L’incroyable York Castle Museum à York en Angleterre


Attention, on va parler d'un musée qui a été pour moi un gros coup de cœur lors de mon voyage à York en Angleterre... Un musée avec une partie immersive qui mérite à elle seule le détour ! Le musée du château d'York (York Castle Museum) vous plonge dans l'histoire de la société anglaise sous toutes ses facettes. Envie d'en savoir plus ? Je vous emmène et vous donne plein d'informations pratiques en fin d'article si l'envie vous dit d'aller passer le week-end à York !

Que voit-on de si intéressant dans le York Castle Museum ?

J'avoue que je n'étais pas très motivée en franchissant les portes de ce musée dédié à l'histoire de York, bien qu'on me l'ait chaudement recommandé. Allais-je RÉELLEMENT trouver passionnante cette plongée dans le passé de la ville ? J'ai décidé de vous raconter cette visite en vous emmenant avec moi, comme si vous alliez vous aussi dans le York Castle Museum...

A votre arrivée, on commence par vous attacher au poignet un bracelet en papier car le musée se compose de deux parties, à l'issue de la visite de la première vous serez amené à retraverser le hall d'entrée et ce bracelet vous permet de prouver que vous avez bien payé votre billet.

La visite débute à la manière d'un musée traditionnel, avec une frise qui montre les temps forts de l'histoire de York et explique la naissance du musée, qui ne manque pas d'originalité : au début du 20e siècle, un médecin local, le Dr Kirk, collectionneur passionné, proposait à ses patients les plus pauvres de lui donner un objet au lieu de payer leur consultation... et c'est ainsi qu'un beau fonds a commencé à voir le jour. Manquant de place pour tout stocker, le médecin a fini par proposer à la ville d'exposer sa collection au public, à condition qu'on lui donne un droit de regard sur la manière de présenter les objets.

Le musée a établi ses quartiers dans une ancienne prison, la première partie de l'exposition se déroulant dans la prison des femmes, la seconde dans la prison où l'on emprisonnait ceux qui avaient des dettes.

Comme vous le constaterez au fil de la visite, celle-ci est structurée par thème et non de manière chronologique.

Entrée du musée du château d'York

Maisons et jouets

L'entrée en matière qui suit est assez "domestique", puisque l'on découvre des pièces de maisons reconstituées avec des objets d'époque et beaucoup de réalisme. Par une ouverture dans un mur, on entrevoit en contrebas ce qui ressemble à une rue d'un autre temps... mais cette découverte n'est pas pour tout de suite, le petit avant-goût qu'on en a à ce stade aura eu le temps de s'estomper, au point qu'elle vous frappera de plein fouet quand vous la découvrirez.

Ici par exemple, voici Moorland Cottage, la reconstitution d'une maison typique de celles des familles rurales du milieu du 19e siècle, avec une "family room", une pièce familiale à tout faire qui servait à la fois de cuisine, de chambre, de salle de jeu, de bureau, les autres pièces de la maison servant souvent à rentrer les bêtes au chaud.

Moorland Cottage, maison rurale du milieu du 19e siècle

Ici, en 1698, il y a des étages dans les maisons, le feu est placé sur un côté de la pièce et plus au centre car les cheminées, plus performantes, chauffent mieux... et la maison est alimentée en eau par des canalisations en bois qui la puisent directement dans l'Ouse, la rivière locale.

Intérieur du 17e siècle

On apprend plein de choses au passage : par exemple, j'ai appris qu'au départ, la maison de poupées qui fait aujourd'hui le bonheur de beaucoup d'enfants n'était pas un jouet mais un outil d'apprentissage très sérieux du travail domestique pour les petites filles. Ici, on aperçoit une vaste maison datant du tout début du 18e siècle.

Maison de poupée du début du 18e siècle

On accède ensuite à une salle dédiée aux jouets... A travers les divertissements présentés, on mesure à quel point ils sont liés à une vision de la société (qui a - fort heureusement parfois - évolué), ancrés dans une époque. On voit par exemple une sorte de music-hall avec des automates où les enfants pouvaient introduire une pièce pour faire chanter et jouer trois musiciens noirs représentés de manière assez caricaturale (très grosses lèvres, etc).

Ou encore un très beau carrousel fabriqué autour de 1905 dans le Yorkshire et ayant appartenu à Lawrence Gilligan et son épouse. Pendant 40 ans, le couple a été présent à York, M. Gilligan se chargeant lui-même de faire tourner le manège à la main avec une manivelle. Il autorisait les enfants pauvres à payer leur tour en donnant des bocaux en verre ou des chiffons s'ils n'avaient pas d'argent, que sa femme se chargeait de collecter.

Le carrousel de Lawrence Gilligan

On réalise aussi que l'histoire se construit en permanence. Il y a des jeux ou des objets que ma génération reconnaît mais que les plus jeunes ne reconnaissent déjà plus : le spirographe, la PlayStation 1, la Super Nes...

La salle propose des jeux pour les enfants : costumes à enfiler, quiz interactifs... De quoi rendre une visite en famille très ludique !

Mode, alimentation et rapport au corps

Nous découvrons ensuite une vaste salle avec un podium de défilé de mode. Sur le côté, vous pouvez choisir un vêtement et le porter pour défiler si vous le souhaitez.

Podium de défilé au musée du château d'York

Les vitrines montrent l'évolution de la mode au fil des décennies et des siècles : ce que l'on a considéré comme beau et élégant n'a pas toujours été la même chose... et la notion de "vêtement pratique", notamment pour les femmes, n'est pas apparue tout de suite. Une anecdote raconte que les robes des femmes au 18e siècle à York étaient tellement larges qu'elles ne passaient plus entre les piliers de la salle de l'Assemblée. Sans parler des risques d'incendie en intérieur avec les éclairages à la bougie de l'époque !

La mode, l'exposition nous le rappelle, n'est pas toujours bonne pour la santé : les risques des talons trop hauts, les pieds bandés chez les Asiatiques...

On trouve dans la pièce un buste sur lequel les visiteurs sont invités à accrocher une étiquette en y écrivant quelques mots sur leur rapport à leur propre corps.

Cette salle est assez intéressante car on est à une époque où la mode, les tendances sont parfois présentées comme des vérités absolues : tu les suis, tu es "in". Tu les ignores, tu es "out". Or, à chaque époque son style, ça fait relativiser !

La salle suivante parle justement de quelques problèmes du corps : par exemple, au 19e siècle, le manque de calcium causait des soucis dentaires à certains... mais le sucre aussi. Seuls les riches pouvaient s'en offrir et le sucre leur noircissait les dents... donc c'est devenu à la mode d'avoir les dents noires, comme si c'était un signe de richesse. On évoque aussi l'obésité, avec le cas d'un homme qui était tellement gros qu'il ne pouvait plus travailler et gagnait sa vie en faisant payer l'entrée de sa maison pour le voir "en vrai".

Obésité et rapport au corps

On termine avec l'exposition de quelques vêtements, projets créés par des étudiants en mode qui révèlent différentes visions du style et du corps.

Le musée aborde ensuite la question de l'alimentation : on voit que là aussi, les choses ont évolué, que ce soit le contenu des assiettes, l'heure des repas, l'apparence des cuisines (des cuisines de différentes époques sont présentées). Une pièce parle du lien entre York et le chocolat (3.5 millions de KitKat sont fabriqués dans la ville chaque jour !), il y a là encore des jeux pour les enfants.

Une cuisine à l'ancienne

De la ménagère à une rue de l'époque victorienne

On descend à présent à l'étage inférieur avec une partie que j'ai trouvé un peu brouillonne : on découvre le rôle de la "ménagère" entre le 19e siècle et notre époque (alleluia, ça a évolué !), le travail des enfants autrefois dans des métiers très durs (usine, ramonage de cheminées), l'évolution de certains métiers (fermier, soldat) et de certains sports jusqu'à nos jours. Ca part un peu dans tous les sens, j'avoue avoir moins accroché...

... mais ça n'a fait que renforcer l'effet WOW de ce moment. Soudain, on pénètre dans une rue de l'époque victorienne... en immersion totale. Il y a une voiture à cheval, des lampadaires qui diffusent un éclairage minimaliste.

Rue victorienne au musée du château d'York

C'est sonorisé, on entend des bruits d'orage, tous les commerces à l'ancienne sont reconstitués et l'on peut même entrer dans certains, en trouvant quelqu'un derrière le comptoir comme à la pharmacie et chez le confiseur par exemple.

Pharmacie dans la rue victorienne du musée du château d'York

On croise une charcuterie, un poste de police, une salle de classe, des vitrines absolument superbes avec des objets d'époque à l'intérieur.

Salle de classe ancienne

Vitrine de l'époque victorienne

Charcuterie ancienne

On a envie de photographier chaque chose, c'est très beau sur le plan scénographique.

Rue victorienne

On finit par arriver sur une place de village, avec son arbre au milieu... et c'est ainsi que s'achève cette première partie de la visite du York Castle Museum. De fait, on reste un peu ébahi quand on se retrouve à nouveau dans le hall d'entrée, avec la boutique du musée, à l'époque moderne... Voyage express dans le temps !

La place au bout de la rue victorienne

Si vous prêtez attention aux détails, vous constaterez que la rue est baptisée "Kirkgate" ; c'est le Dr Kirk, à l'origine du musée, qui l'a imaginée et a ainsi laissé sa trace dans l'histoire de la ville. Le musée du château d'York, ouvert en 1938, a été le premier de Grande-Bretagne à avoir cette muséographie "moderne" en lieu et place des traditionnelles vitrines.

Guerres et prison

Le musée évoque brièvement la Belle Époque, avant de s'attarder davantage sur la participation des Anglais à la Grande Guerre. Il y a notamment un wagon de train reconstitué, avec un paysage qui défile sur des écrans faisant office de fenêtres. On peut soulever certains coussins de siège pour découvrir des objets, des vitrines présentent aussi des souvenirs du passé : par exemple, comme beaucoup de soldats fumaient, un fabricant de cigarettes avait eu l'idée de glisser des images dans les paquets pour que les soldats puissent se les échanger et en faire la collection.

Wagon de train reconstitué

On découvre ensuite la reconstitution d'une tranchée, avec des sacs empilés presque jusqu'au plafond...

Tranchée au York Castle Museum

Des salles complémentaires évoquent le rationnement, l'art en temps de guerre, l'armistice...

On débouche ensuite à l'extérieur, dans une cour extérieure présentant une potence et un pilori, cour ayant autrefois servi de cour de promenade aux prisonniers emprisonnés pour dettes du temps où les bâtiments abritaient une prison, ainsi qu'à une partie des prisonniers "longues peines".

A l'époque, on n'envisageait pas le concept de longue peine de prison : par conséquent, en cas de crime particulièrement grave, les auteurs étaient soit condamnés à mort, soit envoyés dans les colonies pour travailler, ils avaient accès à cette cour en attendant leur départ vers l'Amérique ou, plus tard, vers la Tasmanie ou l'Australie. Ces "longues peines" duraient entre 7 et 14 ans et souvent, les condamnés restaient sur place une fois leur peine purgée. Beaucoup mouraient lors du trajet, avant même d'arriver à destination.

On peut également s'approcher de la rivière Foss qui coule à York, puisque le musée se situe juste à côté, croisant des oies et des canards...

Au bord de la rivière Foss

On reprend la visite à l'intérieur, avec une plongée dans les sixties : couleurs fluo, disques, reconstitution de quelques vitrines et de la façade d'un hôtel dont on peut accéder au lobby.

Façade reconstituée d'un hôtel

On arrive enfin dans la dernière partie de l'exposition : la prison. Le parti pris scénographique est sympa mais mieux vaut parler anglais ! Ils ont en effet filmé des acteurs en train de jouer différents profils de prisonniers... et leur image et leur voix sont projetées dans chaque cellule. C'est comme si l'on entrait brièvement dans chaque cellule et qu'ils nous racontaient leur histoire.

La prison du York Castle Museum
La prison du York Castle Museum

On en apprend aussi davantage sur le bâtiment lui-même. Le musée fait en réalité partie de ce qui fut autrefois le château d'York (d'où son nom), un vaste complexe fortifié dont le donjon (Clifford's Tower) peut aussi se visiter séparément. Construit au Moyen-Âge, le château a été plusieurs fois remodelé au fil des siècles, tombant en ruines à une époque avant d'être restauré et converti en centre administratif, avec une prison.

Histoire du bâtiment abritant le musée du château d'York

Comme vous pouvez le constater, la visite est très riche et il m'a fallu plus de 3h pour faire le parcours sans trop me presser. J'ai beaucoup aimé la muséographie du York Castle Museum, conçue pour être à la fois ludique et immersive... jusqu'à certains détails des lieux : par exemple, les portes des ascenseurs dédiés aux personnes à mobilité réduite sont customisées pour se fondre dans les décors. Dans la salle présentant le wagon de train, la porte est par exemple relookée en panneau annonçant les prochains trains au départ de la gare fictive. A l'étage montrant les tranchées, l'issue de secours avait des dessins de fils barbelés...

Une expérience intéressante !

Quels sont les horaires d'ouverture du York Castle Museum ?

Le musée est ouvert le lundi de 11h à 17h et du mardi au samedi de 10h à 17h.

Notez qu'en 2024, certaines parties du musée sont en travaux suite à des rénovations nécessaires sur le toit. Vous pouvez consulter les dernières actualités sur le site officiel pour connaître la date de réouverture intégrale des expositions.

Billets et bons plans pour visiter le musée

Votre profil Prix en ligne (£) Prix sur place (£)
Adultes ou Seniors 14.5 16
Enfants (5-16 ans) 8.75 9.75
Jeunes (17-24 ans) 13 14.4
Moins de 5 ans Gratuit Gratuit
Personnes à mobilité réduite 7.25 7.25

Les billets pour adultes et jeunes sont valables 1 an. Comme vous pouvez le constater, vous paierez moins cher en achetant votre billet en ligne qu'en le faisant sur place au guichet.

Sachez aussi qu'il existe à York un pass touristique, le Visit York Pass. Il donne accès gratuitement à une vingtaine de visites, dont la cathédrale de York (York Minster), la Clifford's Tower, le musée ferroviaire, la maison du trésorier, Merchant Adventurers' Hall, l'expérience Van Gogh, le musée de l'armée et le musée de l'air, ou encore le Yorkshire Museum. Ce pass inclut la plupart des lieux d'intérêt incontournables de la ville, ainsi que des croisières et le bus touristique qui fait le tour de York, il est donc assez avantageux.

La visite du York Castle Museum est gratuite pour tous les titulaires du pass. En revanche, pensez à réserver un billet gratuit à l'avance pour la date et le créneau horaire de votre choix afin d'éviter d'avoir à faire la queue.

La rue victorienne

Comment aller au musée de York ?

Le musée du château d'York se situe sur Tower Street, au sud du centre-ville. On peut y accéder à pied depuis le centre et la très jolie rue des Shambles en moins de 10 minutes à pied, en longeant la rivière Foss. Sinon, le bus CS s'arrête à la station "Clifford's Tower" voisine du musée. Il y a également un parking à proximité (Castle Car Park), à côté de la Clifford's Tower et du musée.

J'espère que vous aurez l'occasion de découvrir ce musée si vous effectuez un séjour à York ! C'est une très bonne destination pour un week-end prolongé voire une semaine en Angleterre : une ville médiévale bourrée de charme, avec deux parcs naturels à proximité (les Yorkshire Dales et le North York Moors National Park), la possibilité de s'échapper vers la très belle côte est donnant sur la Mer du Nord, avec des villes comme Scarborough et Whitby, ou encore la mythique "Robin Hood's Bay"... De quoi faire plein de visites et prendre un bon bol d'air pur au passage !

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Marlène Viancin

Marlène Viancin

Hello ! Créatrice de ce site que j'anime depuis 2014, je partage ici mes découvertes aux quatre coins du monde, entre bons plans, itinéraires testés et coups de cœur personnels. Amoureuse des voyages en solo, j'ai sillonné l'Europe, exploré la Pologne ou encore le Royaume-Uni en profondeur. Depuis mars 2023, une nouvelle aventure a commencé : celle de maman solo. Avec mon fils James, on continue d’explorer le monde avec un œil neuf et toujours le même plaisir de raconter, conseiller, guider.


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