie de Cracovie, lieu aux mille légendes


Tous les enfants que j’ai vu entrer dans la basilique Sainte-Marie de Cracovie poussaient des « Woooow » émerveillés… et croyez-moi, ce n’est pas pour rien ! C’est probablement l’un des plus beaux endroits de la ville, une sorte de version géante de la splendide Sainte-Chapelle de Paris.

La basilique Sainte-Marie de Cracovie, c’est un mélange entre des siècles d’histoire, des légendes palpitantes et une vraie beauté architecturale. Je vous emmène !

La Mariacki Kosciol, un édifice chargé de légendes

On ne peut pas la rater sur la place principale de Cracovie, le Rynek Glowny. Elle y trône fièrement, avec ses deux tours de hauteur inégale… et ça fait plusieurs siècles qu’un édifice religieux en l’honneur de Marie se trouve à cet endroit, indifférent aux 40 000 pigeons qui, dit-on, vivraient aux abords de cette place.

Envol de pigeons devant la basilique Sainte-Marie de Cracovie
Envol de pigeons devant la basilique Sainte-Marie de Cracovie
Petite fille avec un pigeon
Petite fille avec un pigeon

On a retrouvé des vestiges d’une église romane datant du début du 13e siècle, à 2.6 mètres sous terre. Elle n’a pas survécu longtemps car elle a été très endommagée quelque décennies après sa construction par les invasions tatares… puis par les invasions mongoles. On a construit par-dessus une église gothique, consacrée autour de 1320.

Par la suite, comme la plupart des églises d’Europe, le bâtiment a connu de nombreuses transformations, destructions, reconstructions. Au 14e siècle, on a ajouté de larges ouvertures pour faire entrer la lumière. Au 15e siècle, on a créé des chapelles de chaque côté de la nef.

Le plafond de la basilique Sainte-Marie de Cracovie
Le plafond de la basilique Sainte-Marie de Cracovie

L’église a une silhouette très reconnaissable en raison de ses 2 tours de hauteur inégale.

Elles sont au cœur de l’une des plus célèbres légendes de Cracovie : la légende des deux frères… Elle raconte que les tours de la cathédrale ont été bâties par deux frères : tous deux étaient censés travailler au même rythme mais voilà, l’aîné a achevé sa tour le premier.

Loin de se satisfaire de cette réussite, il s’est au contraire mis à craindre que la tour de son jeune frère ne soit plus solide que la sienne car le cadet avait consacré davantage de temps à la création des fondations.

Ne pouvant supporter l’idée d’être devancé par son frère, l’aîné l’assassina avec un couteau après une journée de travail. Toute la ville de Cracovie ignorait qui avait commis le meurtre… et était saisie par l’émotion en voyant les tours de l’église Sainte-Marie.

Les tours de la basilique depuis la place Mariacki de Cracovie
Les tours de la basilique depuis la place Mariacki de Cracovie

Le frère aîné, quant à lui, était rongé par la culpabilité et incapable de faire face à son crime. Il monta alors au sommet de la tour la plus haute, « Hejnalica » (« Clairon » en polonais, une référence au fait qu’un joueur de trompette s’y est très tôt installé pour sonner du clairon).

Face à la foule qui contemplait son œuvre, il se transperça le corps avec le couteau qui lui avait servi à assassiner son frère puis se jeta du haut de la tour. L’arme du crime, dit-on, peut encore être observée à l’entrée de la Halle aux Draps qui se trouve sur la place (Sukiennice).

Le couteau suspendu à l'entrée de Sukiennice
Le couteau suspendu à l’entrée de Sukiennice

Quant à la véritable version de l’histoire… personne ne la connaît. Les historiens ne sont à ce jour pas parvenus à déterminer pourquoi l’une des tours était plus haute que l’autre… et l’on sait que dès le 13e siècle, l’église Sainte-Marie de Cracovie possédait déjà deux tours.

Hejnal Mariacki, le signal de Cracovie… à la trompette

Chacune des tours a sa personnalité :

  • La plus petite, haute de 69 mètres, « appartient » à l’église, son toit date de la Renaissance et elle abrite 4 cloches datant de l’époque médiévale et encore utilisées aujourd’hui pour sonner les offices religieux ;
  • La plus grande tour, haute de 81 mètres, porte une flèche gothique datant du 15e siècle et une couronne dorée du 17e siècle… Elle abrite aussi des cloches mais surtout, elle a la particularité d’appartenir à la ville de Cracovie.

Il s’y déroule une véritable institution locale : le signal à la trompette ! Ça fait vraiment partie des moments forts à ne pas rater si vous allez à Cracovie : à heure fixe, toutes les heures, un joueur de trompette vient jouer une mélodie extrêmement connue. Il commence par apparaître à la fenêtre la plus à l’ouest, joue une mélodie qui s’arrête de manière très brutale… puis recommence le même rituel en direction de l’est, du sud puis du nord.

Ce sont les pompiers de Cracovie qui perpétuent la tradition aujourd’hui !

Cette tradition étonnante, « Hejnal Mariacki » (littéralement, « la fanfare de Sainte-Marie »), remonte au Moyen-Âge : on sonnait alors le clairon pour indiquer l’ouverture et la fermeture des portes de la ville, ainsi que les événements susceptibles de la menacer (ennemis en vue, incendie, etc).

On raconte qu’un jour, au 13e siècle, l’un des joueurs de trompette a réalisé que l’ennemi approchait… et a pris la courageuse décision de tenter d’avertir la population coûte que coûte. Il a été fauché au beau milieu de son alerte par une flèche décochée par un archer ennemi… C’est en commémoration de ce triste épisode que la musique du Hejnal Mariacki s’arrête brutalement, jusqu’à aujourd’hui.

Pour vous donner une idée de la portée de cette tradition locale, elle est telle que la radio nationale polonaise diffuse le « signal de Cracovie » chaque midi depuis un siècle.

Cet article est déjà bien entamé et comme vous pouvez le voir, il y a vraiment plein de petites histoires autour de cette basilique Sainte-Marie de Cracovie ! Elles ont, en plus, l’avantage d’être très ludiques :)

Et ce n’est pas fini !

L’extraordinaire autel de Veit Stoss

Au 15e siècle, un sculpteur de Nuremberg installé à Cracovie, Veit Stoss, conçoit un extraordinaire autel pour l’église Sainte-Marie (la « Kosciol Mariacki » en polonais), qui n’est pas encore une basilique.

L'autel de Veit Stoss dans la basilique Sainte-Marie de Cracovie
L’autel de Veit Stoss dans la basilique Sainte-Marie de Cracovie

Il reste à ce jour le plus grand autel gothique au monde et il a été entièrement financé par une souscription et par des legs d’Allemands.

Impossible de ne pas être subjugué par la beauté du travail effectué, qui capture le regard dès que l’on pénètre dans cette partie de la basilique Sainte-Marie de Cracovie. À ce qu’il paraît, le coût de l’autel équivalait à l’époque au budget annuel de la ville ! Mais il a traversé les siècles…

C’est un triptyque qui mesure 13 mètres sur 11. Il mélange du chêne et du mélèze, avec des sculptures en bois de tilleul atteignant près de 3 mètres de hauteur, et montre différentes scènes clés de la vie de Jésus et de Marie : la mort de Marie, au centre, en présence des 12 apôtres, mais aussi la résurrection du Christ, l’Assomption, la Nativité, etc. Le chêne utilisé avait déjà 500 ans lors de la création de l’autel…

L'autel de Veit Stoss dans la basilique Sainte-Marie de Cracovie
L’autel de Veit Stoss dans la basilique Sainte-Marie de Cracovie

Quelques siècles après la création de l’autel, à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, les Polonais sentent que leur pays va bientôt être envahi par les Allemands. L’autel de Veit Stoss ayant été créé par un sculpteur de Nuremberg (ville favorite d’Hitler)… et entièrement financée par des Allemands, le peuple devine sans difficulté ce qui va se produire et démonte l’autel… puis le cache en pièces détachées dans tout le pays.

Mais sur ordre du gouverneur général nazi Hans Frank, un groupe de SS mène l’enquête, met la main sur les pièces détachées et les expédie en Allemagne où elles sont entreposées dans le château de Nuremberg.

Des Polonais emprisonnés dans le château apprennent la nouvelle et font passer le message à la résistance polonaise… qui finit par sauver la précieuse création !

Après toutes ces péripéties, l’autel de Veit Stoss est restauré et retrouve sa place en 1957 à l’intérieur de l’église Sainte-Marie. Il a été à nouveau rénové tout récemment en 2017 et c’est juste après cette rénovation que j’ai pris mes photos.

Splendeur architecturale de la basilique Sainte-Marie de Cracovie

Au milieu du 18e siècle, l’église Sainte-Marie a subi de profondes transformations : on y a construit notamment des piliers gothiques et des autels en marbre noir sur les côtés de la nef, on a ajouté de splendides peintures commandées en Italie…

Intérieur de la basilique de Cracovie
Intérieur de la basilique de Cracovie
Autel en marbre noir - Basilique Mariacka de Cracovie
Autel en marbre noir – Basilique Mariacka de Cracovie

Il serait beaucoup trop long (et sans doute ennuyeux !) de décrire dans cet article l’interminable succession des architectes et décorateurs qui ont œuvré pour transformer cette église en un lieu d’une splendeur époustouflante, qui laisse le visiteur bouche bée.

C’est le genre d’endroit où, du sol au plafond, dans les moindres recoins, vous trouvez quelque chose à admirer, que ce soit une sculpture, une peinture, un ornement…

Le plafond d'une chapelle de la basilique Sainte-Marie de Cracovie
Le plafond d’une chapelle de la basilique Sainte-Marie de Cracovie
Sculpture dans la basilique de Cracovie
Sculpture dans la basilique de Cracovie
Chapelle dans la basilique de Cracovie en Pologne
Chapelle dans la basilique de Cracovie en Pologne

La représentation du Christ en croix, qui domine la nef, est particulièrement réaliste, qu’il s’agisse de l’expression du visage ou des détails du corps.

Le Christ de la basilique Sainte-Marie de Cracovie
Le Christ de la basilique Sainte-Marie de Cracovie

C’est seulement en 1962 que l’église a acquis le statut de basilique.

Monter dans la tour de la basilique Sainte-Marie de Cracovie

Si vous lisez régulièrement le blog, vous avez sans doute remarqué que j’adorais, dans chaque ville, dénicher les meilleurs endroits pour voir le paysage d’en-haut (je vous ai d’ailleurs concocté une sélection des meilleurs lieux pour avoir une belle vue de Cracovie).

Alors quand j’ai appris que l’on pouvait monter au sommet de la tour de la basilique Sainte-Marie de Cracovie, j’ai évidemment sauté sur l’occasion !

Il faut grimper 239 marches en pierre et en bois pour atteindre le sommet. Vous pouvez profiter d’une très jolie vue sur le Rynek Glowny (place principale de la vieille ville de Cracovie).

La place principale (Rynek Glowny) avec la Halle aux Draps (Sukiennice) à Cracovie
La place principale (Rynek Glowny) avec la Halle aux Draps (Sukiennice) à Cracovie

Ainsi que sur le château du Wawel, au loin.

Vue sur le château du Wawel depuis la basilique de Cracovie
Vue sur le château du Wawel depuis la basilique de Cracovie

Comment visiter la basilique Sainte-Marie de Cracovie ?

Les personnes qui veulent aller prier à l’intérieur de la basilique Sainte-Marie de Cracovie peuvent évidemment le faire gratuitement mais si vous voulez approcher l’autel de Veit Stoss ou visiter les différentes chapelles qui se trouvent de chaque côté de la nef, vous avez besoin d’un billet.

Vous retrouverez les tarifs à jour sur le site de la basilique Sainte-Marie de Cracovie.

Retenez simplement quelques détails : comme toutes les églises, celle-ci peut être fermée lors des fêtes religieuses, le dimanche matin et lors de cérémonies. La billetterie ferme un peu avant l’heure de fermeture officielle de la basilique, elle se trouve sur le côté droit de l’édifice quand vous êtes sur la place principale de Cracovie, face à la basilique.

Si vous voulez effectuer à la fois la visite du bâtiment et la montée dans la tour, ce sont deux tickets séparés. Si vous voulez prendre des photos à l’intérieur de la basilique, il faut rajouter un petit supplément (ce fonctionnement est fréquent en Pologne) : on vous remettra alors un autocollant fluo vous y autorisant.

La visite de la tour se déroule à des horaires précis et seulement certains jours qui varient selon la saison (consultez le site pour avoir des informations à jour !). La tour est totalement fermée en janvier et février… et peut aussi fermer ponctuellement si la météo est trop capricieuse. Le nombre de billets vendus est limité donc si vous avez des contraintes horaires, n’hésitez pas à aller à la billetterie dès le matin !

Pour la petite histoire, la mini-place qui entoure la basilique Sainte-Marie de Cracovie et sur laquelle donne la billetterie était autrefois… un cimetière. Il a disparu à la fin du 18e siècle, quand le gouvernement a décidé de ne plus autoriser les enterrements en plein coeur de la ville…

J’espère que cette exploration d’un monument incontournable de Cracovie vous aura donné envie d’aller le découvrir de vos propres yeux ! Si c’est le cas, n’hésitez pas à consulter mes autres articles et les liens ci-dessous pour préparer votre séjour à Cracovie !


Poster un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Si vous aimez les articles du site, n'hésitez pas à faire vos achats sur Amazon.fr via ce lien ; il me permettra de toucher une commission grâce au programme Partenaires Amazon EU.

Suivez la page Facebook du blog pour être au courant des derniers articles et découvrir d’autres inspirations voyage !