Si vous allez visiter Gand en Belgique, le street art fera forcément partie du décor de votre séjour, même si ce n'est pas ce qui vous attire au départ. Des ruelles couvertes de graffitis aux grandes façades peintes, la ville a fait de l'art urbain une véritable signature.
Dans cet article, je vous propose un petit guide pour découvrir le street art à Gand : où aller, quels artistes repérer et comment utiliser la carte "Sorry Not Sorry" pour trouver les œuvres dans la ville. Vous pouvez consacrer quelques heures à une véritable balade street art ou simplement intégrer quelques spots à votre programme de visite.
- Commencez par la ruelle aux graffitis (Werregarenstraat), en plein centre historique : c'est le spot de street art le plus connu de Gand.
- Poursuivez vers la Tweebruggenstraat, au sud du centre, pour découvrir de grandes fresques très travaillées.
- Gardez les yeux ouverts en vous déplaçant dans Gand : des œuvres isolées surgissent un peu partout dans la ville.
- Utilisez la carte "Sorry Not Sorry" pour repérer les murs peints et les artistes autour de vous.
- Le street art se combine très facilement avec la découverte de Gand : vous pouvez relier plusieurs œuvres à pied ou à vélo au fil de vos visites.
- Street art à Gand : comment organiser votre découverte
- La ruelle aux graffitis (Graffiti Street, Werregarenstraat)
- La Tweebruggenstraat, un musée de plein air au sud du centre
- Le street art à Gand, bien au-delà des rues emblématiques
- Street art à Gand : que voir si vous avez peu de temps ?
- Le Mémo du Voyageur pour découvrir le street art à Gand
Street art à Gand : comment organiser votre découverte
Le street art à Gand se découvre très bien à pied, en combinant quelques rues emblématiques et des détours par des œuvres plus isolées dans différents quartiers. Vous pouvez déjà voir plusieurs spots en 2 ou 3 heures de balade, et y consacrer une demi-journée si vous voulez explorer davantage.
En une courte promenade, il est facile de combiner le centre historique avec la ruelle aux graffitis (Werregarenstraat), puis de descendre vers le sud pour rejoindre la Tweebruggenstraat. Lors de mon séjour, j'ai surtout découvert les œuvres en me rendant d'un quartier à l'autre : une manière agréable de garder le fil de la visite de Gand tout en découvrant une facette beaucoup plus contemporaine de la ville.
Comment repérer les œuvres facilement dans Gand ?
Le moyen le plus simple pour repérer le street art à Gand est d'utiliser la carte "Sorry Not Sorry" (que vous pouvez télécharger gratuitement). Mise à jour régulièrement par Cultuur Gent, elle recense plus de 250 œuvres de street art dans différents quartiers et constitue une excellente base pour préparer votre balade. Vous pouvez la consulter sur votre téléphone pour repérer les œuvres situées à proximité des endroits que vous comptez visiter.
La carte propose deux itinéraires de balade de 4 km chacun pour guider vos découvertes.
J'ai personnellement utilisé cette carte comme point de départ, puis laissé de la place à l'improvisation : certaines de mes découvertes préférées se sont faites simplement en levant les yeux en marchant vers un autre site touristique.
Découvrir le street art à pied ou à vélo
La marche reste le moyen le plus simple et le plus agréable, surtout si c'est votre première visite de Gand. Le centre historique est assez compact et vous pouvez facilement intégrer des haltes street art entre deux visites plus classiques.
Le vélo devient intéressant si vous souhaitez couvrir davantage de terrain et partir à la recherche d'œuvres plus éloignées du centre. Gand se prête particulièrement bien aux déplacements à vélo : c'est donc une bonne option pour construire une balade street art plus étendue sans consacrer toute votre journée aux trajets.
La ruelle aux graffitis (Graffiti Street, Werregarenstraat)
La ruelle aux graffitis de Gand, ou Werregarenstraat, est le spot de street art le plus connu de la ville. Située en plein cœur du centre historique, cette étroite ruelle pavée relie Hoogpoort à Onderstraat et se rejoint facilement à pied depuis les principaux sites touristiques.
Lors de ma première visite où j'ai pris ces photos, la ruelle était en partie barrée par un panneau de bois à cause de travaux, ce qui donnait presque l'impression qu'elle était fermée. En voyant un petit groupe se glisser derrière ce panneau, je les ai suivis et j'ai découvert derrière cette barrière improvisée un véritable tunnel de couleurs, totalement coupé du reste du centre historique.

Une rue où les graffitis changent en permanence
La ruelle aux graffitis est devenue un espace dédié au graffiti en 1995, à la suite d'un projet organisé pendant les Gentse Feesten (grande fête populaire organisée chaque année dans la vieille ville de Gand).
Depuis, elle sert de zone de tolérance où les artistes peuvent peindre. Le principe même du lieu explique son apparence : les murs sont régulièrement recouverts de nouvelles créations et Graffiti Street change donc en permanence. D'une visite à l'autre, vous ne verrez pas nécessairement les mêmes œuvres.

La Werregarenstraat mélange ainsi des fresques très travaillées, des portraits, des slogans et des tags plus spontanés, ce qui lui donne une identité à la fois colorée et très déstructurée. Certaines œuvres sont signées, beaucoup ne le sont pas, et les personnages ou formes abstraites côtoient les interventions plus maladroites de ceux qui tiennent simplement à laisser leur trace. L'ensemble peut donc paraître assez chaotique, avec des couches de peinture qui se superposent au fil du temps.

Ce caractère éphémère permet aussi à la rue de refléter son époque. Lors de mon premier passage, j'y avais par exemple vu de nombreux graffitis politiques exprimant une opposition à l'élection de Donald Trump aux États-Unis, ainsi que des slogans autour de la liberté, de l'égalité ou de l'environnement. Les messages auront évidemment changé depuis : c'est justement l'un des intérêts de cette rue, dont le décor évolue avec ceux qui s'approprient ses murs.
Le contraste avec le Hof van Ryhove
En parcourant Graffiti Street, jetez aussi un coup d'œil vers le Hof van Ryhove et son jardin. Le contraste entre cet ensemble historique et la ruelle couverte de peintures contemporaines résume assez bien l'une des particularités de Gand : patrimoine médiéval et création actuelle peuvent se retrouver à quelques mètres l'un de l'autre.
La Tweebruggenstraat, un musée de plein air au sud du centre
Au sud du centre historique de Gand, la Tweebruggenstraat offre une succession de grandes fresques très soignées, dans une zone un peu moins fréquentée que les rues autour du château ou des quais de la Lys. En vous y rendant, vous quittez progressivement les secteurs les plus touristiques pour entrer dans un quartier plus calme, où les façades peintes deviennent de véritables repères visuels.
Les œuvres sont souvent de grande taille et s'intègrent directement à l'architecture des bâtiments. Lors de ma balade, j'ai vraiment eu l'impression de marcher dans un musée de plein air, chaque façade jouant le rôle d'un nouveau tableau.


La place du vélo se retrouve jusque dans certaines œuvres : plusieurs fresques représentent des cyclistes ou jouent avec l'idée de mouvement et de déplacement. Cela donne à cette partie de la balade une identité assez différente de Graffiti Street, avec des compositions plus monumentales et davantage espacées.


La Groene Ooie, juste à côté de la Tweebruggenstraat
Profitez de votre passage dans la Tweebruggenstraat pour faire un détour par la Groene Ooie, une petite rue adjacente où j'avais également découvert du street art. Les œuvres y sont moins nombreuses et le cadre beaucoup plus intime : c'est justement le genre de découverte que j'aime dans une balade street art, lorsqu'une simple bifurcation permet de tomber sur une fresque que l'on n'aurait pas forcément repérée autrement.

Le street art à Gand, bien au-delà des rues emblématiques
En dehors de Graffiti Street et de la Tweebruggenstraat, j'ai découvert de nombreuses œuvres isolées dans différents quartiers de Gand, parfois loin des endroits les plus touristiques. C'est aussi ce qui m'a plu dans la ville : le street art ne se concentre pas dans une seule rue et peut surgir au fil d'une balade.
Smithe, Bue The Warrior et les artistes à repérer à Gand
L'une des premières œuvres que j'ai découvertes se trouvait sur Kattenberg, à l'angle avec la Jacob Jordaensstraat. Cette fresque a été réalisée par Smithe, un street artist originaire de Mexico, dont le travail mêle notamment personnages et compositions très graphiques.

Autre nom que j'ai beaucoup croisé lors de ma découverte du street art gantois : Bue The Warrior. Son style est reconnaissable entre mille, avec ses personnages ronds, ses couleurs vives et ses traits qui évoquent l'univers du dessin animé. De son vrai nom Dave De Rop, l'artiste est originaire de Gand et ses fresques dégagent souvent quelque chose de très positif, presque enfantin.

Les artistes travaillent aussi à plusieurs mains. Au bord de la rivière, en quittant la Tweebruggenstraat, j'avais par exemple découvert une œuvre commune à Bue The Warrior, Lugosis et Dick Tate. Les différents univers graphiques se mélangent sur le même mur, avec les personnages colorés de Bue associés à des formes plus sombres ou décalées.

Du street art jusque vers le port de Gand
Lors de mon séjour, j'avais également croisé des murs peints en me dirigeant vers le port de Gand, notamment sur des bâtiments industriels ou des façades plus brutes. Le contraste entre cette architecture fonctionnelle et les fresques colorées donne une tout autre ambiance qu'au street art du centre historique.
C'est aussi une zone où les distances deviennent plus importantes : si vous souhaitez explorer ce type de quartiers en plus des principaux spots du centre, le vélo peut être intéressant.

Une façade peinte par Resto au bord de la Lys
Parmi les œuvres qui m'ont marquée, il y avait aussi cette façade signée Resto, que j'avais découverte à Willem de Beersteeg, un petit jardin public au bord de la Lys. Le mélange entre l'eau, le calme du jardin et l'intensité graphique de la peinture fonctionnait particulièrement bien et offrait une jolie perspective pour photographier l'œuvre.

Klaas Van Der Linden en plein travail
J'ai aussi eu la chance de croiser Klaas Van Der Linden au moment où il apportait les touches finales à une œuvre intitulée "Eye on the Prey". La scène se déroulait sur Hoogpoort, dans le centre de Gand, et son matériel était encore posé juste à côté de la peinture.
Voir l'artiste en train de travailler dans la rue m'a permis de mesurer encore davantage le caractère vivant du street art à Gand. Ces fresques ne sont pas simplement des décors figés : elles sont créées, transformées et parfois recouvertes, souvent sous le regard des passants.

Gent Schakelt Slim, une fresque monumentale sur Sint-Pietersnieuwstraat
En retournant vers la gare après mon séjour, le street art ne m'avait pas quittée, avec cette gigantesque peinture murale "Gent Schakelt Slim" sur Sint-Pietersnieuwstraat. Elle s'étendait sur une grande façade et se voyait de loin.
La fresque faisait partie d'une campagne lancée par la ville autour de la mobilité et encourageait habitants et visiteurs à réfléchir au moyen de transport le plus adapté à leurs déplacements. Elle montrait ainsi une autre facette de l'art urbain à Gand : au-delà des œuvres purement artistiques, les grandes façades peintes peuvent aussi servir de support à des messages liés à la ville et à ses usages.

Street art à Gand : que voir si vous avez peu de temps ?
Même avec un emploi du temps chargé, il est facile d'intégrer un aperçu du street art à votre visite de Gand. Si vous avez très peu de temps, privilégiez la Werregarenstraat (Graffiti Street) : elle se trouve en plein centre historique et permet de découvrir l'un des lieux emblématiques de la scène street art locale sans faire de détour important.
Si vous disposez de 2 ou 3 heures, vous pouvez prolonger la balade vers la Tweebruggenstraat et la Groene Ooie. Vous découvrirez ainsi des œuvres très différentes, entre l'accumulation de tags et de peintures de Graffiti Street et les grandes fresques qui occupent des façades entières.
Enfin, si le street art fait vraiment partie de vos centres d'intérêt, prenez davantage de temps pour vous éloigner des parcours les plus touristiques. C'est en parcourant différents quartiers de Gand que j'ai découvert des œuvres de Bue The Warrior, Smithe ou Klaas Van Der Linden, ainsi que plusieurs fresques collectives. Gardez surtout les yeux ouverts en chemin : certaines de mes découvertes préférées se sont faites simplement en allant d'un endroit à un autre.
Si vous voyagez avec des enfants, la balade peut aussi se transformer facilement en petite chasse aux fresques, notamment autour des personnages très colorés de Bue The Warrior. Graffiti Street est particulièrement facile à intégrer à une visite en famille puisqu'elle se trouve dans le centre, même s'il faut garder en tête que les murs sont en libre évolution : certains graffitis peuvent donc comporter des messages politiques ou un langage peu adapté aux plus jeunes.
Le Mémo du Voyageur pour découvrir le street art à Gand
Voici les réponses aux questions les plus fréquentes pour préparer une balade street art à Gand.
J'ai beaucoup aimé cette facette de Gand, qui crée un joli contraste avec son patrimoine historique. Certaines de mes découvertes préférées se sont d'ailleurs faites complètement par hasard, en passant d'un quartier à l'autre ou, comme avec Klaas Van Der Linden, en tombant sur un artiste en plein travail. Gardez donc les yeux ouverts pendant votre séjour : les œuvres auront peut-être changé depuis mon passage, mais c'est aussi tout l'intérêt du street art !
Vous pouvez aussi lire mon guide détaillé pour préparer votre visite de Gand, avec bonnes adresses, incontournables et autres conseils pour profiter pleinement de la ville !