Que faire à Paris quand il pleut ? Aller au Palais de Justice par exemple ! Peu de gens le savent en dehors des étudiants en droit mais en France, la justice est publique. Il est donc possible d'assister à un procès, au civil comme au pénal, sauf opposition du juge qui peut décider d'un huis clos dans le cas des affaires les plus sensibles (je pense en particulier à celles impliquant des enfants).
Mais comment se passent ces journées d'audience un peu particulières auxquelles on assiste comme "spectateur" ? Je vous raconte dans cet article. Si le sujet vous intéresse, j'ai aussi assisté aux comparutions immédiates donc vous pouvez également lire l'article qui y est consacré !
Du Palais de Justice à la Cité Judiciaire de Paris
Avant toute chose, une mise en garde s'impose ! J'ai pour ma part assisté à des audiences qui se tenaient au Palais de Justice de l'Ile de la Cité... mais depuis le 16 avril 2018, de nombreux services judiciaires ont déménagé dans un bâtiment flambant neuf situé à Porte de Clichy, la Cité Judiciaire de Paris.
Mesurant 160 mètres de hauteur, ce gratte-ciel de 38 étages abrite 90 salles d'audience et fusionne tous les tribunaux d'instance de Paris, accueillant également le Tribunal de Grande Instance et le Tribunal de Police, entre autres.
Les cours d'appel, d'assises et de cassation restent quant à elles dans le bâtiment d'origine sur l'Ile de la Cité.
Un tel déménagement ne se fait pas en un jour et il faudra un moment pour que toutes les audiences aient lieu dans la Cité Judiciaire. Je pense que la procédure pour assister à une audience restera très similaire, gardez néanmoins en tête que le déménagement peut induire quelques modifications par rapport à ce que je vous décris dans l'article.
Le Palais de Justice de Paris : détails pratiques
Du lundi au vendredi, il y a dans la plupart des salles d'audience du Palais de Justice de Paris deux audiences par jour : le matin à 9h et l'après-midi à 13h30. Le samedi, une seule audience se tient à 13h30 pour les comparutions immédiates. Au cours d'une même audience, plusieurs affaires peuvent être jugées.
Les auditeurs (les "spectateurs") peuvent librement aller et venir d'une salle à l'autre à condition de ne pas perturber le cours des audiences (éteindre son téléphone portable, être discret). La plupart du temps, votre expérience ne consistera donc pas à assister à un procès mais à assister à une audience.
Je vous conseille d'arriver dès le début des audiences : s'il y a trop de monde, il est impossible de rentrer une fois la salle pleine donc vous risquez de vous déplacer pour rien ; par ailleurs, quand on n'a pas suivi la présentation des faits, il est très difficile de raccrocher les wagons a posteriori.
13h00 - Me voici donc à l'entrée du Palais de Justice. Une longue file d'attente serpente sous la pluie battante. Les touristes attendent pour visiter la Sainte-Chapelle. Heureusement, en tant qu'auditeur, pas besoin de faire la queue. Les touristes entrent par la file de droite et moi par celle de gauche, quasi vide. On passe immédiatement un contrôle de gendarmerie : rayons X et portique de sécurité. On vérifie que vous n'avez aucun objet dangereux sur vous.
Ensuite, vous pouvez récupérer un plan au bureau d'accueil et on vous oriente vers les salles d'audience sur votre gauche. Si vous n'avez pas eu le temps de manger, vous trouverez des distributeurs (boissons et friandises) près des salles d'audience mais il n'y a pas de café ouvert au public dans l'enceinte du Palais de Justice de Paris. Un peu inquiète à l'idée de me faire disputer, je fais rapidement quelques photos du couloir qui mène aux salles d'audience mais personne ne me dit rien.



On débouche sous une grande verrière qui est en fait le plancher de l'étage supérieur. On est aussitôt saisi par un sentiment de solennité : les plafonds hauts, le bois sombre, les avocats qui déambulent en robe noire en attendant le début de l'audience ou qui se concertent avec leurs clients, tout cet environnement nous met face à l'institution judiciaire dans ce qu'elle a d'imposant. On réalise pleinement que des vies se jouent ici, que des victimes trouvent compensation, que des coupables sont punis.

En été, la vie du tribunal est plutôt calme : "il y a les vacations", m'explique un gendarme. Les vacations judiciaires, c'est le nom que l'on donne aux vacances de la justice, c'est une période pendant laquelle seules les affaires urgentes sont traitées. Pas de procès d'assises pour moi, donc, et c'est très bien comme ça.
Beaucoup de gens ont envie, pour leur première expérience, de vivre un procès façon téléfilm avec des faits horribles, des "Objection, Monsieur le Président" à tout bout de champ et des plaidoiries passionnées. Mais ça, c'est le versant médiatique de la justice. D'une part, c'est très dur psychologiquement. D'autre part, je pense qu'il est bon d'avoir d'abord une expérience plus ordinaire pour comprendre le déroulement d'une affaire et la place de chacun dans la salle d'audience.
Quand on vient assister à une audience, c'est en général parce que l'on veut se faire une idée de la "vraie" justice, pas celle des séries télé... et la vraie justice, ce sont justement beaucoup d'affaires de petite délinquance (vols, escroqueries, etc) qui occupent au quotidien les tribunaux.
A savoir sur les assises et les salles d'audience
Il n'existe aucun planning des audiences à venir.
L'information m'a été confirmée récemment par le personnel du tribunal. Parfois, les gendarmes qui contrôlent l'entrée dans les salles d'audience ne savent pas eux-mêmes quelles affaires y sont jugées. "Le volume de dossiers ne permet pas de faire un vrai planning pour les auditeurs", m'a-t-on expliqué.
Parfois, quelqu'un accroche une feuille volante à l'entrée d'une salle d'audience qui indique ce qui s'y passe mais c'est totalement aléatoire. J'ai pu récupérer grâce à quelqu'un du tribunal un document qui indique ce qui est jugé dans chaque chambre en règle générale donc je partage l'information avec vous :
- 10e chambre : homicides involontaires.
- 14e et 16e chambre : escroqueries, stupéfiants, proxénétisme, infractions constitutives d'actes de terrorisme (exemple : financement du terrorisme).
- 17e chambre : diffamation, presse, délits raciaux.
- 23e et 24e chambre : comparutions immédiates.
- 28e et 30e chambre : infractions au Code de la route, délits de fuite, etc.
- 29e chambre : escroqueries, abus de confiance.
La personne m'a précisé que ça restait "indicatif", il peut y avoir des changements. Je sais qu'en tant que visiteur, vous attendez sûrement des informations sûres qui vous éviteront de vous déplacer "pour rien"... mais j'ai eu confirmation que c'était vraiment flexible, les choses peuvent bouger donc le mieux reste de venir sur place.
Concernant les assises, je suis retournée au tribunal depuis la première version de cet article alors que les assises étaient en session. Le principe pour y accéder est exactement le même que ce que je décris dans l'article : vous aurez un contrôle de sécurité strict à l'entrée, il faut arriver tôt car c'est là que la plupart des gens veulent aller. Les gendarmes m'ont tous confirmé que c'était très dur psychologiquement, "ce matin des gens sont sortis en pleurant" a noté l'un d'entre eux.
Vous ne pouvez pas rater l'entrée de la salle, il est écrit "COUR D'ASSISES" au-dessus. Beaucoup d'affaires sont jugées à huis clos et même chose : difficile d'avoir un planning à l'avance. Vous pouvez cependant consulter les informations figurant sur le site de l'Association confraternelle de la presse judiciaire, qui publie un calendrier des affaires dont elle a connaissance, qui inclut les procès d'assises. Par ailleurs, un gendarme m'a dit qu'il fallait mieux venir pour une semaine complète afin de mieux comprendre l'affaire mais j'ai vu quelques personnes se glisser dans la salle pour deux heures donc c'est possible si vraiment vous voulez y aller.
Le déroulement d'une audience en correctionnelle
Le personnel, très sympathique, répondra à toutes vos questions avant l'audience s'il est disponible. N'hésitez donc pas à demander aux gendarmes, voire aux avocats ce qui va être jugé. Pour ma première fois, j'ai opté pour une salle où l'on jugeait des affaires d'escroquerie.
Le moment où vous attendez devant la porte de la salle d'audience est impressionnant. Des gens sont là avec leurs avocats. Vous ignorez si ce sont des victimes ou des accusés (on dit des "prévenus" et non des "accusés", d'ailleurs). Je me suis sentie un peu coupable de venir ainsi assister à leur audience... Ces victimes ont vécu des affaires qui ont dû leur empoisonner la vie, ont perdu de l'argent, attendent réparation... et je suis là, spectatrice d'un pan de leur histoire. Il y a un côté voyeur dont il faut s'accommoder (c'est aussi pour ça que je vous déconseille de commencer par les assises).
Quand on entre dans la salle d'audience, c'est un lieu aux plafonds très hauts, aux murs largement recouverts de bois sombre : face à vous, une longue table à laquelle va s'asseoir le Président du tribunal (au milieu) entouré de ses deux assesseurs. Sur la droite, à un petit bureau isolé, vous verrez le Procureur (d'ailleurs, j'avais vu des schémas où le Procureur était à gauche !) et sur la gauche, avec un ordinateur face à lui (ou elle), le greffier/la greffière. Il y avait juste un gendarme pour maintenir l'ordre. J'ai pu faire une petite photo rapide pendant la suspension de séance.

13h40 - La Présidente du jury, le Procureur et les deux assesseurs font leur entrée. Tout le monde se lève et, sur invitation de la Présidente, se rassoit. L'audience va durer 1h30 environ, durant laquelle vont se succéder pas moins de 9 affaires ! Le tribunal examine d'abord les demandes de renvoi, c'est-à-dire les affaires prévues au programme qui ne vont finalement pas pouvoir être jugées le jour même. C'est le cas des 4 premiers dossiers du jour. Les raisons du renvoi peuvent être multiples. Dans l'affaire n°3, l'une des parties n'a pas reçu la copie complète du dossier à temps. Dans l'affaire n°4, une personne qui aurait dû être convoquée ne l'a pas été.
Le déroulement est ensuite assez simple : la Présidente (ou un assesseur) présente brièvement l'affaire, les accusations des victimes et les éventuelles déclarations du prévenu. Ensuite, on précise si le prévenu a déjà un casier judiciaire ou non. Puis les parties peuvent intervenir (avocats, prévenu, victimes). Enfin, on demande au Procureur de commenter le dossier et de prononcer ses réquisitions (peine de prison et/ou dommages et intérêts). La défense peut à nouveau prendre la parole si elle le souhaite, puis l'affaire est mise en délibéré. Dans le cas précis, nous avons eu une brève suspension d'audience à 14h50 suite à laquelle le verdict de chaque affaire a été rendu.
Les affaires jugées ce jour là
Affaire n°5 : les faux bulletins de paie
Monsieur B. loge dans un hôtel avec sa compagne, qui selon lui est invalide et gravement malade. Devant beaucoup d'argent à l'hôtel, il tente d'obtenir un prêt bancaire pour rembourser sa dette, sans succès car il exerce un métier précaire au salaire très bas.
Il décide alors de créer de faux bulletins de paie à partir de documents trouvés sur Internet et se fait passer pour un architecte gagnant 9000€ par mois. Il parvient ainsi à ouvrir des comptes et obtenir chéquiers et cartes de paiement haut-de-gamme dans deux banques. Il effectue alors une multitude de paiements (sans provision) à hauteur de 26000€. Les banques portent plainte et Monsieur B. se retrouve donc devant la justice.
Il n'est pas présent à l'audience donc tout va assez vite : il a reconnu les faits, a commencé à rembourser l'une des deux banques. Il a déjà deux condamnations à son casier (prison avec sursis pour escroquerie et interdiction de gérer une société prononcée par le Tribunal de Commerce). Il sera jugé coupable, condamné à 5 mois de prison avec sursis avec l'obligation de rembourser les sommes escroquées et de verser 1000€ de dommages et intérêts en plus.
Affaires n°6 et 7 : l'arnaque à la publicité
Ces deux affaires concernent un même accusé... et une bonne dizaine de victimes au total. Monsieur J., 30 ans, a monté une arnaque bien huilée. Il a contacté des commerçants en prétendant gérer un guide professionnel : il leur a adressé une belle brochure comportant un plan de la ville avec de belles présentations des commerçants qui, disait-il, était distribuée largement dans les boîtes aux lettres. Vous imaginez bien que pour un commerçant, c'est une occasion rêvée de se faire connaître !
L'escroc leur a dit : "Vous avez de la chance, il y a eu un désistement, je vous propose donc un encart publicitaire pour la somme de 1900€ au lieu de 15000€, vous apparaîtrez dans 12 numéros du guide". Les victimes signent rapidement le bon de commande, pensant avoir fait une très bonne affaire.
Et là, la situation dégénère. L'homme les recontacte en leur disant qu'elles doivent payer 15000€. "Mais ce n'est pas ce qui avait été négocié", répondent les victimes. "Vous avez mal compris", prétexte l'escroc qui se met alors à les menacer. Il prétend avoir porté plainte, leur fait croire que des huissiers vont venir saisir leurs meubles, les menace, se fait passer pour le Tribunal de Commerce en prétendant que leur commerce va être fermé...
Ce harcèlement va même plus loin avec une victime : il propose de lui accorder 50% de remise si elle envoie une photo d'elle nue. Évidemment, tout ceci finit par des dépôts de plainte.
Monsieur J. n'est pas là mais l'une des victimes est présente. Elle est toute jeune, est fleuriste et raconte ce qu'elle a vécu. Elle n'a pas pris d'avocat et quand la Présidente lui demande combien elle réclame de dédommagement, elle demande simplement à être remboursée des 1900€ versés pour rien. La Présidente lui explique qu'elle a le droit de demander plus que la simple réparation du préjudice matériel. En effet, elle a dû prendre le train pour venir à Paris, fermer son commerce pendant une journée. Tout ceci a un coût. La jeune femme réclame timidement 500€. D'autres victimes (absentes) ont demandé 5000€.
Monsieur J. n'a pas reconnu les faits. Oui, il a passé des coups de fil, proposé un encart publicitaire... mais il prétend que c'est lui qui a été escroqué par tous ces gens qui n'ont pas payé ce qu'ils lui devaient ! Il a déjà été condamné deux fois à de la prison avec sursis pour escroquerie.
Le Procureur souligne que pour son âge, c'est déjà beaucoup, qu'il a aussi fait beaucoup de victimes, qu'il ne s'est même pas présenté "pour prendre ses responsabilités". Elle réclame 5 mois de prison ferme. Au final, Monsieur J. sera condamné à 6 mois fermes + remboursement des sommes volées aux victimes + 500€ de dommages et intérêts par victime. Pourra-t-il les payer ? Nous ne le saurons jamais.
Affaire n°8 : une demande de dérogation
Un homme condamné pour homicide involontaire est sous contrôle judiciaire et n'a pas le droit de quitter le département. Il a demandé une dérogation pour aller travailler ailleurs en France mais ne s'est même pas déplacé à l'audience. Pas de délibéré, sa demande est rejetée directement.
Affaire n°9 : utilisation frauduleuse d'une carte bancaire
Monsieur B. a utilisé frauduleusement la carte bancaire de Madame S., avec laquelle il a dépensé près de 2000 euros, notamment en louant une voiture. C'est comme ça que la justice l'a identifié car il a donné son permis de conduire et la carte volée pour louer le véhicule.
Monsieur B. semble "bien sous tous rapports" aux yeux de la société. Il est diplômé (niveau Master), gagne correctement sa vie. Madame S. est son ex-copine et Monsieur B. ne reconnaît pas du tout les faits. Il prétend que c'est un tiers qui a commis les actes dont on l'accuse.
Un peu gros pour la justice : comment une tierce personne aurait-elle pu se procurer à la fois la carte de Madame S. et le permis de conduire de Monsieur B. (dont il n'a jamais signalé la disparition), se faire passer pour lui et louer une voiture ? Par ailleurs, Monsieur B. a déjà 4 condamnations à son actif... Presque 4 ans de prison avec sursis au total pour des vols et escroqueries. Le Procureur demandera 3 mois fermes, il prendra au final 4 mois fermes.
Assister à un procès ou à une audience au Palais de Justice de Paris
J'arrête là cet article un peu long. Comme vous pouvez le voir, ces affaires concernaient surtout des pertes matérielles mais on imagine à quel point elles ont pu être usantes pour les victimes.
Je suis sortie de là pensive, brûlant déjà de l'envie d'y retourner car cette institution, malgré ses travers (on jugeait des faits remontant à 2010, que de retard accumulé !), m'a fait forte impression.
J'ai ressenti beaucoup de bienveillance de la part du tribunal envers les victimes, beaucoup de fermeté vis-à-vis des prévenus (dans les limites de ce que permet la loi, bien sûr). J'ai été fière de la justice que j'ai vue... Depuis la rédaction de cet article, je suis retournée une seconde fois au tribunal de Paris, cette fois-ci pour vivre l'expérience des comparutions immédiates ! N'hésitez pas à lire l'article si vous envisagez d'y aller à votre tour.
Le Palais est très bien desservi par les transports en commun (métro Cité, ligne 4 ou RER à Châtelet-les-Halles). Présentez-vous suffisamment tôt pour passer les contrôles de sécurité et avoir de la place. Audiences à 9h et 13h30 du lundi au vendredi, à 13h30 le samedi.
Entrée du public au 8-10 boulevard du Palais dans le 1er arrondissement de Paris.
Bonjour,
Merci beaucoup pour cette article très intéressant, et qui donne envie de braver sa timidité. Chère Lou, tu dis être une « simple visiteuse », mais tu parviens à répondre à beaucoup de questions! Alors je me permets d’en poser une moi aussi :-)
Voilà, je suis scénariste et dois écrire plusieurs scènes d’audience concernant des mineurs (victime, témoins et prévenus). Problème, je n’ai jamais assisté à une audience et compte y aller. Mais je suis déçu de voir qu’il n’est pas possible d’assister à des audiences pour mineurs. Alors juste pour être sûr, je voulais savoir : est-ce qu’il s’agit de toutes les audiences pour mineurs? Ou seulement les faits graves qui nécessitent naturellement un huit-clos (viol, meurtre, crime, etc.)?
Pour être plus précis, ce qui m’intéresserait serait un jugement de mineur pour harcèlement moral et physique en milieu scolaire sur un autre mineur (fait « moins graves » mais qui peut aboutir à quelques mois de prison pour le prévenu mineur de plus de 13 ans). Si tu ne sais pas, pourrais-tu me rediriger?
Encore un grand merci.
Hello Nick, je te confirme qu’à ma connaissance, les audiences pour mineurs sont fermées au public non concerné par l’affaire, c’est inscrit dans la loi : « Seuls seront admis à assister aux débats la victime, qu’elle soit ou non constituée partie civile, les témoins de l’affaire, les proches parents, le tuteur ou le représentant légal du mineur, les membres du barreau, les représentants des sociétés de patronage et des services ou institutions s’occupant des enfants, les délégués à la liberté surveillée ».
Le jugement peut, lui, être rendu en audience publique mais les débats restent entièrement privés.
Ça pourrait être intéressant en revanche d’interroger un avocat qui s’est déjà exprimé sur le harcèlement scolaire comme Delphine Meillet.
Merci Lou,
le lien que tu me donnes, c’est de l’or pour moi! Je pensais chercher un tel avocat justement. En plus, Delphine Meillet s’exprime très clairement.
Pour les audiences, j’irai quand même m’y rendre (ton article m’a trop donné envie :-) ).
je voudrais savoir si on peut rentrée après 13h30, merci :)
On peut… mais tu arriveras au beau milieu d’une audience. Ce n’est pas forcément facile de pousser la porte en sachant que tu vas interrompre un débat. Par ailleurs, si tu as raté le début où l’affaire est présentée, la suite n’est pas toujours facile à comprendre. Je trouve que ce n’est pas comme une série ou un film qu’on peut facilement prendre en cours de route :)
Très bon article qui m’a poussé hier après-midi à aller au Palais de justice de Paris pour voir des audiences, et je ne regrette pas. Tout s’est déroulé comme ce qui est décrit ici, à ceci près qu’il y avait la grève des avocats à ce moment-là (donc beaucoup de prévenus qui assuraient eux-mêmes leur défense), qu’il y avait une queue immense pour entrer dans le Palais et que le procureur était à gauche dans ma salle. Une bonne quantité d’étudiants en droit se trouvait dans le public : ils prenaient des notes et faisaient des croquis de la salle.
En presque 6 heures (!), 13 dossiers de vols et agressions se sont succédés, dont un assez long qui a entraîné un réquisitoire du procureur et une plaidoirie de l’avocat du prévenu longs et passionnés (6 ans ont été prononcés pour une agression avec arme dans un train). Leur maîtrise du discours est impressionnante. La présidente l’était également par son apparente sévérité digne des professeurs des écoles. Ça m’a surpris de voir que pratiquement tous les dossiers concernaient des multirécidivistes, dont certains acharnés : l’un d’entre eux en était à sa 34ème condamnation ! À croire qu’une minorité d’individus occupe la majeure partie du temps de la justice.
Assister à une audience est certainement quelque chose qu’il faut faire au moins une fois dans sa vie pour se faire une idée de la justice en France. Pour ma part, je tâcherai d’en voir d’autres, en essayant de « varier les plaisirs » : d’autres types d’affaires en correctionnelle, des procès en civil puis, enfin, une cour d’assises. Merci en tout cas à l’auteur de l’article :)
Merci pour le témoignage ! Ça doit être rare qu’il y ait la queue pour assister aux audiences. En général il y a la queue mais pour l’autre file, celle qui permet de visiter la Sainte Chapelle (très jolie au passage, ça vaut le détour).
Je n’ai pour ma part pas encore trouvé le temps d’y retourner mais ça doit être enrichissant de pouvoir voir différents types d’affaires.
Bonjour !
Merci pour cet article très pratique ! C’est ma première année de droit et on m’a demandé de réaliser un compte rendu de procès pour très prochainement- il faut donc que j’aille au Palais de Justice à Paris (et heureusement ça a l’air très interessant et on n’y pense pas toujours ! ). Néanmoins j’ai une question: vous dites qu’il y a des procès le samedi à partir de 13h30 et pourtant j’ai vu que le palais de Justice etait fermé le samedi ? Y-a-t’il un lien ? Y-a-t’il eu des changements ? Je remercie par avance pour votre réponse !
Elisa
Je ne suis pas au courant de changements, je vous conseille de téléphoner au Palais de Justice pour plus d’informations.
Bonjour,
J’aimerais savoir s’il est possible de rendre le contenu d’une audience public. Le mettre sur Internet par exemple ou inviter des journalistes à une audience sans que ce soit considéré comme du dénigrement.
Une femme procédurière et manipulatrice pour qui j’étais prestataire m’attaque en justice et je n’ai pas forcément de preuves pour me défendre. J’ai tendance à trop faire confiance et donc je n’ai pas gardé de trace écrite de tout. Elle me réclame des dizaines de milliers d’euros de dommages et intérêts pour différentes raisons que je ne peux pas préciser ici car son avocat me surveille sur Internet. Son activité va plus que bien car elle vient de décrocher un prix et qu’elle continue son activité alors que j’ai été obligée de cesser la mienne et trouver un boulot alimentaire à mi-temps. J’ai très peur de perdre ce procès, car même si je suis innocente, parfois la justice applique juste des lois. J’ai peur de me retrouver à la rue si je perds ce procès car je vis seule, je suis ma seule source de revenus et je ne travaille qu’à mi-temps. J’aimerais vraiment pouvoir mettre en garde les gens contre les agissements de cette personne qui n’en est pas à son premier procès.
Bonjour, les audiences sont publiques par défaut, n’importe qui peut s’y rendre. Pour ce qui est de votre affaire, vous devriez plutôt vous rapprocher d’un avocat (et vous renseigner sur l’aide juridique gratuite si vous n’avez pas les moyens, le tribunal devrait pouvoir vous renseigner) afin de préparer au mieux votre défense. Vous avez l’impression de ne pas avoir d’éléments pour vous défendre mais un avocat pourra justement vous dire, en fonction des faits et des zones d’ombre, quels sont les « leviers » juridiques sur lesquels il est possible de jouer.
Merci d’avoir répondu si rapidement :)
Je vais essayer de me renseigner avec mon chargé de TD , et encore merci pour votre article
Bonjour, je suis étudiante en droit et je dois faire un compte rendu de procès. Seulement je viens de lire ton article qui est d’ailleurs très intéressant et fort enrichissant mais tu expliques que la plupart du temps ce sont des audiences. Comment puis-je savoir le jour où il y a un procès?
Bonjour, je ne sais pas ce que tu as en tête exactement mais pour moi, un procès c’est l’ensemble d’une procédure (audience ou audiences + instruction). Par exemple, je considère que chacune des affaires dont je parle dans l’article correspond à un procès, avec une ou plusieurs victimes qui ont saisi la justice, un prévenu, une instruction dont le Président du Tribunal donne quelques éléments, un examen public des faits avec d’éventuels témoignages et pour finir un jugement… mais je ne suis pas étudiante en droit :)
Merci bien pour cet article, il m’a bien aidé pour aller faire un tour au palais de justice d oů je reviens juste.
j ai vu 4 affaires , dont une assez grave , et j’ai pas trouvé les juges bien séveres , car c est souvent du sursis qui tombe. Mais s il n y a pas de récidive c ‘est positif .
Merci pour le témoignage !
Bonjour,
J’ai pu aller une vingtaine de fois assister a des audiences en correctionnelles et je ne peux qu’inciter les gens a faire de meme
Pour se rendre compte de la « vraie vie » .
A propos du reportage, a peu pres d’accord avec vous
Sauf sur un point, la sévérité des juges; je peux vous dire par experience que les peines de prison ferme donc avec mandat de dépot sont rares malgré la gravité des faits reprochés aux prevenus, meme avec un taux de recidive important. C’est ce qui m’a le plus choqué.
Salutations
Merci pour ce témoignage, à l’échelle d’une vingtaine d’audiences on doit avoir un panorama assez large de la justice ! Je trouve ça très fort comme expérience de vie, je le conseille aussi.
Concernant la faiblesse des peines, j’avoue que j’en suis souvent surprise en entendant dans les médias parler de faits graves qui n’entraînent que des peines minimes. J’ai bien peur, hélas, que ce ne soit pas par laxisme mais parce que les prisons dans leur état actuel ne permettent ni d’accueillir assez de détenus ni de les accueillir dans des conditions décentes pour que la prison remplisse pleinement son rôle.
bonjour un enfant de 16mois peut elle assister à un jugement si la personne qui es juger es de sa famille??
Bonjour, je ne peux pas vous répondre sur le plan juridique car je ne suis pas juriste mais je pense qu’un enfant de 16 mois n’a rien à faire dans un tribunal :) Un jugement, c’est long, il faut garder le silence, écouter des débats compliqués. A 16 mois, un enfant est beaucoup trop petit pour rester calme pendant de si longues heures.
Soit la maman doit témoigner et dans ce cas, si elle n’a aucun moyen de garde, elle peut toujours confier son enfant le temps de son témoignage à une autre personne de la famille assistant à l’audience, qui sortira de la salle avec l’enfant pendant ce temps… ou essayer de contacter le tribunal avant pour voir s’il y a une solution sur place.
Soit la maman n’a pas d’obligation de témoigner et dans ce cas, je ne pense pas que ce soit vu d’un très bon œil qu’elle vienne avec son enfant dans le tribunal, au risque qu’il perturbe l’audience (en pleurant ou tout simplement en parlant à haute voix !). Ce ne sont pas des lieux prévus pour accueillir des spectateurs si jeunes : il n’y a pas de table pour apporter des activités pour occuper l’enfant, il faut rester assis et silencieux. Déjà qu’un enfant plus vieux a du mal à le faire dans une salle de classe, imaginez un bébé de 16 mois !